Mercredi 15 février 3 15 /02 /Fév 01:51

Et oui, en effet, je suis en train de transfèrer mon blog entier sur wordpress. Bientôt, vous pourrez retrouver toutes mes critiques à cette adresse: http://lovingmoviesfr.wordpress.com/

Par Rick Jacquet - Publié dans : Autres
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Vendredi 3 février 5 03 /02 /Fév 21:09

SHARKTOPUS

Sharktopus
Titre original : Sharktopus
2010 – Etats Unis
Genre: Monstre pas content
Réalisation : Declan O’Brien
Musique: -
Scénario :  Mike Maclean

Avec Eric Roberts, Sara Malakul Lane, Michael Gaglio, Kerem Bursin et Kyle Trainor

Un groupe de scientifiques créé pour le compte de la marine américaine une redoutable machine à tuer contrôlée à distance, à mi-chemin entre le requin et la pieuvre, afin de régler les problèmes de contrebandes et autres. Malheureusement, l’aventure tourne mal et la bête échappe à tout contrôle, bouffant ainsi à tous les râteliers sur une petite plage mexicaine.

Imaginez un peu le mix. A la production, Roger Corman, qui livra des petites productions opportunistes mais agréables il y a fort longtemps (rien que comme ça, de tête, on peut citer Piranha de Joe Dante et La Galaxie de la Terreur de Bruce D. Clark) mais depuis plus habitué à des Dinocroc ou Supergator, produisant un métrage pour le compte de la chaine Syfy (oui oui, les fameux qui nous livrent une dizaine de films de monstres tout pourris par an). Là déjà rien que comme ça, on a peur. Bon, si en plus, on ajoute que le scénariste a signé Dinocroc VS Supergator, que le réalisateur, Declan O’Brien, a signé le plus mauvais opus de la saga Détour Mortel (le 3, mais il s’est rattrapé un peu avec le 4) et qu’on nous met sur le devant de la scène Eric Roberts, habitué des séries B voir parfois très Z, on ne sait plus où donner de la tête. Alors si on ajoute qu’en plus, ça nous parle d’un monstre géant (forcément), croisement entre un requin (parce que les Shark Attack, Swamp Shark et autres, ça ne doit plus rapporter assez) et une pieuvre (parce que Octopus, c’était bien naze quand même), plus rien ne nous retient. La vision de ce Sharktopus devient donc indispensable à tout amateur de nanar qui se respecte. Et à la vue de la bête, oui, il faut le voir, tant le film accumule les bêtises et moments de bravoures nanardesques les plus impressionnantes qui soient. Vous voilà prévenus. En fait, il y a tellement de choses à dire sur le métrage qu’il est très dur de savoir par quoi commencer. L’histoire, les personnages, le requin-pieuvre, les effets spéciaux, le rythme, les acteurs, la réalisation ? Bon, commençons par le commencement. Sharktopus, c’est une vilaine bête, créée bien entendue par l’homme. Dans le rôle du méchant scientifique, on retrouve Eric Roberts, le fameux. Ceci dit, il sera le seul acteur à sortir un tant soit peu du lot. Et donc, la fameuse bébéte entre en scène très rapidement. Oui, cher lecteur, dés la scène d’ouverture, nous pourrons admirer le talentueux travail des créatures d’effets spéciaux numériques de chez Syfy…

Après une courte introduction filmée avec les pieds, abusant de zooms et de plans pas très fixes, nous pourrons admirer notre superbe créature s’en prendre à un requin qui allait dévorer une charmante demoiselle. Et en 4 minutes, le requin finit par s’échapper, notre grand Eric Roberts va devoir monter une équipe pour partir à la recherche de la bête et… Ben voilà, c’est tout pour l’histoire en fait. Un postulat de base très simple vu et revu depuis des dizaines d’années déjà. Et dés le début, on sent que l’on va passer un grand moment (j’ai dit « grand », pas « bon ») ! Comme dit plus haut, la mise en scène de la bête est juste catastrophique, filmé n’importe comment, sans recherche du bon cadrage. Je pense pouvoir dire sans me montrer qu’aucun plan du film n’a réellement de gueule. Bon après, vous me direz, ce n’est pas ce qu’on recherche dans ce genre de métrage, mais là, on a vraiment l’impression que le directeur de la photo et que les techniciens se sont barres en cours de route. Le scénario, très classique vu qu’on connaît le schéma depuis le temps, nous propose des personnages caricaturaux au possible. Eric Roberts le grand méchant, sa fille qui ne lâche jamais son ordi (même la bête derrière elle, elle ne lâche pas prise), et le grand mercenaire payé pour récupérer la bête, vivante bien entendu. Censé être un gars qui a fait la guerre, être un mercenaire qui en a bavé, on se retrouve avec un acteur beau gosse d’environ 25 ans qui passera la quasi totalité du film avec sa chemise ouverte, et l’enlèvera bien entendu pour la fin. Le reste des personnages, il n’y a rien de spécial à en dire. Ils ne font tous que de rapides apparitions avant de servir de plat de résistance pour la bête. Ah si, il y aura une journaliste et son caméraman, très peu crédible, et bien entendue, avide de scoops. Bon donc, juste là, autant le dire, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. D’autant plus que si pour les femmes, notre mercenaire est souvent en short et chemise ouverte, pour les hommes, les nanas sont la plupart du temps juste en bikini, et se font manger la seconde qui suit.

Heureusement, oh grand heureusement, comparé à beaucoup de produits fauchées du genre, le film fait intervenir son monstre assez régulièrement. En fait, il ne se passe pas 10 minutes sans que l’on ai droit à une petite attaque. Il fallait bien ça, car quand ça parle, on s’ennuie un peu. Donc, notre monstre, notre requin-pieuvre, le fameux Sharktopus, ben, il a faim, et dés qu’il peut, il bouffe tout ce qui lui passe sous la  tentacule. Honnêtes travailleurs, touristes, filles en bikini seules sur la plage, un couple faisant du saut à l’élastique, des gens sur un jet-ski, rien ne l’arrête. Mieux (Pire ?), notre monstre ne va pas se contenter de rester dans l’eau. Dieu, enfin non, Eric Roberts ayant doté un requin de tentacules, celui va se servir de ça pour rejoindre la terre ferme et continuer son carnage sur les  terres mexicaines… Enfin, mexicaines, vite dit, tout le casting parlant anglais et rien ne nous indique qu’il s’agît vraiment du Mexique… Enfin, le requin, oui, il bouffe un peu tout le monde, attrape les acteurs dans ses tentacules (numériques), sautille hors de l’eau comme une princesse, va se balader un peu dans les rues. Un grand festival de n’importe quoi tellement hallucinant qu’il parvient par moment à être extrêmement drôle. Si bien que chaque apparition de la bête est attendue avec impatience. Et comment ne pas parler de ce film tout à fait prévisible. Le méchant créateur forcément subit la vengeance de sa création, la gentille survit, le mercenaire plus fort que tout affronte la bête, les personnages pas gentils meurent, la bête forcément meurt aussi, les enfants sont vivants, eux, bien entendu. Sharktopus, oui, c’est du produit DTV bas de gamme signé Roger Corman et Syfy, donc on sait à quoi s’attendre. Mais en le prenant comme tel, il ne s’en sort pas forcément trop mal. Il fait rire, et c’est déjà pas mal. Prit comme un film « normal » par contre, on ne pourra pas en dire la même chose, tellement tout est mauvais à tous les points de vus.

 

+
-

Ben, y a des trucs marrants

Mal filmé
Parfois chiant
Personnages transparents

Monstre mal fait

 

NOTE: 06/20
En bref: Yeah, Syfy et Roger Corman ensembles, ça donne Sharktopus. Ben c’est parfois drôle, mais ça reste quand même bien nul.
Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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Vendredi 3 février 5 03 /02 /Fév 21:05

HITORI KAKURENBO SHIN GEKIJÔBAN

Hitori Kakurenbo Shin Gekijôban
Titre original : ひとりかくれんぼ 新劇場版
2010 - Japon
Genre: Fantômes
Réalisation : Masafumi Yamada
Musique: -
Scénario :  Masafumi Yamada et Takeshi Miyamoto

Avec Masuda Yuka, Takiguchi Mira, Kasahara Mika, Tanba Hiroto, Tani Saya, Soma Keisuke et Konishi Yuuka

Motoyo disparaît après une partie de hitori kakurenbo (cache-cache avec un fantôme). Sa sœur, Shiori, est inquiète et va enquêter. Bien entendu, elle ne trouvera qu’un appartement vide, mais un forum internet trouvé sur l’ordinateur de son frère la pousse à enquêter sur ce fameux jeu de cache-cache. Mais rapidement, elle se met à voir des choses. Son petit ami ou même sa meilleure amie ne parviendront pas à la rassurer, et Shiori va se tourner vers Shiraishi, un ami de son frère, pour élucider le mystère.

Hitori Kakurenbo Shin Gekijôban est le troisième opus de la « vraie » saga Hitori Kakurenbo. Le premier, destiné au marché de la vidéo, datant de 2008, a fait son petit effet, si bien qu’à peine un an ensuite, la saga se retrouve propulsé avec Hitori Kakurenbo Gekijôban (ou Creepy Hide and Seek, ou Hide and Go Kill 2) sur les écrans de cinéma. Changement d’équipe, changement de réalisateur, le film était une réussite bien que son final très lent peut en décevoir plus d’un. Et ce fut le cas en lisant divers avis sur le net. Et pourtant, tout juste un an après, un nouvel opus vu le jour, ce Hitori Kakurenbo Shin Gekijôban. Un film qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son ainé, et pour ainsi dire, c’est normal. On retrouve donc le même concept, et le même réalisateur à la barre. Masafumi Yamada connaît son boulot, et comme dans le précédent opus, il nous livre une mise en scène carrée et maîtrisé. Déjà lors de la classique introduction, comme dans chaque opus, où les règles du jeu nous sont expliquées afin de ne pas perdre le spectateur débarquant dans la saga sans savoir vraiment de quoi il s’agît, et se terminant par un game over pour le joueur, nous voyons que le réalisateur maîtrise une nouvelle fois son sujet. L’ambiance est prenante, les cadrages affutés, le montage lent pour coller à l’ambiance pesante qui se dégage du métrage. Ambiance grandement créée par la musique et les bruitages, accentuant grandement la sensation de peur qui se dégage des diverses situations. Passé cette introduction somme toute classique mais maîtrisée, nous plongeons au cœur de l’histoire.

Le métrage nous propose donc de suivre le parcours de Shiori, sœur de la pauvre victime de l’introduction. A l’écran, Shiori est jouée par Masuda Yuka, beaucoup plus connue pour faire partie de la Team K au sein du groupe AKB48 depuis Avril 2006. Depuis 2009, elle a rejoint la Team B. Et comme beaucoup, maintenant, elle passe par la case cinéma. Le choix est en général simple : des dramas, ou la case V-Cinéma. Masuda Yuka elle passera directement par la case film de cinéma, même si le métrage n’a pas eu la joie d’une grande distribution, et que sa sortie en DVD est disons plus que confidentielle (le film n’est sorti au Japon qu’à la location, et ce depuis plus d’un an… étrange). Bref, Masuda Yuka remplit parfaitement son rôle, elle est convaincante et a peur quand on lui demande. Et heureusement, car le film ne perd que rarement de temps en bavardages inutiles, préférant plutôt poser une ambiance constante. Dès que Shiori, à la recherche de son frère, aura pénétré dans son appartement et eu vent du Hitori Kakurenbo, le film ne s’arrêtera pas, multipliant les scènes d’apparitions angoissantes les unes après les autres, sans pour autant lasser le spectateur. Le réalisateur fait preuve d’une vraie rigueur dans sa mise en scène et dans son rythme, et saura filmer ses apparitions de manière à surprendre le spectateur malgré par moment un manque d’originalité. Il faut dire que niveau apparitions de fille aux cheveux longs et noirs, on a un peu fait le tour aujourd’hui, entre les Ring, Ju-On, One Missed Call et maintenant Hitori Kakurenbo. Ce nouvel opus ne brille donc pas forcément par son originalité. Un mouvement de caméra, et le fantôme apparaît derrière Shiori, ou bien alors le fantôme est aperçu au loin et en allant voir de plus près, il s’agissait en fait d’un objet ayant la même forme. Mais en maitrisant la forme et en incluant dans son récit quelques apparitions un poil plus originale (sans pour autant nous faire tomber par terre), le film parvient à se hausser sans mal parmi les très bonnes productions.

L’intrigue évolue calmement, au fur et à mesure des nombreuses apparitions, alternant au départ entre Shiori et Shiraishi, le meilleur ami de son frère. Les deux vont sans arrêt se faire poursuivre, jusqu’à leur travail, et vont finalement unir leur force lors du final pour découvrir, comme d’habitude, ce qui se cache derrière cette malédiction. Les autres personnages eux ne sont que secondaires et accessoires à l’intrigue, mais permettent parfois de donner plus d’épaisseur aux personnages. Les acteurs font tous correctement leur travail, ils sont tous pratiquement inconnus, issus de dramas, ou bien chanteuse de base (on aura droit dans un petit rôle à Takiguchi Mira du groupe Idolling par exemple). Comme dit plus haut, la mise en scène est d’un très bon niveau et sait bien mettre en valeur chacune des apparitions, chacun instant faisant monter la tension. Comme pour l’opus précédant, on retrouve une bande son d’ambiance, donc peu d’effets inutiles, il ne faut pas s’attendre non plus à un score musical orchestral. La musique est extrêmement discrète mais convient parfaitement à l’ambiance du film, elle remplit son contrat. Pourtant, encore une fois, il faudra bien avouer que ce nouvel opus de la franchise n’apporte rien de véritablement nouveau. Le tour a été fait, entre les Hitori Kakurenbo et la saga des Real Kakurenbo (elle uniquement pour le marché de la vidéo), et il n’y a maintenant plus grand chose à en dire. Même si le plaisir est toujours là, on peut espérer que cet opus soit le dernier (et c’est peut être le cas, aucun opus n’ayant vu le jour en 2011). On pourra aussi critiquer le dénouement final du film, finalement assez banal et beaucoup moins maîtrisé que le reste du métrage. Comme tous les autres films du genre, Hitori Kakurebo Shin Gekijôban est à voir pour l’amateur de fantôme qui cherche un peu de nouveauté, et se hisse facilement en haut du panier avec le précédent film de la saga. Maintenant, il sera dur de faire mieux et d’innover.

 

+
-

Une tension quasi permanente
Une très belle mise en scène

Des apparitions qui font mouche

Rien de bien neuf

Un final pas top
NOTE: 15/20
En bref: Dernier opus de la saga, il n’ajoute véritablement rien à ce qui avait été dit, mais grâce à la rigueur de son réalisateur et coscénariste, il remplit parfaitement son contrat et passionne du début à la (presque) fin.
Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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Mercredi 18 janvier 3 18 /01 /Jan 18:36

POCONG MANDI GOYANG PINGGUL

Pocong Mandi Goyang Pinggul
Titre original : Pocong Mandi Goyang Pinggul
2001 - Indonésie
Genre: Comédie d’horreur
Réalisation : Yoyok
Musique: -
Scénario : Yoyok

Avec Sasha Grey, Ucok Baba, Annisa Bahar, Tata Dado, Tatang Gepeng, Sheza Idris et Mpol Nori

Après une soirée bien arrosée en boite, Ferdi a un accident de voiture. Sauvé de justesse à l’hôpital, il va, de retour chez lui, constater des phénomènes étranges. Il va en effet voir des fantômes. Sa famille, elle, s’inquiète à cause de ses nombreuses conversations via Skype avec une Américaine, Sasha.

Il y a des tonnes de raisons de regarder un film méconnu (et qui le restera). Une histoire intéressante, une pochette prometteuse, un acteur qui nous interpelle dedans, le pays d’origine, le thème, ou tout simplement une grande curiosité. Dans le cas de cet obscur métrage Indonésien qui jamais ne débarquera en France (et ce n’est pas plus mal), c’est plutôt le fait de voir Sasha Grey, qui est une amie, jouer dans une comédie d’horreur Indonésienne qui m’a interpellé, surtout que la petite choisie en général à présent ces projets suivants ses goûts personnels (elle aime les films gores par exemple, elle aime la France, elle aime Soderbergh). Et au vu du résultat final, on se demande bien ce qui l’a attiré dans ce projet, tant dés la lecture du scénario, le film ne devait rien avoir à proposer. Sans doute une facture a payée que le film lui a permis, tout en restant chez elle et en ne tournant qu’une seule après midi. Donc le métrage, dont je réduirais le nom à Pocong, se veut une comédie horrifique, pas franchement drôle et pas franchement horrifique non plus, uniquement vendues sur deux choses : « Avec la star Sasha Grey » et « Tourné en grande partie en Amérique ». Nous reviendrons sur ces deux détails plus tard. L’histoire, si on peut dire qu’il y en a une, est bien maigre, et nous propose de suivre Ferdi, un jeune Indonésien qui aime faire la fête, et vit avec sa mère et sa sœur. En rentrant d’une soirée en boite où le réalisateur se permet de nous exploser les yeux avec un stroboscope et de nous faire pleurer les oreilles avec sa musique, Ferdi a un stupide accident de voiture. Le corps sur le milieu de la route, un peu de faux sang sur lui, et les médecins paniquent. Ils le sauvent au dernier moment, et tout cela est notre point de départ vers le vide abyssal que l’on a devant nous.

Visuellement déjà, c’est moche. La photographie est hideuse, et pire, les quelques plans tournés à Los Angeles ne sont absolument pas raccords avec le reste du film. A croire que deux équipes différentes ont tournées les deux parties du métrage. Ou pire, juste deux personnes différentes, vu le rendu visuel. Basiquement, Ferdi a des visions depuis son accident. Rien de bien nouveau là. Il voit des fantômes, et certains vont le poursuivre, lui et son ami. Autant le dire, les fantômes du métrage sont totalement ratés. Et le réalisateur enterre un peu plus son film en voulant faire passer tout ça avec un peu d’humour qui ne vole pas haut. Un homme en blanc (oui, pour changer des Men In Black) poursuit notre héro, et son ami va se réfugier en haut d’une échelle. L’homme en blanc tentera de le faire descendre, mais sa victime va tout simplement lui uriner dans la bouche. Ça ne vole pas haut, ça ne fait jamais rire, et tout le film est de ce niveau, tout en ne racontant totalement rien. Car entre deux apparitions débiles, Ferdi passera son temps devant son ordinateur portable, à discuter sur Skype avec Sasha Grey donc. Qui s’appelle tout simplement… Sasha. Nous arrivons donc au premier argument de vente du métrage, Sasha Grey. Pendant les trois quarts du film, elle se contentera d’apparaître sur l’écran d’ordinateur, dans une pièce vide, et en bikini. Et oui, pas de nudité en Indonésie. On se demande alors bien pourquoi le réalisateur a prit une ancienne star du X (Sasha a quittée l’industrie il y a déjà plus d’un an), si ce n’est pour avoir le spectateur. Donc oui, on aura des cuisses, des épaules, tout cela nous sera exposé, et Sasha, pendant les trois quarts du métrage, n’aura que quelques phrases, toujours les mêmes, revenant à chaque conversation Skype.

Intéressant tout ça… C’est dans ces 20 dernières minutes (le film ne dure que 1h12) que le réalisateur se dit qu’il faudrait faire croire au spectateur qu’il y a une histoire dans son métrage. La famille va donc enquêter sur cette Sasha, et ils n’ont qu’une photo (notre astucieux réalisateur utilise d’ailleurs une des photos de presse les plus connues). La famille va donc embaucher un détective privé, ce qui va permettre au film de se délocaliser le temps d’une scène au bord d’une piscine et de quelques plans filmés à l’arrache sur Hollywood Boulevard à Los Angeles. Pour quiconque ayant mis les pieds dans la ville (dont moi), l’intégralité des plans là bas sont une honte et ne reconstituent pas du tout la beauté et la grandeur de la ville. On a vraiment l’impression de quelques plans filmés n’importe comment par quelqu’un qui ne connaît pas son métier. Bref, le film se délocalise, pour rester entre 4 murs avec une piscine intérieur et un dialogue rapide, avec un méga retournement de situations tout sauf palpitant, menant à la fin du métrage une scène seulement après, confirmant que l’on a bel et bien perdu notre temps. Car oui, dans ce Pocong, il n’y a absolument rien à sauver, de la mise en scène à l’absence de scénario, au travail du cadreur au directeur de la photo, en passant par les acteurs. Personne n’a l’air de vraiment savoir ce qu’il fait là, et ça se ressent à l’écran.

 

+
-

Rien

Tout

 

NOTE: 00/20
En bref: Un foutage de gueule intégral qui se veut « tourné en Amérique » avec « La Star Sasha Grey », mais qui n’exploite rien de tout ça. Long, pas drôle, même pas peur, même pas intéressant. ZZZZ !
Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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Mercredi 18 janvier 3 18 /01 /Jan 17:13

KILLER MOUNTAIN

Killer Mountain (Les roches maudites)
Titre original : Killer Mountain
2011 – Etats Unis
Genre: Monstres
Réalisation : Sheldon Wilson
Musique: -
Scénario :  Sheldon Wilson et Peter Sullivan

Avec Paul Campbell, Emanuelle Vaugier, Torrance Coombs, Aaron Douglas et Mig Macario

Un riche industriel organise une expédition au Bhoutan. Alors que la première expédition disparaît sans laisser de traces, il monte une nouvelle équipe pour tenter de découvrir ce qui est arrivé.

Après Behemoth et son monstre géant en montagne, Syfy revient, et nous livre la même année, à quelques mois d’intervalle ce Killer Mountain, nous parlant… d’un monstre en montage. En réalité, plusieurs monstres même, mais chut, faut pas le dire, on ne l’apprend pas tout de suite… Bref, une nouvelle production Syfy, et comme les précédentes, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Là où Behemoth parvenait, dans une moindre mesure, à surprendre en montrant peu son monstre, qui n’était pas si mal fait pour ce genre de production, Killer Mountain lui va nous le montrer souvent, mais en tentant de camoufler ses mauvais effets numériques dans l’obscurité. Bien entendu, c’est peine perdu. Bref, commençons par le commencement. Une production Syfy donc, c’est avant tout un film au concept tenant sur un timbre poste, avec de préférence de méchantes bestioles, et un visuel sur la pochette mensonger pour attirer du client. Et si je vous parle aujourd’hui de ce nouveau métrage… c’est que ça marche (ou que je suis maso, au choix). D’ailleurs, pour les connaisseurs, il ne faudra pas regarder l’affiche du film trop longtemps pour s’apercevoir qu’en enlever le monstre et en changeant le titre du métrage, ainsi qu’avec des couleurs un peu moins sombres, on se retrouve tout simplement avec la pochette du film Vertical Limits. Si au moins à l’écran, le monstre avait de la gueule, mais non. Après une rapide introduction pour nous faire comprendre que quelque chose cloche dans la forêt, le réalisateur, également coscénariste du métrage (pour vous rassurer, il a déjà réalisé Planète Hurlante 2, et d’autres films Syfy, comme Carny et Snowmageddon) nous présente ses personnages. Rien de spécial à en dire.

Les personnages ne sont pas intéressants, peu développés, mais au moins, ça va vite, en moins de 10 minutes, l’équipe est créée et hop, tout se bon monde prend l’hélicoptère, direction la montage, là ou personne ne vous entends crier ! Entre temps, nous, on peut rigoler de l’incrustation pourrie de l’hélicoptère sur des plans filmés à part. Malheureusement, quand ça pourrait démarrer, le réalisateur nous offre une vingtaine de minutes de blabla inutile entre les membres de l’équipe. Ça se prépare, ça se vaccine, ça prépare le matériel, ça étudie les lieux. On prend même des super jumelles toute normales, mais dés que le caméra passe en subjective, on se croirait devant un James Bond. Et l’heure tourne, et rien ne bouge. L’expédition enfin en marche, le métrage accumule les incohérences, parfois amusantes, il faut bien l’avouer : « Oh un cadavre » « Oui, allez continuons, rien de grave ». C’est au bout d’une pénible première demi heure de laquelle on ne sauvera rien que notre monstre se décide à apparaître. Et là, c’est le DRAME. On se retrouve devant un monstre étrange sur pattes, avec un long cou, des petites dents pointues et une tête de préservatif à la Killer Kondom. Oui oui, rien à voir avec le monstre de la pochette. Déception, d’autant plus que l’animation de la bête est assez déplorable.

On se dit qu’au moins, on va en rire, maintenant que la bête est là, mais comme souvent dans ce genre de productions, le métrage va plutôt se focaliser sur les personnages humains, qui n’abandonneront jamais leur mission (parce que les  gentils sont très gentils) et l’arrivée de méchants, qui n’hésiteront pas à en venir aux armes pour avoir ce qu’ils veulent (parce qu’ils sont très méchants). Et le monstre lui va rester dans l’ombre, montrant le bout de sa queue de temps en temps, préférant rester stupidement à côté de quelques personnages mourants au lieu de partir à la chasse. C’est dans ces moments d’ailleurs qu’on découvrira qu’en fait, notre monstre ressemble plutôt à un scarabée ou à un mille pattes. Pour son final, le film va vouloir se transformer en… The Descent, mais du pauvre encore une fois. Deux malheureux couloirs dans une grotte pour faire l’intérieur de la montagne, des personnages qui parlent beaucoup, des gentils toujours plus gentils et prêt à tout pour sauver l’humanité, et des méchants toujours plus méchants. Le monstre lui s’ennuie totalement, tout comme le spectateur. Expédié très rapidement avant même le final, le métrage retourne alors à son histoire de gentils et de méchants sans grand intérêt. 1h25 de temps perdu, pour ça. Non, pour ÇA !

 

+
-

Quelques moments ridicules qui peuvent faire rire

C’est du Syfy
C’est très chiant
Le monstre qui ne sert pas à grand chose

Le monstre qui n’est pas comme sur la pochette

 

NOTE: 02/20
En bref: Killer Mountain est un film Syfy ennuyeux au monstre bien pourri qui ne ressemble même pas au visuel de la pochette, et qui finalement n’est pas très important pour l’intrigue.
Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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Mercredi 18 janvier 3 18 /01 /Jan 15:41

BLOOD THE LAST VAMPIRE

Blood The Last Vampire
Titre original : Blood The Last Vampire
2009 – Etats Unis – France – Japon - HK
Budget : 30 millions $
Sortie française le 17 Juin 2009
Genre: Fantastique - Adaptation
Réalisation : Chris Nahon
Musique: Clint Mansell
Scénario :  Kamiyama Kenji et Chris Chow d’après l’oeuvre de Oshii Mamoru

Avec Ji-Hyun (Gianna Jun), Allison Miller, Liam Cunningham, Koyuki, JJ Field, Kurata Yasuaki et Constantine Greogry

À la veille de la guerre du Vietnam, une base américaine est infestée par d’étranges créatures démoniaques à l’apparence humaine. Une jeune fille répondant au nom de Saya est envoyée sur place par une organisation gouvernementale secrète dans le but de les éliminer. Pour mener à bien sa mission, elle adopte alors l’identité d’une écolière et intègre le collège de la base.

Comme son nom l’indique, et comme tout le monde le sait, Blood The Last Vampire était l’adaptation tant redoutée du court film d’animation du même nom, de 48 minutes. Au départ confié à Ronny Yu, réalisateur plus connu en France pour avoir livré les funs La Fiancée de Chucky et Freddy VS Jason, le film change finalement de réalisateur pour arriver entre les mains de Chris Nahon, réalisateur tout de suite beaucoup moins fun (Le Baiser Mortel du Dragon avec Jet Li). On tombe de haut, mais bon, on n’est pas à l’abri d’une surprise, et le film est doté d’un budget confortable pour ce qu’il doit mettre en image. 30 millions, ce n’est pas rien après tout. Avec une scène d’ouverture reprenant a peut près à l’identique l’ouverture du film d’animation, dans le train, avec des mouvements de caméras assez similaires, on pense que le film privilégie la prise de risque 0. L’actrice Coréenne Ji-Hyun, aperçue dans la comédie My Sassy Girl, interprète Saya, et s’avère plutôt... convaincante, bien que totalement différente de la Saya du film d’animation. En quelques instants, et malgré tous les efforts du monde, on se rend compte que le film, s’il cherche à coller à sa source d’inspiration, n’arrive pas à en capter l’essence, et perd toute son ambiance froide. Malheureusement, on n’est absolument pas au bout de nos peines, puisque Blood The Last Vampire va alors, et en quelques instants seulement, se transformer en comédie involontaire et navrante qui fera pleurer le fan, tout comme le spectateur qui n’y connaît absolument rien. Comme si tout dans le film, de son scénario à sa mise en scène, en passant bien entendu par ses effets spéciaux et sa direction artistique, avaient été pensés dans le but unique de nous faire pleurer (ou rire, suivant l’humeur). Car oui, passé l’introduction, le métrage se transforme en concours, ou chaque scène aura pour but de surpasser la précédente dans la médiocrité la plus totale. Ou soyons franc et direct, dans la nullité la plus totale. Rien ne nous sera épargné, même pour les éléments reprit du film d’animation. Pour le fan, oui, il a le droit, il peut pleurer en criant « Saya » bien fort.

Commençons par les personnages. Si Saya est bien différente, beaucoup moins froide, Ji-Hyun livre une prestation plutôt honnête et rend son personnage un tant soit peu crédible. Vampire, elle travaille pour une organisation secrète. Son but ultime est d’éliminer la chef des démons, jouée par Koyuki. Et là déjà, ça coince. L’organisation secrète et ses agents semblent tout droit sortis d’une production Syfy (et je ne dis pas ça parce que je viens de me taper plusieurs de leurs productions à quelques jours d’intervalle). Même Liam Cunningham ne sait pas trop ce qu’il vient faire là (mais bon, il avait déjà joué dans Card Player de Argento après tout, et La Momie 3… Il faut bien payer ses impôts). Les agents sont ridicules, c’est un point. Mais la palme revient à Koyuki, chef des démons, avec son accent anglais à couper au couteau. Il faut bien avouer que même en étant bilingue, les sous titres sont fortement conseillés. A côté, Tetsuo The Bullet Man, tourné en anglais, est un chef d’œuvre de simplicité anglaise. De plus, les personnages sont le plus souvent creux et inintéressants. Et encore, quand le film leur donne plus de cinq minutes de présence à l’écran. Passons sur les personnages, penchons nous sur l’histoire. Reprenons les grandes lignes du moyen métrage d’animation, le film se permet, étant plus long, de développer certains points, comme le passé de Saya (sans doute la partie la plus réussie… hmm la moins ratée du métrage), l’agence, et se permet un vrai final plus long en dehors de la base militaire et qui va « vouloir » en mettre plein la vue. Retenons bien le « vouloir ». Mot très important, vu que le métrage va se planter dans tout ce qu’il va « vouloir » entreprendre. L’histoire donc, tout en gardant les grandes lignes, va s’éloigner petit à petit de son modèle, et après tout, c’est une adaptation, pas un copié collé. Ainsi, on va nous offrir des combats dans la rue contre des armées de vampire, des poursuites sur les toits de la base, des poursuites en camion tout droit tirée de Underworld 2, des combats de sabre en forêt et dans des petits villages. Un bien beau programme sur le papier.

Mais à l’écran, c’est une autre histoire. Chris Nahon n’était définitivement pas l’homme de la situation. Loin de là. Et on aura beau dire qu’il aura eu tous les soucis de production possible, cela n’excuse pas tout. Sa mise en scène peine à poser une ambiance lors des scènes d’expositions et de dialogues, et lors des scènes de combats, les plans sont parfois illisibles, trop souvent au ralentis, la plupart des plans sont très courts. Dans le fond, c’est pire que du Michael Bay. Ralentis, câbles, caméra qui s’emballe et plans souvent trop courts pour rendre le tout lisible, ou même compréhensible. Un combat s’en sortira mieux que le reste, mais c’est bien peu. Malheureusement, ce n’est pas le pire dans Blood the Last Vampire. Visuellement, dés que le film utilise des effets numériques (et je vous assure qu’il le fait souvent), nous avons affaire à une bouillie visuelle digne d’une Playstation, première du nom (oui oui, la console sortie en 1995 si mes souvenirs sont bons). C’est tout simplement ignoble, et chaque scène d’action en use et abuse. Chaque giclée de sang est numérique, et semble fausse, artificielle (vous me direz, c’est le cas). Le sang ressemble à une boisson gazeuse contenant un peu trop de bulles.  Ce n’est pas tout, lorsque les démons prennent leur véritable apparence, on tombe de haut. L’animation, tout comme le design est tout simplement ignoble et fait mal aux yeux. Lors d’une course poursuite, Saya tente de fuir avec son amie en camion, poursuivis par un démon ailé (oui, Underworld 2 quoi) et ils tombent tous d’une falaise. Le rendu est digne du premier Tomb Raider sur Playstation. De bonne humeur, un bon moment de rigolade. Dans un état normal, un gros gâchis, long, chiant, ridicule. Je vous aurais prévenu !

 

+
-

Un bon passage en forêt

Ji-Hyun pas si mauvaise

Quelques beaux décors

Les idées ridicules
Les personnages
La grande méchante Koyuki
Les combats peu lisibles
La mise en scène peu inspirée
Le montage chaotique

Les effets numériques ignobles

 

NOTE: 05/20
En bref: Blood The Last Vampire est une adaptation honteuse, qui tente parfois de prolonger l’univers, mais se plante dans tous les domaines. On en rigole, ou on en pleure.
Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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Mardi 10 janvier 2 10 /01 /Jan 20:11

HIDE AND GO KILL (HITORI KAKURENBO)

Hide and Go Kill
Titre original : Hitori Kakurenbo - ひとりかくれんぼ 
2008 - Japon
Genre: Fantômes
Réalisation : Kainuma Tomoya
Musique: -
Scénario : Kainuma Tomoya

Avec Aimi Laura, Yamaguchi Saki, ôno Rui, Misaki Haruka, Namikawa Hajime et Matsunaga Ryoko

Des adolescents solitaires suivent un roman qu’ils suivent par sms. Au lieu des romances habituelles, cette histoire est beaucoup plus solitaires, et parle d’un jeu dans lequel il faut jouer à cache-cache dans son appartement suivant un rituel bien particulier, le Hitori Kakurenbo. Une légende urbaine faisant fureur sur internet. Mais en réalité, le jeu est très dangereux, puisque l’on invite un fantôme à venir jouer à cache-cache avec nous.

Hitori Kakurenbo est le premier film à avoir lancé la mode des films portants sur ce jeu bien particulier. Il y aura deux grandes sagas. La saga originale, commencée par ce film, un DTV, avant que la saga ne passe le cap des films de cinéma avec le second opus, Hide and Go Kill 2 (ou Creepy Hide and Seek, ou simplement Hitori Kakurenbo Gekijôban, avec Kawamura Yukie), comptant trois épisodes jusque là, dont le dernier, sorti en 2010, n’est toujours disponible qu’à la location au Japon. Et de l’autre côté, la saga Real Kakurenbo, purs produits de V-Cinéma, tout à fait recommandables (je n’ai malheureusement vu que les deux derniers opus). Hitori Kakurenbo, l’épisode qui nous intéresse aujourd’hui, est donc le film qui a tout lancé, celui qui va nous expliquer clairement les règles du jeu, en long, en large et en travers. Ce premier opus est donc découpé en trois chapitres, chacun nous montrant différents personnages, et donc différentes approches du fameux jeu, le tout entrecoupé par des écrans ou des jeunes discutent simplement du jeu sur un forum (comme ce sera le cas dans la scène d’ouverture du second film).  La première histoire est finalement la plus classique, la plus longue et la moins intéressante. Une entrée en la matière pas très bien calibrée en quelque sorte. Nous suivons deux lycéennes, lisant toutes les deux une histoire en 10 chapitres. Un chapitre par semaine, par sms. Une histoire qui rend rapidement accro, et qui parle bien entendu du fameux jeu Hitori Kakurenbo, ce qui va rendre les lectrices intriguées. Notamment l’une de nos deux héroïnes, qui ne vient plus en cours suite à une histoire d’amour qui a mal tournée. Obsédée par le jeu, elle va tout tenter pour motiver son amie à y jouer. Les règles sont simples. Il faut éventrer une poupée, remplacer le coton par du riz et refermer avec du fil rouge. Puis, à trois heures du matin, inviter un démon du nom de notre choix, placer la poupée dans de l’eau dans la salle de bain, éteindre toutes les lumières sauf celle de la télévision. Ensuite, poignardez la poupée et invitez un nouveau démon et partez vous cacher avec un verre d’eau salée. Pour gagner la partie, il faudra sortir de votre cachette, avoir l’eau salée en bouche et aller la cracher sur la poupée sans vous faire prendre. Dit comme ça, rien de bien compliqué.

La première histoire nous explique très bien les règles du jeu, peut être même en prenant trop son temps. Les deux amis vont se lancer dans la partie finalement. Gagner la partie semble simple, seulement, le jeu est parfois vicieux. Et oui, la peluche peut très bien changer de place, et si vous avalez l’eau salée ou crachez à côté, GAME OVER. Ce premier chapitre a beau être original et présenter quelque chose de nouveau, il met du temps à se mettre en place, et s’avère un brin trop classique (une déception amoureuse, de la jalousie et hop c’est parti). Mais dès que les personnages se décident enfin à jouer, la tension arrive doucement, et c’est une très bonne chose, puisque les deux chapitres suivant eux ne perdront pas de temps pour nous plonger directement dans l’ambiance, et mieux, s’avérer passionnants. Le second chapitre nous présente donc un groupe de trois amis. Eux aussi on entendu parler du fameux Hitori Kakurenbo, et l’un d’entre eux a même tenté, et survécu. Quelque peu traumatisé par l’expérience (il n’a pas dormi, et a entendu des bruits étranges), il va supplier ses amis de l’aider pour filmer la partie, persuadé que cela fera un peu de buzz sur internet. Et voilà que les trois amis, facilement convaincus, vont se lancer dans la partie. Les bases étant déjà là, ce second chapitre ne perd pas de temps et nous plonge de suite dans l’ambiance, et ça marche. La tension est là et ne nous quitte absolument pas ! La réalisation, carrée, et appréciable et parfois surprend, encore plus pour du V-Cinéma, et le film utilise tout ce qu’il a en sa possession pour nous faire peur. Imagine furtive, ombres sur le mur, sons stressants, musique d’ambiance, une porte qui s’ouvre, des objets qui changent de place.

Le second chapitre place donc la barre assez haut, autant au niveau de la frousse que de la mise en scène pour un produit de V-Cinéma, et il fallait encore maintenir l’intérêt jusqu’à la fin du film, et donc ne pas se planter pour le chapitre trois. Fort heureusement, le film se surpasse en quelque sorte, en revenant aux sources de l’énigme. Non pas sur l’origine du jeu, mais sur l’original de l’histoire par sms, en nous dévoilant la vie et le passé de la personne qui écrit tout ça. Une simple lycéenne, solitaire, dont on ne fait pas spécialement attention, mais dont ces camarades de classe profitent quand il le faut. Ce troisième segment est de loin le plus intéressant, et le plus intriguant. La jeune fille a en effet plus de trente victoires à son actif au fameux jeu, et finalement on s’attache quelque peu à son personnage. Et lors de son final, le film parvient à faire monter encore plus la tension. Alors certes, la caméra va parfois s’emballer (oui, par moment, on ne comprend pas exactement tout), mais cette troisième histoire clôt le film de manière intelligente et subtile. Hitori Kakurenbo n’est donc pas le film parfait, il met un peu de temps à démarrer avec une première histoire un peu trop classique, mais reste un bon petit moment de frousse, et surtout le film qui lancera une nouvelle mode dans le cinéma horrifique Japonais (dont aucun métrage n’est sorti en France… *honte*). Certes imparfait, le métrage permis à d’autres de faire mieux ensuite, et depuis, on ne compte plus le nombre de métrages sur ce jeu.

 

+
-

Le premier film sur Hitori Kakurenbo
Le second chapitre bien flippant

Le troisième intéressant

La première histoire assez banale

La caméra s’emballe dans le final

 

NOTE: 14/20
En bref: Hitori Kakurenbo est un métrage intéressant, parfois original, et parfois bien stressant. Il cherche parfois ses marques, mais lança une mode qui deviendra plus huilée dans le second opus.
Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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Lundi 9 janvier 1 09 /01 /Jan 18:14

YAKUZA WEAPON

Yakuza Weapon
Titre original : Gokudô Heiki
2011 – Japon
Genre: Policier
Réalisation : Yamaguchi Yudai et Sakaguchi Tak
Musique: Morino Nobuhiko
Scénario :  Yamaguchi Yudai et  Sakaguchi Tak

Avec Sakaguchi Tak, Tsurumi Shingo, Kurokawa Mei, Nishina Takashi, Sai Akihiro, Yamanaka Arata et Washizu Ayano

Shozo, fils d’un puissant Yakuza, travaille en Amérique du Sud pour des missions à hauts risques. Il est rapidement renvoyé au Japon à l’annonce du décès de son père, Kenzo. Lorsqu’il arrive, il se rend compte que les choses ont changé. Une guerre éclate entre les clans, et Shozo va vouloir faire les choses à sa façon, jusqu’à y perdre un bras et une jambe.

Et hop, encore une nouvelle production Sushi Typhoon, qui jusque là ne nous avait livré que des produits potables, voir parfois sacrément fun (Mutant Girls Squad, Helldriver) et parfois même extrêmement bons (Cold Fish). Yakuza Weapon est vraiment le film qui échappe à la règle, vu qu’il s’agît d’un ratage. Yamaguchi Yûdai et Sakaguchi Tak sont à nouveau réunis après Battlefield Baseball (mauvais) et Dead Ball, qui était déjà pour Sushi Typhoon, et s’était avéré très amusant. Sauf qu’ici, on se rend compte dés la scène d’ouverture, ridicule et too much, que la sauce ne prend pas, et pire, que le concept alléchant du film va mettre sacrément beaucoup de temps à arriver, le tout sur un ton comme souvent de comédie potache, mais pas franchement drôle, avec une intrigue tout ce qu’il y a de plus banale pour un film de yakuza. Attention, grosse déception. La scène d’ouverture, mettant bien sur le devant de la scène Sakaguchi, pour nous montrer que oui, c’est lui l’acteur, c’est lui la star, mais c’est aussi lui le coréalisateur et le coscénariste, s’avère déjà lourde. On y voit Shozo donc, dans un pays d’Amérique du Sud, éviter les balles, se camoufler, tuer une armée entière à lui tout seul. Ça aurait pu être amusant ou prenant, mais la sauce ne prend vraiment pas, et arrivé à la fin de cette trop longue introduction, Shozo est renvoyé au Japon, avec ses deux amis, par des agents du gouvernement. Il apprend que son père a été tué, et Shozo va avoir du travail.  Des Yakuza à tuer, une fille qui lui a été promise à éviter, des affaires familiales à régler. Et peut être aussi comme le veut le concept perdre un bras et une jambe et se faire transformer en machine à tuer avec une mitrailleuse et un lance roquette à la place pour se faire justice à la The Machine Girl ? Ben ouais, mais pour ça, il faudra attendre une heure et on se rend bien compte que finalement, le dit métrage de Iguchi cité précédemment était bien plus fun. Car s’il était long et parfois alternait moments sérieux et comédie, il livrait la marchandise. Ici, on va plutôt s’ennuyer à suivre un Yakuza Eiga.

Un Yakuza Eiga avec de nombreux délires toujours plus gros (Sakaguchi se prend un bateau en pleine tête, mais tout va bien), un personnage indestructible, de l’humour qui aurait pu fonctionner mais qui fonctionne rarement, et un rythme plutôt lent. Et surtout, le pire, un fond se voulant sérieux censé donner de l’épaisseur aux personnages, sauf que … non. Ce n’est juste pas possible. Dans un premier temps donc, nous allons suivre ce brave Sakaguchi dans la ville, chassant quelques Yakuza, évitant la femme qui lui est promise. On comprend rapidement que son père a été victime d’un complot (faut dire, on nous le rappelle souvent), on découvre la jeunesse du personnage, le pacte qu’il a fait avec un autre yakuza, avec qui il s’affronte toujours pour savoir qui a la plus grosse… qui est le plus fort ! On navigue donc entre donc sérieux, intrigue classique et humour arrivant sans prévenir. Et le temps paraît long. Lorsque le film se décide enfin à décoller, après 40 minutes tout de même, le film choisit la voie de la facilité. Oui, on nous promettait (ou le film permettait) des combats façon jeux vidéo, et le film dynamite littéralement l’idée en 4 secondes pour reprendre son cours et faire enfin perdre au bout de 50 minutes son bras et sa jambe à l’acteur. Retrouvant malheureusement directement après son rythme mou à coup de flashbacks beaucoup trop sérieux et de manipulations quelconques dont on se moque éperdument. Venant d’un label tel que Sushi Typhoon, censé livrer des produits gore, cons et funs, la déception est grande quand on se retrouve devant un produit au rythme mou.

C’est donc au bout d’une pénible heure que Sakaguchi se transforme en homme machine, mitrailleuse à la place du bras et lance roquette dans le genou. Le film affiche encore 40 minutes au compteur, de quoi se  rattraper. Et après une scène gentiment gore et fun avec des infirmières, le rythme redescend et le film se retourne à son mix entre humour et passages beaucoup plus sérieux. Ah l’amour, les trahisons, les yakuzas, l’amitié, tout un programme, qui ne fonctionne pas. Le film se fait toujours aussi long, et bien que par moment il nous livrera quelques moments plus ou moins sympathiques (un combat en plan séquence sur plusieurs étages, à mains nues, et avec mitrailleuses et roquettes également au programme) et quelques moments plutôt bien réalisés (le passage en ombres chinoises), l’ensemble ne prend véritablement pas. Méchants ridicules, histoire finalement inintéressante avec un méchant très méchant qui ne veut que obtenir la nana du héro, combat contre une femme qui éjecte des roquettes depuis son vagin. Le souci étant que les délires se mélangent sans arrêt à des idées ridicules et trop sérieuses, faisant du film un calvaire à regarder dans son intégralité. Quand on arrive à son final, 1h45 après (tout de même), on en vient à se dire que le meilleur passage du métrage, c’est son générique de fin, mix d’images du manga ayant inspiré le métrage. En bref, Yakuza Weapon, c’est un concept gâché au profit d’une histoire banale et chiante mettant en vedette Sakaguchi qui tape la pose, se bat, gueule, court partout et tue. Yakuza Weapon, c’est le pire de Yamaguchi, le pire de Sakaguchi, et le pire de Sushi Typhoon, en un seul film.

 

+
-

Une ou deux scènes sympas
Quelques idées de mise en scène parfois bonnes

Le générique de fin

C’est long
Bien trop souvent sérieux
Ça ne fait pas rire

C’est classique

 

NOTE: 04/20

En bref: Yakuza Weapon est une belle déception doublée d’un film chiant, long, trop sérieux, poseur, inoffensif et banal.
Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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Lundi 9 janvier 1 09 /01 /Jan 16:24

DEAD BALL

 

Dead Ball
Titre original : Deddobôru
2011 – Japon
Genre: Action
Réalisation : Yamaguchi Yûdai
Musique: Morino Nobuhiko
Scénario :  Yamaguchi Yûdai et Tokaji Keita

Avec Sakaguchi Tak, Ato Kai, Bobby, Mickey Curtis, Ninagawa Miho, Gamou Junichi et Yamadera Kôichi

 


 

Doué en baseball, Jubei décide finalement de tout abandonner après un accident qui coûte la vie à son père. Plus tard, devenu un jeune délinquant, il se fait emprisonner et est envoyé dans une prison spéciale, ou il est contraint de rejoindre l’équipe de baseball afin d’affronter les Black Dahlia, une équipe féminine qui a pour coutume de décimer les équipes adverses.

 

 

Dead Ball était un film qui me faisait envie et peur à la fois. Les travaux de Yamaguchi Yûdai à la mise en scène sont parfois vraiment bons. Son Meatball Machine a fait l’effet d’une bombe, et son Tamami – The Baby’s Curse était très sympathique. Mais la précédente collaboration du monsieur avec Sakaguchi Tak avec Battlefield Baseball, sur le même postulat, m’avait laissé de marbre, m’avait ennuyé, et finalement rarement fait rire. Ici, on retrouve encore Tamaguchi à la mise en scène, un film délirant sur le baseball, Sakaguchi acteur dans un rôle très similaire à celui qu’il tenait dans Battlefield Baseball (et portant le même nom), le tout produit par Sushi Typhoon, une société dont on ne croyait pas une seule seconde, et qui pourtant nous a livré jusque là Alien VS Ninja (sympathique bien que bourré de défauts), Mutant Girls Squad (oui le scénario est mauvais, mais oui que c’est fun) et Cold Fish (accident dans la société, grande œuvre de Sono Sion). Dead Ball prend la direction du film d’action déjanté et gentiment gore. Le ton est donné dans la scène d’ouverture. Jubei s’entraîne avec son père, qui lui demande d’envoyer la balle le plus fort possible. Jubei s’envolera dans les airs, jusqu’à envoyer la balle et exploser la tête de son père, et le décor tout autour d’eux. Dead Ball sera stupide, violent, parfois absurde, et utilisera assez fréquemment des effets numériques pas franchement réussis. Après cette scène d’ouverture, nous retrouvons Yubei plus âgé, joué par Sakaguchi Tak donc, jeune délinquant, envoyé dans une prison pour rejoindre l’équipe de baseball, contre son gré.

 

 

Et le film va, au final se révéler plus que sympathique, et nettement supérieur à son prédécesseur Battlefield Baseball, malgré des défauts évidents, et parfois communs. Sakaguchi est toujours aussi poseur lorsqu’il est sur le devant de la scène, et on a eu le temps de s’y habituer, et ici, ça passe clairement, le rythme du film étant bien calibré, et les délires arrivant toujours à un rythme assez frénétiques. La réalisation de Yamaguchi, pour ce genre de production, n’est pas si mauvaise. Il sait manier une caméra, on le sait depuis le temps, et on n’en demandait pas énormément pour ce genre de métrage, qui se voit, fait passer un bon moment, et s’oublie. Et par chance, le film se révèle en plus parfois véritablement drôle, pour qui adhère à ce genre de délires. L’arrivée dans la prison avec un Sakaguchi chantonnant, la fouille assez spéciale par la gardienne, le repas tout aussi spécial, Sakaguchi qui sort des cigarettes n’importe ou juste en levant le bras (gag qui reviendra tout le long du métrage). Dead Ball va vite, et met de bonne humeur. Les délires, nombreux, parfois violents (les giclées de sang sont fréquentes), parfois politiquement peu corrects, et parfois tout simplement bon enfants et simplistes, s’enchaînent, et le temps passe rapidement, malgré de grosses fausses notes évidentes. Certaines que l’on excusera par le manque de temps et de budget, comme toujours dans ce genre de productions, et d’autres étant plutôt des fautes de goûts. Et comme pour Battlefield Baseball, le sport n’est ici qu’un prétexte pour aligner de nombreux délires, du sang, des femmes et un boss de fin.

 

 

Mais la sauce prend, et si le baseball en lui même n’arrive que tardivement dans le récit (il faut bien attendre 50 minutes avant de voir le match commencer), on rigole pleinement devant le métrage proposé, et la galerie de personnages assez haute en couleur. Entre les gardiens de prisons nazis, l’équipe adversaire constituée de femmes qui prennent du plaisir à tuer pendant le jeu pour marquer plus de points, l’expert en arts martiaux, le jeune peureux qui ne sait pas jouer, on a l’embarras du choix. Si bien que lorsque la partie commence, après 50 minutes de délires, on est bien content de voir que le film ne nous laisse pas tomber et va encore enchaîner pendant 50 minutes les délires sur le « terrain », ou les idées les plus folles se succèdent, parfois avec une grosse pointe de rouge sang. Malheureusement, tout n’est pas rouge dans le film, tout n’est pas beau. Outre des effets numériques discutables (et parfois bien hideux, il faut l’avouer, même pour une comédie potache et sanglante), le film se voudra parfois trop sérieux, comme lorsqu’il abordera le traumatisme de Jubei. De plus, vers la fin, Sakaguchi ne peut pas s’empêcher de montrer qu’il est chorégraphe et sait se battre, nous donnant quelques rapides scènes de combat plutôt inutiles, avant d’enchaîner sur un final qui, bien que possédant de bonnes idées, s’avère partiellement raté. Dommage, mais Dead Ball est encore une production parfaitement recommandable.

 

 

 

+
-

Des délires en pagailles
Une bonne galerie de personnages

On ne voit pas le temps passer

Des effets numériques discutables
Des moments parfois trop sérieux

Un final raté

 

 

NOTE: 13/20
En bref: Dead Ball est une nouvelle production Sushi Typhoon qui, comme les autres, s’avère fun, parfois sanglante, n’est pas du tout avare en délires, mais au scénario limité et aux effets numériques ratés. Mais après tout, on ne demande jamais à ce genre de productions le scénario de l’année.  Un bon moment.


Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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Lundi 9 janvier 1 09 /01 /Jan 16:22

BEHEMOTH

Behemoth
Titre original : Behemoth
2011 – Etats Unis / Canada
Genre: Monstre géant
Réalisation : David Hogan
Musique: Michael Neilson
Scénario :  Rachelle S. Howie

Avec Cindy Busby, Ed Quinn, Jessica Parker Kennedy, William B. Davis et Pascale Hutton

Un tremblement de terre réveille l’activité d’un volcan situé en pleine montagne. Aux pieds de celle ci, une petite ville. Malheureusement, le tremblement de terre a également réveillé une créature qui dormait dans les entrailles du volcan depuis des millénaires.

Ah, Syfy, ce qu’il y a de bien avec leurs productions, c’est qu’on sait tout de suite à quoi s’attendre. Ce qu’il y a de bien à les chroniquer, c’est que d’un film à l’autre, les mêmes mots reviennent, si bien que les critiques sont finalement interchangeables, car aucun de leur métrage ne sort vraiment du lot. Pourtant, elles se divisent en plusieurs catégories : celles qui ne se prennent pas au sérieux, celles qui montrent sans arrêt leurs monstres malgré un budget proche du néant, et celles qui au contraire montrent peu les monstres. Behemoth fait parti de cette dernière catégorie, ce qui n’est pas plus mal vu le budget de la chose. On se retrouve devant une bête histoire de monstre beaucoup plus vieux que nous qui se réveille et va menacer l’humanité. Rien que ça ! Mais une équipe d’irréductibles gaulois… euh, une bande de héros (en gros, une famille unie pour le meilleur et pour le pire) va tout faire pour l’arrêter et renforcer les liens de la famille. Sur le papier, c’est classique et stéréotypé. A l’écran, c’est… classique et stéréotypé également. Le début fait très peur et manque cruellement de crédibilité. Enfin en fait, non, on savait à quoi s’attendre, aucune surprise donc. Plusieurs personnes travaillent dans la montre, un tremblement de terre, une branche tombe sur la jambe d’un des messieurs, il meurt… Oui, on a le droit d’en rire, même si une explication viendra par la suite. Passons à la scène suivante, deux malheureux géologues dans un petit bureau, c’est la panique, mais heureusement, parmi eux, une femme, blonde, plantureuse, chemisier à moitié ouvert, soutif apparent. Pas très crédible tout ça. M’enfin, je ne vais pas continuer d’éplucher scène après scène les éléments de ce genre, cela serait sans fin déjà, et peu constructif. Pour pouvoir apprécier un tant soit peu un film comme Behemoth, c’est à dire un film Syfy, il faut de préférence être… à plusieurs, et avoir de quoi boire.

Behemoth, comme si son équipe en était enfin consciente, est un film fauché, et donc, le monstre tardera à faire son apparition. Pendant environ une heure de métrage, il faudra se taper de longs dialogues interminables, des rebondissements dont on se moque éperdument, des acteurs parfois bons, parfois beaucoup moins (on retrouvera d’ailleurs William B. Davis, qui jouait l’homme à la cigarette dans X-Files). Le tout bourré de clichés. Ainsi, on n’échappera pas au héros très gentil qui voudra sauver tout le monde, sa famille qui se retrouvera impliqué, des dialogues niais au possible, un couple follement amoureux quoi qu’il arrive, un papy accro des complots qui voit tout venir et comprend tout avant tout le monde, sauf que personne ne l’écoute. Le shérif bien entendu est incrédule  et fera tout pour que la ville continue de vivre normalement. Entre temps, nous, on a le temps de bayer, entre une demande en mariage, des conspirations, un agent du gouvernement qui débarque en ville (seul bien entendu) . Et le monstre dans tout ça ? Il se fait attendre, nous n’aurons droit qu’à quelques apparitions furtives, genre un bout de queue (non, pas celle là bande de pervers), ou avalera quelques voitures, voir maisons, qui disparaîtront dans le sol. L’hommage au bon film de monstres de la fin des années 80 Tremors est d’ailleurs assez appuyé dans cette séquence. Malheureusement, si le film, en montrant justement peu son monstre, évite le ridicule, il n’en devient qu’un peu plus ennuyeux, et c’est parfois dommage. Sérieux, et ennuyeux, même si beaucoup de séquences manquent cruellement de crédibilité, comme dit plus haut.

Pour voir vraiment les choses bouger, il faut bel et bien attendre la dernière demi-heure (et donc surmonter une heure d’ennui quasi total). Là, comme souvent chez Syfy, le film veut virer au film catastrophe, mais sans avoir les moyens de ses ambitions. La ville évacuée, les tremblements de terre et fissures dans le sol, n’attendez pas un résultat visuel à la 2012, aussi mauvais soit-il. L’action ne sera rarement montrée, et se limitera, pour simuler une catastrophe, à une caméra qui tremble en forêt et un magasin dont les vitres se fissurent et s’enfonce dans la terre. Le monstre en lui même, ne se montrera finalement que dans deux scènes, dont la scène finale, et ne sera (oui oui) pas trop mal fait. Si bien que l’on ne pourra pas vraiment en rire. Bien entendu, les effets spéciaux numériques ne sont pas au top, mais comprenez surtout que pour ce genre de productions, on a vu tellement pire. Malheureusement, si l’une de ces deux scènes sera typique aux films de monstres, l’autre, la finale justement, sera expéditive, et le monstre ne sera là pour faire de la figuration, attendant bien tranquillement son heure, et donc la fin du métrage. Parfois un peu mieux foutu que d’habitude, Behemoth reste pourtant bel et bien un film Syfy, très long, très bavard, mais moins ridicule. Il conserve tout de même tous les défauts de ce genre de productions.

 

+
-

Se veut un hommage à Tremors

Le monstre est peu montré

C’est du Syfy
Long et très bavard
Final avec le monstre expéditif

Pas super passionnant

 

NOTE: 06/20
En bref: Une production Syfy classique : long, bavard, stéréotypé, mal foutu et trop sérieux.
Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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Jeudi 29 décembre 4 29 /12 /Déc 16:32

THE HOWLING REBORN

The Howling: Reborn
2011 - Etats Unis
Genre: Fantastique
Sortie américaine le 18 Octobre 2011
Réalisation : Joe Nimziki
Musique: Christopher Carmichael et Mark Anthony Yaeger
Scénario :  Joe Nimziki

Avec Landon Liboiron, Lindsey Shaw, Ivana Milicevic, Jesse Rath et Niels Schneider

Will Kidman est un lycéen comme les autres, ordinaire, qui, à la veille de la remise des diplômes, arrive enfin à se lier avec Eliana Wynter, la fille qu’il aime secrètement depuis bien longtemps. Malheureusement, ce jour là, son passé revient le hanter : il est en train de devenir un loup garou.

Hurlements, une des plus longues et surtout des plus mauvaises sagas que le cinéma d’horreur nous a offert. Après un premier opus réalisé par Joe Dante en 1981, nous offrant une des scènes de transformation les plus efficaces de l’histoire du cinéma, la saga tombe de haut, et tombe très bas. 4 ans après débarque Hurlements 2, sans doute un des nanars les plus amusants de l’histoire du cinéma. Le fossé séparant les deux métrages est énorme, mais ce n’est rien comparé à ce qui va venir. La suite de la saga continuera de la traîner vers le bas, entre un troisième mauvais sur tous les points, un quatrième remake du pauvre du premier, un cinquième un peu plus prenant, un sixième ridicule avec un combat entre un vampire et un loup garou (mal fait) et un septième quasi sans loups garous sur fond de musique country. Oui, Hurlements, c’est fini depuis longtemps. Quelle surprise, 16 ans après le dernier opus, de voir qu’un nouvel opus va débarquer sous la houlette de Anchor Bay, qui récemment nous a livré un prenant et réussi Frozen et un beaucoup moins réussi Altitude.  La saga prend donc un nouveau départ, et n’entretient plus aucun lien avec les précédents épisodes (mais en même temps, chaque épisode à part les deux premiers n’on aucuns liens entre eux). Vu la qualité de la saga, ce n’est absolument pas un mal. Malgré un budget que l’on devine minuscule, le film, techniquement parlant, a plus de gueule que les derniers opus tournés eux aussi pour pas un rond. Joe Nimziki, réalisateur et scénariste sur ce métrage (c’est son premier film en tant que réalisateur) tourne en effet avec la Red One 4K, une des meilleures caméras existantes. Quand on sait s’en servir, cela donne un résultat comme chez Soderbergh (tous ces films depuis The Girlfriend Experience sont tournés avec) ou comme A Serbian Film, et dans le cas contraire, un résultat à la Survival of the Dead… Heureusement ici, le réalisateur a sans doute opté pour un bon directeur de la photo, et les images sont la plupart du temps jolies, bien que parfois trop surexposées lors des vues subjectives des loups. Néanmoins, techniquement, le film est réussi, baignant tout le temps dans des tons bleutés (ouais, on pourra dire à la Underworld, autre film avec des loups, ou à la Twilight premier du nom, yerk !). Les plans sont pour la plupart réussis, il y en aura même des intéressants. Malheureusement, comme il s’agît de la saga Hurlements, tout n’est pas parfait, mais le réalisateur livre techniquement un travail assez rigoureux.

On ne pourra pas en dire de même dés que l’on se penche un peu plus sur le scénario. En gros, on dirait du Twilight, mais fort heureusement, en moins mou du genou, et surtout en moins niais, du moins pendant toute sa première partie. Tout simplement car le réalisateur parvient tout de même à nous fournir quelques scènes intéressantes. Nous suivons donc le jeune Will, qui craque depuis longtemps pour Eliana, une jolie brune de sa classe. Et bientôt, c’est la remise des diplômes.  Will vit seul avec son père, n’est pas le plus populaire du lycée (ouais parfois il se fait taper), il prend des médocs. Eliana elle a le don de disparaître souvent, attire un autre mec qui aime la bagarre. Oui, Hurlements s’est changé en film pour adolescents de notre époque, et ça se ressent, jusque dans les choix musicaux, bien que l’on discerne parfois des morceaux des années 80 qui font toujours plaisir à l’écoute (The Killing Moon). Dans cette histoire d’amour pour jeune adolescent, le réalisateur trouve moyen de placer quelques scènes intéressantes, et des mouvements de caméra parfois classe, comme lors de la première vraie discussion entre Will et Eliana dans la boite. Les loups eux se font extrêmement discrets lors de cette première partie, n’apparaissant que furtivement, des ombres se dessinant sur les murs, ou alors nous aurons droit à quelques subjectifs en noir et blanc surexposés. Rien d’exceptionnel, nous n’avons vraiment pas l’impression de regarder un film de la fameuse saga, mais le temps passe plutôt vite et le produit n’est pas franchement déplaisant à regarder. Ajoutez à cela le fait que les acteurs ne se débrouillent pas trop mal dans leurs rôles, mais on ne leur demande pas grand chose de compliqué non plus. Le réalisateur parvient même à placer en milieu de parcours une scène plutôt bien foutue dans une bibliothèque, aidée par une partition musicale prenante.

Malheureusement, sans être exceptionnel, ça se laissait voir, et c’est après cette scène que ça se gâte, avec l’arrivée des loups garous sur le devant de la scène. Le film va alors alterner quelques bons moments, hommages (volontaires ou non) à quelques films cultes, mauvaises idées et effets spéciaux risibles. Si le métrage avait choisit jusque là le classique et la sobriété dans son traitement, tout change. Les loups sont montrés, l’histoire d’amour grandit de façon peu crédible, et l’histoire commence à se traîner en longueur. Se transformant en huit clos dans le lycée entre nos deux héros et une meute de (attention) 4 loups garous, le film traîne la patte, avec de longs dialogues inutiles, une presque partie de jambes en l’air (oui, le danger, ça excite), et des hommes en costumes. Le plus étonnant, c’est de voir au détour d’une scène nos deux héros dans les sous sol de l’école armés de lance flamme découvrant le repaire des loups où les cadavres sont accrochés le long des murs (Aliens, quand tu nous tiens…). Encore plus étonnant, le maquillage des loups garous. Certains semblent tout droit sortir d’un grand nanar où ils ressemblent plus à une étrange créature mutante (et ratée) alors que d’autres ont vraiment une apparence de loup rappelant le premier Hurlements, ou encore Dog Soldiers. On alterne donc le bon et le mauvais jusqu’à un final pouvant laisser présager une suite, ce que le réalisateur ne dément pas dans une de ses interviews. Au final, ce nouveau Hurlements nous offre quelque chose de nouveau pour la saga, mais en tant que film de loups garous, rien de bien neuf. Il alterne les bonnes choses et les beaucoup moins bonnes, pour un résultat comme toujours en dessous de la moyenne, mais pourtant regardable, et bien meilleur que la plupart des films de la saga.

 

+
-

Un essai de renouveau dans la saga
Quelques bons passages

C’est bien filmé

L’histoire d’amour à la Twilight

Les loups garous partiellement ratés

 

NOTE: 08/20
En bref: La saga Hurlements revient de très loin, et prend le chemin de l’histoire d’amour à la Twilight. Dommage. Mais dans une saga qui n’a jamais brillée, il se révèle au moins divertissant.
Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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Jeudi 29 décembre 4 29 /12 /Déc 02:44

A CHINESE FAIRY TALE

A Chinese Fairy Tale
Titre original : A Chinese Ghost Story 倩女幽魂
2011 – Hong Kong
Genre: Fantastique
Réalisation : Wilson Yip
Musique: Ronald Ng
Scénario :  -

Avec Louis Koo, Yifei Liu, Shao-Qun Yu, Kara Hui, Elvis Tsui et Siu-Wong Fan

Un petit village, non loin de la montagne noire, souffre de l’absence d’eau. C’est à ce moment qu’arrive Ning Tsai Shen, travaillant pour le gouvernement, qui leur promet de les aider. Avec quelques prisonniers, il se rend dans la montagne pour y trouver une nouvelle source d’eau. Contraints de passer la nuit dans le temple Lan Ro, il va rapidement tomber sur Hsiao Tsing, qui n’est autre qu’un esprit, obéissant à un esprit démoniaque.

Faire un remake, on le sait depuis le temps, n’est jamais aisé. Les fans de l’original se braquent et détestent souvent le film (pour de bonnes raisons), tandis que les nouveaux spectateurs ne prennent même pas le temps de jeter un œil sur le film original. Histoires de Fantômes Chinois, pour beaucoup (dont pour moi) est un film important. C’est en effet, à côté des films de Jackie Chan, l’un des premiers films asiatique à avoir débarqué en France. Réalisé en 1987 avec Leslie Cheung (RIP) dans le rôle principal et produit par Tsui Hark, il rafle même le prix spécial du jury lors du festival d’Avoriaz en 1988, et eu droit à deux suites d’un niveau tout autre, mais fun. Film culte, tout le monde se rappelle encore aujourd’hui de l’original, de ses personnages, sa musique, de la romance entre les personnages et de la poésie qui s’en dégageait. L’annonce d’un remake faisait peur. Le coupable : Wilson Yip, honnête réalisateur ceci dit, de SPL ou encore des deux IP Man. Des films plus basés sur l’action que la poésie. Ce n’est pourtant pas sa première incursion dans le cinéma de genre, puisqu’il avait livré le fun Bio Zombie il y a déjà plus de 10 ans de ça. Mais toujours pas de poésie à l’horizon… Et après quelques minutes de film, pas besoin de chercher bien loin pour comprendre que cette nouvelle version d’Histoires de Fantômes Chinois va zapper tout le côté poétique de l’œuvre pour n’en garder que la trame de base et se poser comme étant un film fantastique sans ambitions, mais tout à fait regardable, ne faisant heureusement pas totalement honte au film original.

S’il respecte la trame finalement simple du film original avec Ning Tsai Shen, collecteur d’impôt peureux qui  va tomber amoureux d’un fantôme, Hsiao Tsing, ce remake va changer cette histoire d’amour simple et poétique en trio amoureux pas poétique pour un sous. Après un court prologue nous expliquant le passé du chasseur de démon et la liaison qu’il avait avec Hsiao Tsing avant qu’elle ne perde la mémoire, le film reprend pile là où l’original commençait, sur le même thème musical. On retrouvera des situations, des hommages, la même trame, mais tout le reste change, faisant de toute manière de ce remake un film finalement bien différent sur bien des points. Au niveau de l’ambiance, de la mise en scène, du genre même. Dans sa première partie, le réalisateur s’en sort d’ailleurs plutôt bien, malgré certains hommages qui sembleront bien trop appuyés (le guerrier pourchassant nos deux héros qui s’arrêtent finalement pour faire pipi contre un arbre). Les plans sont très beaux, les décors souvent magnifiques, les acteurs reprennent bien les rôles, même si on ne peut s’empêcher de préférer Leslie Cheung et la magnifique Joey Wong. Le rythme du film, privilégiant l’action au reste, ne faiblit pas et Wilson Yip met souvent le paquet au niveau effets spéciaux et action. Lors de la première partie, respectant plutôt bien l’original, ça fonctionne nickel d’ailleurs. Les scènes d’action sont bien rendues, les effets spéciaux numériques ne piquent pas les yeux (ce qui est un grand plus, parce que parfois...), les fantômes meurent les uns après les autres, quelques notes d’humour sont là, et le couple fonctionne bien à l’écran.

Malheureusement, tout dérape rapidement dans la dernière partie du film, après la fameuse séquence d’amour entre les deux tourtereaux. Là le métrage prend un virage et part dans une direction nouvelle, en ajoutant de nouveaux personnages, des combats en pagailles, des effets spéciaux plus si top que ça, en mettant également sur le devant de la scène le trio amoureux. Le film semble partir dans toutes les directions sans vraiment savoir ou aller. Les gentils se battent entre eux, les amoureux sont tous encore plus amoureux que jamais, la méchante est… oui encore plus méchante, vous vous en doutiez. Tout s’enchaîne, avec parfois un petit manque de cohérence parmi tout ça, et la partie finale s’avère totalement ratée, entre des combats numériques pas franchement impressionnants (le coup des feuilles qu’il faut arrêter à coup de sabre, plus ridicule qu’autre chose) et de l’amour avec un grand A dont le trait est forcé. Malgré tout, le film se regarde, et on passe un moment relativement agréable, pas prise de tête, mais un produit comme on en voit beaucoup. Ce qui faisait toute la beauté de l’original, ainsi que ces plus grandes qualités sont absentes de ce remake.

 

+
-

Plutôt bien réalisé
Une première partie sympathique

Rythmé

Un final très mauvais

Toute la poésie de l’original est absente

 

NOTE: 11/20
En bref: Un remake au final lisse mais divertissant. Il ne fait pas honte à l’original mais ne possède pas la moitié de ces qualités.
Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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Mercredi 28 décembre 3 28 /12 /Déc 23:27

REVENGE - A LOVE STORY

Revenge – A Love Story
Titre original : 復仇者之死 
2010 – Hong Kong
Genre: Policier
Réalisation : Wong Ching-Po
Musique: Dan F
Scénario : Wong Ching-Po et Jill Leung

Avec Juno Mak Chun-Lung, Aoi Sora, Chin Siu Ho, Anthony Lau, Tony Ho Wah Chiu, Lam Ling-Yuen, Wong Shu-Tong, Sun Wai-Lin

Un tueur s’attaque à des femmes enceintes en les éventrant et en retirant les fœtus. En réalité, les deux victimes étaient les femmes de deux collègues, dont l’un est également mort, l’autre disparu. La police arête un jeune homme de 23 ans auquel ils ont déjà eu affaire plus tôt pour une affaire de viol qui a mal tournée...

Avec Dream Home, Hong Kong avait droit à un retour aux films dit de Catégorie III. Des films violents, immoraux, avec une dose de sexe. Ça tombe bien, la société de production derrière Dream Home est également derrière ce Revenge – A Love Story. Un polar avec une histoire d’amour, découpée en plusieurs chapitres de durée inégale, un fond se voulant religieux (pour finalement pas grand chose), de la violence et du sexe, le tout filmé assez froidement malgré des plans stylisés pour un résultat glauque convaincant. On n’en demandait pas autant, et pourtant, le métrage possède son lot de défauts. Construit donc en cinq chapitres de durée différente pour une narration non linéaire (le chapitre 3, qui est le plus long, et un flashback nous expliquant comment tout à commencé), le film nous conte une énième histoire de vengeance. Le début retient notre attention, en nous promettant de la violence frontale et gratuite que l’on ne verra finalement que très peu. Notre tueur s’en prend en effet à des policiers, en tuant leurs femmes, les éventrant et en retirant le fœtus de l’enfant. Une vengeance choc, crade, glauque, qui n’ira pas toujours à fond. La violence frontale sera finalement assez rare dans le métrage, ce qui sera surprenant. A la place, le réalisateur opte pour l’ambiance. C’est froid, c’est crade, les couleurs sont délavées, et ça fonctionne, le rendu visuel du métrage est très réussi.

Le réalisateur dépeint donc un monde froid et immoral, dans lequel il fait évoluer ses personnages. Les personnages principaux sont d’ailleurs intéressants, entre  Kit, jeune homme finalement assez réservé travaillant dans un petit commerce de rue, qui aura le coup de foudre immédiatement pour Wing, une jeune fille simplette. Sur le papier, rien de bien neuf, et en effet, le principal défaut du métrage sera son scénario, simpliste. Le réalisateur, coscénariste du film, a préféré tout miser sur sa mise en scène, et c’est particulièrement réussi de ce côté, à condition d’apprécier les ralentis. Oui, il en use et en abuse, sans atteindre cependant le niveau du film Japonais Confessions. Pour revenir sur le fond du film, si celui ci n’est en soit pas mauvais, le parcours des personnages étant intéressant, tout comme leur déshumanisation au fur et à mesure des événements, l’ensemble des personnages secondaires souffre d’un manque de développement qui peut parfois devenir gênant. Les 5 policiers dont Kit va vouloir se venger sont en effet extrêmement peu développés, si bien qu’ils paraissent stéréotypés. Ce sont des flics au dessus des lois, rien de plus. Néanmoins ça fonctionne, le film étant bien rythmé, et aidé par sa mise en scène. Les scènes dans le commissariat, ne nous montrant finalement si peu, sont assez glauques, et avant cela, le film nous gratifie de quelques beaux moments entre les deux tourtereaux. Des moments simples, qui pourraient paraître cons, mais la complicité entre les deux personnages fonctionne.

Il faut ajouter à cela que les acteurs sont plutôt bons. Juno Mak dans le rôle de Tik est convaincant et livre une prestation tout à fait honnête. Tout comme l’ancienne actrice AV japonaise Aoi Sora, que l’on a pu voir récemment dans Big Tits Zombie dans un genre totalement différent, ici plus surprenante, même si elle avait déjà prouvé plusieurs fois par le passé qu’elle savait jouer (le film érotique Tsumugi par exemple). Etonnement, le passé de l’actrice dans le monde de la vidéo pour adultes n’est pas utilisé ici, et elle gardera la plupart du temps ses vêtements. Même lorsque le scénario pourrait le permettre, le réalisateur préfère prendre ses distances, mais le résultat fonctionne tout de même très bien. Dans ces grandes lignes, les trois premiers chapitres du métrage fonctionnent parfaitement. C’est quand toute l’histoire est bien posée et que le métrage continue sur la vengeance que le film déçoit, et ce jusqu’à un final un poil religieux parlant de pardon. Le fond religieux du métrage ne fonctionne absolument pas, mais cela ne retire en rien toutes les qualités du métrage, de sa maîtrise visuelle, à la noirceur générale de son récit en passant par son rythme prenant. Le film fait des faux pas pouvant paraître parfois ridicule sur la fin, mais n’ennuie jamais, et c’est déjà le principal.

 

+
-

Plutôt bien réalisé
Bonne ambiance, froide et glauque
Les acteurs s’en sortent très bien

Bonne OST

Final décevant

Personnages secondaires peu développés

 

NOTE: 14/20
En bref: Un film de Cat III assez dur, mais finalement à la violence pas toujours montrée et au sexe beaucoup plus suggéré, mais qui fonctionne malgré ses défauts.
Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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Mercredi 28 décembre 3 28 /12 /Déc 20:45

APOLLO 18

Apollo 18
Titre original : Apollo 18
2011- Etats Unis
Genre: Documenteur
Budget : 5 millions $
Sortie française le 5 Octobre 2011
Réalisation : Gonzalo Lopez-Gallego
Musique: -
Scénario :  Brian Miller et Cory Goodman

Avec Warren Christie, Ryan Robbins, Ali Liebert et Lloyd Owen

Officiellement, Apollo 17 fut le dernier voyage sur la lune organisé par la Nasa en 1972. La mission Apollo 18, "annulée pour des raisons budgétaires", a en fait eu lieu secrètement l’année suivante. Les images qui en furent rapportées, et qui ont été retrouvées, révèlent une réalité que la NASA essaie de nous cacher depuis 40 ans… C’est pour ça qu’aucun autre astronaute n’y est retourné depuis cette époque.

Certains effets de mode ont vraiment la peau dure et persistent. Outre la très fâcheuse et énervante tendance des remakes et autres reboots, ce sont les films en caméra subjective et faux documentaires qui continuent d’arriver encore et toujours. Et cette année 2011 fut chargée : The Tunnel, Troll Hunter,  Paranormal Activity 3 et, débarquant au cinéma en France à peu près en même temps que ce dernier, Apollo 18. Film qui a au moins pour lui le mérite de proposer une histoire qui change et un lieu assez peu commun : la lune dans les années 70. Le film nous fait donc croire une énième fois à des bandes perdues (enfin plus exactement cachées par la NASA cette fois) qui refont enfin surface. Bien entendu, le fait que ces bandes existent pose un vrai problème narratif arrivé en fin de parcours, mais nous n’en sommes pas encore là. Le film nous présente donc les deux personnages principaux chargés de la mission Apollo 18 : le capitaine Ben Anderson et le lieutenant John Grey. Une très courte introduction avec quelques interviews nous les présente, avec leurs familles respectives, avant le grand décollage et l’aventure lunaire qui sera filmée grâce à différentes caméras, à l’intérieur du module, sur leur casque, ou tout simplement qu’ils tiennent, ce qui nous voudra bien entendu quelques plans tremblants partant dans tous les sens.

Si dis comme ça, le métrage ne propose dans la forme rien de neuf, il faut pourtant avouer qu’un travail sur l’image a été fait pour rendre les images comme celles de la NASA à cette époque, et cela apporte un plus indéniable au film. Après cela, le réalisateur use et abuse d’effets faciles, avec la caméra qui tremble, qui se brouille, qui se casse toujours quand il ne faut pas. Certains plans sont mêmes illisibles par moment, et donnent envie de vomir. Mais dans une moindre mesure, ça fonctionne tout de même. Mais le véritable plus de Apollo 18, c’est bien entendu le lieu de l’action, le film se déroulant dans l’espace et sur la lune. Doté d’un petit budget de 5 millions de dollars, ce qui est finalement bien peu, le réalisateur rend ses décors et son action plausible. Les plans de la lune, filmés depuis l’espace, ou tout simplement les plans où les acteurs évoluent sur la lune s’avèrent parfois bluffant, très joli travail de reconstitution. Cela suffit-il à faire un bon film ? Malheureusement pas encore.  Car au delà de ce travail artistique, il faut bien avouer qu’il ne se passe finalement pas grand chose tout le long du métrage, qui prend souvent la voie du Paranormal Activity de l’espace, là où personne ne nous entends crier.

En effet, le rythme du métrage est incroyablement lent, et soyons clair, il ne se passera pratiquement rien pendant un long moment. Le film nous montrera de temps en temps des petits phénomènes inexpliqués, rapprochant le film du Paranormal Activity dans l’espace comme dit plus haut. Une forme étrange filmée par une caméra, un caillou qui bouge tout seul au sol. Rien de palpitant sur le papier, mais malheureusement, à l’écran, la peur, la crainte ou l’angoisse ne sont pas là non plus. Il faudra attendre simplement l’apparition d’une « grotte » dans la lune pour que l’ensemble bouge un peu, avec la contamination d’un des personnages par quelque chose qu’on ne nous expliquera pas bien entendu. Les deux acteurs, présents dans tous les plans, sont très convaincants dans leurs rôles, et la folie, ou du moins le doute et la crainte l’un de l’autre va rapidement arriver, et fonctionner. Le film devient prenant, et on a envie d’en savoir plus, et ce jusqu’à un final, que l’on sentait pourtant venir, bien que celui ci pose un problème de scénario assez énorme et gênant. Au final, Apollo 18 souffre de pas mal de défauts, et ne renouvelle absolument pas le genre (mais est-il seulement possible de renouveler un genre si simple que le faux documentaire ?), mais parvient à attirer l’attention grâce à son lieu peu commun et le fait qu’il soit correctement emballé. Bien peu, mais à l’heure où débarquait Paranormal Activity 3, ce n’est pas si mal finalement, d'autant plus que certaines scènes fonctionnent vraiment, comme celle où les deux astronautes s'aventurent dans la grotte, éclairée uniquement avec des flash d'appareil photo. Oui, l'effet est facile, mais fonctionne.

 

+
-

Une histoire intéressante
Des scènes qui fonctionnent

La reproduction lunaire

Encore un film caméra à l’épaule

Parfois ça donne la migraine

Très lent

 

NOTE: 10/20
En bref: Encore un faux documentaire, avec ce que cela implique de défauts et de qualités. On est lassé mais le lieu propose au moins quelque chose de nouveau.
Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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Mercredi 28 décembre 3 28 /12 /Déc 02:45

KEITAI KANOJO

Keitai Kanojo
Titre original : 携帯彼女 
2011- Japon
Genre: Fantastique
Réalisation : Asato Mari
Musique: -
Scénario :  -

Avec Suzuki Airi, Taketomi Seika, Asô Kaori, Baba Toru, Hirano Yasuyuki et Shiramizu Hôsei

Une malédiction frappe les jeunes adolescents. Ceux ci reçoivent sur leur téléphone portable une application, en réalité un jeu de drague ou ils doivent entretenir une relation avec une jolie lycéenne : Erika. S’ils atteignent 0%, ou bien 100%, ils perdront la vie. Une jeune lycéenne, prénommée Erika également, va se retrouver mêlée à toute cette histoire, et va tenter de remonter aux sources de la malédiction.

Keitai Kanojo est en réalité la suite de Keitai Kareshi, que je n’ai pas vu, mais comme la vision du premier n’est pas forcément nécessaire, on fait avec ce que l’on a, et quelques liens rapides entre les deux films nous expliquent le pourquoi du comment. Dans le fond, on se retrouve devant une très classique histoire de malédiction par téléphone portable, un peu à la manière de Chakushin Ari (La mort en ligne de Miike), sauf qu’ici, plus précisément, il s’agît d’un jeu pour téléphone portable. Dans la forme, on se retrouve devant un simple film pour adolescent, ou plutôt adolescente. L’ensemble est très calme, assez lisse, et jamais sanglant ou choquant, on aura même droit à quelques petites amourettes. Et pour autant, Keitai Kanojo s’avère être un film plutôt regardable, et ce de bout en bout, sans provoquer de rires involontaires (ou très peu) et sans ennuyer… en grande partie. L’ensemble commence en tout cas plutôt bien, la scène d’introduction étant plutôt prenante, bien mise en scène, possédant sa petite ambiance, et nous donnant quelques giclées de sang (rien de bien méchants, pas d’effet gore en vue). On aurait pu s’attendre à pire, surtout que juste après la présentation de quelques détectives, on nous présente Erika, le personnage principal du métrage, jouée par la toute jeune (17 ans) Suzuki Airi, idole du groupe de J-pop ℃-ute, et on peut le dire, elle est cute comme tout. Elle n’en est pas à son premier rôle (bon, troisième), et sans en faire trop, elle est plutôt naturelle à l’écran (ou son joli minois ne me rend absolument pas objectif, au choix).

Partant d’une histoire toute conne comme on en voit par milliers, avec une application maléfique qui passe de téléphone en téléphone une fois son propriétaire mort, le suspense est entretenu pendant la première demi heure. Il faut dire que la réalisatrice, Asato Mari, n’est pas manchot. On lui doit également le film Ju-On : Kuroi Shôjo (Black Ghost), qui sans être un chef d’œuvre, fonctionnait et parvenait à faire monter la tension. Ici, la tension pourra être présente pendant une partie du film, notamment au début, puis à la fin. La présentation des personnages et les premiers meurtres fonctionnent pleinement, mais après, l’histoire peine à trouver son rythme de croisière, malgré de bonnes idées par ci par là. Ainsi, on aura droit à quelques misères, un drame familial et amoureux, un flashback sous forme de rêve qui n’est finalement pas un flashback. Des bonnes idées, il y en a, mais en voulant trop plaire à un certain public jeune, le film traîne un peu la patte et se permet quelques amourettes en milieu de parcours qui n’étaient pas forcément nécessaires pour l’intrigue générale, ou finalement même les personnages. Cela les étoffe certes, mais ralentis considérablement le déroulement de l’intrigue. Surtout que le flashback sous forme de rêve reviendra bien 3 ou 4 fois dans le métrage.

On pourrait bien croire que rien ne viendra sortir le film de là, et le temps paraît long (oui, le métrage a bien 20 minutes de trop, alors qu’il ne dure à peine 1h30), mais comme il faut croire aux miracles, l’ensemble se relève pour devenir plus passionnant dans son final, dans un décors de vieux bâtiment abandonné totalement délabré. Les révélations arrivent les unes après les autres, on aura droit à quelques faux semblants, à quelques effets un peu too much, mais le plus souvent bien amené, jusqu’à un final réussi qui pourtant aurait rapidement pu partir dans une direction mielleuse inepte. Certes, on le frôle, mais ça passe bien. Au final, le métrage, tout à fait regardable, reste anecdotique, s’adressant certes à un public jeune, mais réalisé avec suffisamment de sérieux pour intéresser. Il ne faut finalement pas trop en attendre et voir le film pour ce qu’il a à proposer, à condition de ne pas en avoir trop marre de ces histoires de fantômes et de malédictions.

 

+
-

De bonnes scènes
Un mystère bien entretenu

Un point de départ intéressant

20 minutes de trop en milieu de parcours

Rien d’innovant ou d’exceptionnel

 

NOTE: 10/20
En bref: Un film un poil trop long visant un public jeune, mais suffisamment bien emballé pour divertir.
Par Rick Jacquet - Publié dans : Critiques
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