Critique: A Living Hell

Publié le par Rick Jacquet

A LIVING HELL

A living hell
Titre original: Iki jigoku
2000 - Japon
Genre: Horreur
Réalisation: Shugo Fujii
Musique: Koji Tabuchi
Scénario: Shugo Fujii
Avec Fumina Hara, Maki Horikita, Asami Mizukawa, Chisato Morishita et Mayuka Suzuki


Yasu, un jeune garçon, est cloué à un fauteuil roulant depuis quelques années. Un jour, il voit débarquer chez lui une vieille femme et sa petite fille, des personnages plutôt inquiétants et soi-disant des parents éloignés. Bientôt, son père part en voyage d’affaire et, alors que son frère et sa sœur sont au travail, Yasu se retrouve seul avec les deux femmes qui lui révèlent leurs vrais visages : ceux de psychopathes en puissance. Face l’incrédulité de sa famille, Yasu est condamné à vivre chaque jour un véritable enfer, d’autant que les deux femmes se montrent de plus en plus sadiques…

Annoncé comme un festival gore et choc, A Living hell déçoit énormément, et ce pour plusieurs raisons. Mais le film avait toutes les cartes en main pour être véritablement gore, malsain, dérangeant et surtout immersif. Pour analyser le tout, il faut déjà se rappeler que le film n’a été tourné qu’en 9 jours pour un budget ridicule en faisant une œuvre limite amateur. Après un prologue plutôt raté et inutile, dans lequel nous assistons au meurtre d’un couple et de leur chien par la vieille dame et sa petite fille de manière improbable (surtout pour la femme), l’histoire nous présente Yasu et sa famille. Yasu est en fauteuil roulant et entend des voix, son frère ne fait jamais rien dans la maison et sa sœur doit s’occuper de toutes les tâches familiales pendant l’absence de leur père, travaillant dans une grande ville, ne revenant que le week-end. Une famille classique par bien des aspects. Classique jusqu’au jour où ils vont héberger chez eux la vieille dame et sa petite fille. On se doute forcément que les choses vont dégénérer, mais pas forcément de la façon dont on le croit. Heureusement, mais aussi malheureusement à la fois. L’intérêt de ce métrage sera qu’il nous montrera des scènes de tortures inattendues et inventives, rehaussant le niveau d’une mise en scène parfois hésitante, parfois foireuse, rarement ingénieuse (mais ça arrive). L’interprétation ne va pas venir aider, les acteurs en faisant des tonnes dans leur domaine (la folie pour certains, la peur pour les autres).

 

Ainsi, Yasu devra être très rapidement terrorisé par les deux dames qu’il héberge, mais il en rajoutera, n’hésitera jamais à surjouer, donnant plutôt une ambiance de dessin animé live plutôt que d’un film devant faire peur. La peur ne sera aucunement au rendez-vous, e c’est dommage vu les tortures infligées, devenant de plus en plus poussées. Cela commence plutôt gentiment avant de passer au stade supérieur avec des électrocutions et l’usage de pinces et fléchettes. Si la violence ne parvient pas à choquer, le film aurait pu tout de même pu distiller une certaine ambiance, ce qu’il parvient lors de certaines scènes, mais le réalisateur décide alors de rendre son histoire plus complexe, plus intelligente, et le rythme du film va en souffrir. En parallèle des tortures et de l’histoire de cette famille, une autre vient se greffer, ayant un gros rapport certes, mais va ralentir le rythme et provoquer un ennui plutôt profond. Le frère de Yasu, journaliste, va aider un petit nouveau dans une enquête concernant la ville et sa petite fille. Enquête ayant pour but de rationaliser et d’expliquer ce déferlement de violence, mais rien à faire, la pilule ne passe pas et ennuie. Le film en devient profondément chiant.

Malheureusement, la suite de l’histoire gardera cette forme et s’obstinera à partir dans cette direction, rendant le film à la fois flou et compréhensible, mais surtout chiant et inintéressant. Si le but du film n’était pas atteint, il aurait tout de même pu être bien plaisant et possédait une certaine ambiance. Le réalisateur ne se prive d’ailleurs pas pour inclure quelques scènes tournées à la façon de Ring, montrant bien qu’il veut partir dans plusieurs directions, mais le fin mot de l’histoire ne peut que décevoir, en rationalisant l’histoire de façon improbable. Le final d’ailleurs ne viendra pas sauver l’entreprise du tout, puisque la violence éclatera dans une sorte de remake totalement confus de Massacre à la tronçonneuse, et surtout totalement inutile et vain. Le film ne s’avère être finalement qu’une énorme déception, se cachant sous sa réputation surfaite.

 

NOTE: 06/20
En bref: Quelques bons petits moments, mais un film hésitant dans la direction à prendre, souffrant d’un manque de rythme et d’un final raté. A bonne réputation, bien mauvais film.

Publié dans Critiques

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