Critique: Dead Ball

Publié le par Rick Jacquet

DEAD BALL

 

Dead Ball
Titre original : Deddobôru
2011 – Japon
Genre: Action
Réalisation : Yamaguchi Yûdai
Musique: Morino Nobuhiko
Scénario :  Yamaguchi Yûdai et Tokaji Keita

Avec Sakaguchi Tak, Ato Kai, Bobby, Mickey Curtis, Ninagawa Miho, Gamou Junichi et Yamadera Kôichi

 


 

Doué en baseball, Jubei décide finalement de tout abandonner après un accident qui coûte la vie à son père. Plus tard, devenu un jeune délinquant, il se fait emprisonner et est envoyé dans une prison spéciale, ou il est contraint de rejoindre l’équipe de baseball afin d’affronter les Black Dahlia, une équipe féminine qui a pour coutume de décimer les équipes adverses.

 

 

Dead Ball était un film qui me faisait envie et peur à la fois. Les travaux de Yamaguchi Yûdai à la mise en scène sont parfois vraiment bons. Son Meatball Machine a fait l’effet d’une bombe, et son Tamami – The Baby’s Curse était très sympathique. Mais la précédente collaboration du monsieur avec Sakaguchi Tak avec Battlefield Baseball, sur le même postulat, m’avait laissé de marbre, m’avait ennuyé, et finalement rarement fait rire. Ici, on retrouve encore Tamaguchi à la mise en scène, un film délirant sur le baseball, Sakaguchi acteur dans un rôle très similaire à celui qu’il tenait dans Battlefield Baseball (et portant le même nom), le tout produit par Sushi Typhoon, une société dont on ne croyait pas une seule seconde, et qui pourtant nous a livré jusque là Alien VS Ninja (sympathique bien que bourré de défauts), Mutant Girls Squad (oui le scénario est mauvais, mais oui que c’est fun) et Cold Fish (accident dans la société, grande œuvre de Sono Sion). Dead Ball prend la direction du film d’action déjanté et gentiment gore. Le ton est donné dans la scène d’ouverture. Jubei s’entraîne avec son père, qui lui demande d’envoyer la balle le plus fort possible. Jubei s’envolera dans les airs, jusqu’à envoyer la balle et exploser la tête de son père, et le décor tout autour d’eux. Dead Ball sera stupide, violent, parfois absurde, et utilisera assez fréquemment des effets numériques pas franchement réussis. Après cette scène d’ouverture, nous retrouvons Yubei plus âgé, joué par Sakaguchi Tak donc, jeune délinquant, envoyé dans une prison pour rejoindre l’équipe de baseball, contre son gré.

 

 

Et le film va, au final se révéler plus que sympathique, et nettement supérieur à son prédécesseur Battlefield Baseball, malgré des défauts évidents, et parfois communs. Sakaguchi est toujours aussi poseur lorsqu’il est sur le devant de la scène, et on a eu le temps de s’y habituer, et ici, ça passe clairement, le rythme du film étant bien calibré, et les délires arrivant toujours à un rythme assez frénétiques. La réalisation de Yamaguchi, pour ce genre de production, n’est pas si mauvaise. Il sait manier une caméra, on le sait depuis le temps, et on n’en demandait pas énormément pour ce genre de métrage, qui se voit, fait passer un bon moment, et s’oublie. Et par chance, le film se révèle en plus parfois véritablement drôle, pour qui adhère à ce genre de délires. L’arrivée dans la prison avec un Sakaguchi chantonnant, la fouille assez spéciale par la gardienne, le repas tout aussi spécial, Sakaguchi qui sort des cigarettes n’importe ou juste en levant le bras (gag qui reviendra tout le long du métrage). Dead Ball va vite, et met de bonne humeur. Les délires, nombreux, parfois violents (les giclées de sang sont fréquentes), parfois politiquement peu corrects, et parfois tout simplement bon enfants et simplistes, s’enchaînent, et le temps passe rapidement, malgré de grosses fausses notes évidentes. Certaines que l’on excusera par le manque de temps et de budget, comme toujours dans ce genre de productions, et d’autres étant plutôt des fautes de goûts. Et comme pour Battlefield Baseball, le sport n’est ici qu’un prétexte pour aligner de nombreux délires, du sang, des femmes et un boss de fin.

 

 

Mais la sauce prend, et si le baseball en lui même n’arrive que tardivement dans le récit (il faut bien attendre 50 minutes avant de voir le match commencer), on rigole pleinement devant le métrage proposé, et la galerie de personnages assez haute en couleur. Entre les gardiens de prisons nazis, l’équipe adversaire constituée de femmes qui prennent du plaisir à tuer pendant le jeu pour marquer plus de points, l’expert en arts martiaux, le jeune peureux qui ne sait pas jouer, on a l’embarras du choix. Si bien que lorsque la partie commence, après 50 minutes de délires, on est bien content de voir que le film ne nous laisse pas tomber et va encore enchaîner pendant 50 minutes les délires sur le « terrain », ou les idées les plus folles se succèdent, parfois avec une grosse pointe de rouge sang. Malheureusement, tout n’est pas rouge dans le film, tout n’est pas beau. Outre des effets numériques discutables (et parfois bien hideux, il faut l’avouer, même pour une comédie potache et sanglante), le film se voudra parfois trop sérieux, comme lorsqu’il abordera le traumatisme de Jubei. De plus, vers la fin, Sakaguchi ne peut pas s’empêcher de montrer qu’il est chorégraphe et sait se battre, nous donnant quelques rapides scènes de combat plutôt inutiles, avant d’enchaîner sur un final qui, bien que possédant de bonnes idées, s’avère partiellement raté. Dommage, mais Dead Ball est encore une production parfaitement recommandable.

 

 

 

+
-

Des délires en pagailles
Une bonne galerie de personnages

On ne voit pas le temps passer

Des effets numériques discutables
Des moments parfois trop sérieux

Un final raté

 

 

NOTE: 13/20
En bref: Dead Ball est une nouvelle production Sushi Typhoon qui, comme les autres, s’avère fun, parfois sanglante, n’est pas du tout avare en délires, mais au scénario limité et aux effets numériques ratés. Mais après tout, on ne demande jamais à ce genre de productions le scénario de l’année.  Un bon moment.


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