Critique: Death Tube 2

Publié le par Rick Jacquet

DEATH TUBE 2

Death Tube2

Titre original: 殺人動画サイト デスチュブ2
2010 - Japon
Genre: Horreur

Réalisation: Yôhei Fukuda
Musique: Masako Makino
Scénario: Michitaka Okada
Avec Fuka Nishihara, Kazushige Sakaguchi, Hiroaki Kawatsure, Ao Akiyama, Naomi Inoue et Norizuke Matsukawa


Le site Death Tube est de retour. Huit nouvelles victimes sont capturées et enfermées pour participer à des épreuves drôles et cruelles, le tout organisé par des tueurs déguisés en ours et retransmit en direct sur internet.

A peine quelques mois après le premier opus, voilà que débarque le suivant. A se demander si le premier a vraiment marché, ou si les deux métrages ont été tournés en même temps dans le même décor. Ainsi au départ, on prend les mêmes, et on recommence. Dés la première scène, nous retrouvons huit personnes enfermées dans des pièces identiques. Ils vont à nouveau devoir passer divers challenges pour que leur nombre diminue, et ce jusque la fin du film. Enfin pas tout à fait, puisque ce second opus va ajouter quelques petits nouveautés afin d’éviter la redite totale, surtout que le premier opus, bien sympathique pour qui aime ce genre de cinéma décalé un peu fauché, durait tout de même deux heures. Ici, le réalisateur se contentera d’un 1h40 et de plus de variétés dans son histoire. La première partie du métrage sera pourtant identique à celle du premier film. Huit personnes enfermées, les mêmes décors, le même ours en peluche qui parle via un écran de télévision, et une première épreuve chacun dans son coin avant que la troupe ne se rejoigne dans la pièce principale pour la suite des épreuves. On avait bien compris le principe, et donc ici les événements sont beaucoup plus rapides. On retrouvera, comme dans le premier opus, un personnage qui comprend tout mieux que les autres, et qui comprend surtout qu’il faut s’allier pour avoir plus de chances de survivre (enfin, de durer plus longtemps). Cette fois ci, il s’agira de Nozomi, le personnage principal. Une femme forte depuis la mort de ses parents, assassinés à coups de couteau. Mais une femme qui refuse de prendre la vie de quiconque. Enfin, rien d’extraordinaire, on retrouve le genre de personnages habituels de ce genre de production pour rendre l’ensemble dynamique : les flippés, ceux qui gardent toujours espoir, la femme forte, le mec louche. Comme dans le premier, les acteurs ne s’en sortent pas trop mal pour ce genre de petites productions.

Niveau mise en scène, il n’y a rien de spécial à dire, puisque les décors, l’éclairage et le style sont exactement les mêmes que pour le premier film. Rien de bien neuf à l’horizon donc, c’est filmé sans éclat de génie, certaines scènes fonctionnent, à d’autres moments, le réalisateur ne parvient pas à cacher son absence de budget et son nombre de décors très limité. Mais ça, on s’en moque un peu, d’autant que l’on a vu tellement pire dans le milieu du V-Cinéma. Là où Death Tube 2 peut surprendre, c’est arrivé à la moitié du métrage. Si le ton mélange toujours humour, scènes plus dramatiques et dures et moments violents, on retrouvera une épreuve à dilemme comme dans le premier métrage. Après la femme violée du premier donc, deux des joueurs se retrouvent devant un dilemme : se suicider pour sauver la vie de son enfant. Une scène dure qui surprend surtout qu’elle est située après des passages beaucoup plus bon enfant où les personnages passent des épreuves, confiants, avec le sourire. Mais passé cette scène, le film prend un virage à 180 degrés, ce qui n’est pas forcément un mal, tout ce qui concerne les énigmes ayant été vu pendant deux heures dans le film précédent. Non, là les survivants vont se rebeller, et tout faire pour pouvoir s’enfuir. Là, on aura droit à quelques nouveaux décors, aussi pauvres que les précédents, avec une pauvre cage d’escalier et quelques nouveaux décors vides. Et le film laisse par la même occasion totalement de côté l’aspect violent pour alterner simplement dérision et moments dramatiques. Adieu donc les épreuves débiles aux fins violentes, on se retrouve devant une « course poursuite » où les survivants arriveront à capturer un des oursons, et ainsi on en apprendre enfin un peu plus sur le jeu Death Tube. Un peu, mais pas trop non plus, beaucoup de choses restants dans l’ombre. Mais le fait de voir plus clairement cette organisation et les hommes derrière les masques apporte indéniablement du neuf.

Dommage que l’ensemble de ces révélations amène à une fin retournant clairement dans le genre Saw, avec une épreuve finale au choix moral. Si ça peut surprendre, d’autant plus que la scène est précédée par la danse des oursons sur du Michael Jackson (oui, vous avez bien lus), l’effort fonctionne assez bien, les acteurs évitent d’en faire trop et la situation devient crédible, l’ensemble menant à un dernier plan plutôt pessimiste. Carrément pessimiste même. A part cela, Death Tube 2 est une suite qui ressemble beaucoup à son ainé, avec les mêmes défauts, et les mêmes qualités. La mise en scène est identique, les décors aussi, certaines épreuves reviennent (furtivement heureusement), la musique est toujours faite à base de musique classique. L’amateur du premier opus appréciera donc sans soucis cette suite, allant plus directement à l’essentiel et étant plus varié. Pour les autres, gardez à l’esprit qu’il s’agît de V-Cinéma, que c’est un peu fauché (d’ailleurs la qualité du mixage sur le dvd américain laisse à désirer et possède pas mal de souffle), et qu’il ne faut pas prendre le film trop au sérieux sous peine de se faire royalement chier. Mais le réalisateur, déjà auteur du premier film, mais également des films d’action Onechanbara et Tokyo Gore School sait un minimum ce qu’il fait, ce qui permet à l’amateur d’apprécier encore une fois son travail… à condition qu’il ne nous sorte pas dans trois mois un Death Tube 3.


+
-

Des scènes qui amusent toujours

Quelques scènes dramatiques intéressantes

On ne s'ennuie pas

Toujours autant de changements de ton

Ca reste fauché

 

NOTE: 12/20
En bref: Une suite prévisible mais qui a le mérite de changer de genre en milieu de parcours. Aussi plaisant que son ainé, et plus court.

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