Critique: Death Tube

Publié le par Rick Jacquet

DEATH TUBE

Death Tube

Titre original: 殺人動画サイト デスチュブ
2010 - Japon
Genre: Horreur

Réalisation: Yôhei Fukuda
Musique: Masako Makino
Scénario: Michitaka Okada
Avec Matsuda Shôichi, Kaoru Wataru, Atsushi Ishino, Sanae Tsukamoto et Hajime Namikawa


Death Tube est un site d’exécution en live sur internet qui n’apparaît qu’une semaine par an. Huit personnes se retrouvent enfermées, chacune dans une pièce différente, et vont devoir faire des épreuves grotesques et ridicules, souvent violentes, avec pour enjeu leur survie.

Saw n’en finit pas de faire des émules. Bon nombre de films venant d’un peu tous les pays voient le jour en essayant de surfer sur la fameuse (en terme de box office, car en terme de qualité, ce n’est plus là depuis la fin de troisième opus) saga. Même au Japon, Saw connaît des copies, ou plutôt fausses copies avec les deux Death Tube. Fausses car les films mélangent souvent le premier et second degré. Death Tube donc, c’est un site, un peu comme Youtube, qui n’est en ligne qu’une semaine par an, qui qui est une plate-forme mettant en ligne des vidéos atroces ou des victimes sont tuées en direct. Pas mal d’internautes connaissent le site et regardent, par curiosité totalement malsaine. Les tueurs, qui capturent leurs victimes et les enferment dans des salles pour leur faire subir une série de jeux (en général assez grotesques), sont déguisés en… ours en peluche à l’apparence tout mignonne, avec une voix toute mignonne également. Un groupe d’individus se réveillent alors dans une pièce, et se rendent rapidement compte qu’ils sont en live sur internet, et qu’ils font parti du nouveau jeu Death Tube. Une série d’épreuves les attend, ou ils vont devoir redoubler d’intuitions et d’astuces pour y arriver et ne pas perdre la vie. Pour ce film très étrange et surfant donc sur le succès de Saw, on retrouve à la réalisation Youhei Fukuda, réalisateur des très sympathiques Onechanbara (un film déjà fauché, mais adapté d’un jeu vidéo) et Tokyo Gore School. Ici, c’est encore plus fauché que d’habitude. Le décor se limitera à plusieurs pièces, identiques, où se trouvent chaque participant, et une grande salle commune. Niveau personnages, il n’y aura que 8 personnages, les participants au jeu, et les tueurs, toujours cachés sous leur costume d’ours en peluche. Economie de budget, de figurant, un seul décor, et c’est parti pour l’aventure.

Death Tube est un film très étrange, car naviguant sans cesse dans plusieurs eaux. Celles de la parodie, celles du film sérieux et critique, celles du film sanglant. Comment prendre au sérieux une épreuve où les participants doivent faire la course, manger un donut accroché à une corde, puis prendre cinq petits cubes et les ramener à une table sans les faire tomber pour pouvoir boire un verre d’eau. Le dernier arrivé perd tout simplement la vie. La plupart des épreuves peuvent donc paraître enfantines, pour mieux se moquer de Saw et de tous ces pièges qui perdaient au fur et à mesure des films en crédibilité, mais en général, cela se terminera toujours dans le sang. Et chaque joueur aura bien entendu ses raisons pour vouloir survivre, et donc des alliances et coups de put** auront forcément lieu. Rien de bien neuf à l’horizon si ce n’est l’aspect dérision qui fait l’opposé de Saw. Pourquoi chercher la sophisticité des épreuves, comme on peut faire simple comme pas permi pour un résultat au final similaire : la mort. Ceci dit, autre grande différence majeure, la durée du métrage. Car oui, Death Tube dure tout de même 2 heures. Et pour ce genre de films un peu fauché, deux heures, c’est beaucoup trop. Death Tube aura donc droit à ses longueurs avec son lieu unique et ces huit personnages, alors qu’en petit jeu de massacre, Battle Royale était un chef d’œuvre sur un peu moins de temps et 44 élèves. Enfin, ne comparons pas ce qui n’est pas comparable. Surtout que malgré ce défaut, le film parvient tout de même à nous tenir en haleine la plupart du temps et ce jusque la dernière image. Ce n’est déjà pas si mal. L’ennui ne viendra jamais vraiment, on reste captivé au fur et à mesure des épreuves pour pouvoir rire de la suivante et voir le sort cruel que cette épreuve réserve. Ainsi, le film commence doucement, avec un puzzle à résoudre, un simple Rubik’s cube, avant d’enchaîner sur des épreuves individuelles allant du jeu de hula hoop (que beaucoup de gens doivent maîtriser de nos jours grâce à la Wii) au jeu où il faut tourner 10 fois sur soit même avant d’aller toucher un coin de la pièce.

Entre ses épreuves bon enfant et ses tueurs déguisés en oursons (mais ils sont beaucoup moins sympas que Winnie l’ourson, je rassure), le film tranche avec ses ambiances avec des scènes bien violentes comme il faut. On aura droit à une perceuse dans la tête, du poison, des travaux à la faucille et j’en passe. De quoi plaire à l’amateur de genre, s’il parvient à accrocher à l’ambiance très particulière du métrage. Car ce n’est pas tout, entre ses moments bien violents (mais assez rares tout de même) et ses moments volontairement ridicules, le film tente d’instaurer par moment des passages bien plus sombres et sérieux. Comment réagir lorsqu’une épreuve concerne notre femme qui vient de se faire violer ? Comment garder espoir quand on sait que nous sommes regardés en direct par internet par des milliers d’internautes qui ne font que savourer votre humiliation et la mort des autres sans réagir, prenant les événements comme s’il s’agissait d’un vulgaire jeu vidéo sans incidence sur la vie réelle. Ce qui dans le cas présent n’est pas le choix. Ces différences de tons marchent plutôt bien, le réalisateur fait du bon boulot avec ce qu’il a (c’est à dire peu), et je n’en demandais pas plus à ce genre de métrage. Mission réussie donc.

+
-

Des épreuves amusantes

Quelques scènes dramatiques intéressantes

Un produit bien emballé

Un poil trop long

Peut être trop de changements de ton

 

NOTE: 12/20
En bref: Entre scènes violentes et humour, un film très plaisant bien qu’un poil trop long.

Publié dans Critiques

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