Critique: Hanako

Publié le par Rick Jacquet

HANAKO

Hanako
Titre original: Shinsei Toire no Hanako-san
1998 - Japon
Genre: Fantômes
Réalisation: Yukihiko Tsuzumi
Musique: Akira Mitake
Scénario: Hiroshi Takahashi
Avec Maeda Ai, Hamaoka Maya, Oomura Ayako, Kasahara Hideyuki

C’est la rentrée au collège Midoridai. La jeune Satomi Kurahashi est ravie de se retrouver dans la même classe que ses deux amis Kanae Sawaguchi et Kosuke Kashiwagi. Si la jeune fille semble très heureuse, son entrée au collège rappelle à ses parents un bien mauvais souvenir : onze ans auparavant, sa grande sœur Kaori, disparut alors qu’elle était élève à Midoridai. Les rumeurs abondent autour de cette disparition, mais nul ne peut dire ce qu’il est advenu de la jeune fille... Le premier jour de classe, alors que Satomi et ses amis se baladent dans l’école, ils tombent sur un petit autel dans l’arrière-cour qu’elle se souvient avoir vue sur une photo de sa sœur prise peu de temps avant sa disparition. Soudain, Satomi entend une voix sortie de nulle part murmurer son nom... Le lendemain, la jeune fille est retrouvée inconsciente dans les toilettes de l’école. Lorsqu’elle reprend ses esprits, elle dit avoir vu un fantôme...

Hanako est une énième variation sur le film de fantômes japonais. Et pourtant, Hanako date de 1998, soit la même année que le succès planétaire Ring. Si Ring obtient le succès que l’on connaît depuis, Hanako restera dans l’ombre, et ne sortira pas en France. Il faut dire que le scénario ne va pas aider à faire de ce film un des maîtres étalons du genre, loin de là. Mélange du film de fantôme pur et dur, avec la légende planant sur le lycée, les apparitions, et du film purement fantastique, avec une femme aux pouvoirs paranormaux et des exorcismes sur les démons hantant les lieux, le scénario hésite souvent, mais surtout, se révèle de nature classique et inégale. Pour ce genre de film, la partie légende urbaine au sein de l’établissement scolaire et la recherche du passé du spectre s’avère tout ce qu’il y a de plus classique, et c’est pourtant la partie qui s’en tirera avec les honneurs, grâce au talent du metteur en scène, inconnu par chez nous, Yukihiko Tsuzumi. Nous suivons donc une première heure classique. La légende circule au sein des élèves, et les professeurs commencent à en avoir marre. Un petit groupe d’étudiants va se former, et ils vont tenter de découvrir l’identité de Hanako, et ce qu’elle veut, afin qu’elle puisse reposer en paix. Rien de bien neuf, surtout pour le spectateur découvrant le film tardivement, mais la magie opère tout de même, avec ses qualités et ses défauts. Mais le principal défaut de cette première partie sera la musique, approximative, appuyant par moment beaucoup trop les effets.

Mais au-delà de ça, le réalisateur maîtrise parfaitement son sujet, et pour un film de commande, cela étonne grandement. Il filme les décors de l’école de manière spéciale, souvent en contre plongée, utilisant des objectifs pour la caméra agrandissant les décors, et une certaine ambiance se dégage rapidement. L’histoire a beau se révéler classique, avec le fantôme hantant les toilettes du second étage, la malédiction de Hanako fonctionne parfaitement. La caméra créée une  vraie ambiance, et visuellement, c’est un petit plaisir fait de trouvailles. La tension va alors pouvoir monter rapidement, dés lors qu’un personnage, conscient ou non de la malédiction, va monter l’escalier (gigantesque) menant au second étage. Mais Tsuzumi, le réalisateur, ira encore plus loin, lorsqu’il s’agira des apparitions de son fantôme. Et pourtant, le fantôme prendra son temps, puisqu’on ne le verra quasiment pas lors de la première heure. Le réalisateur mise tout sur la tension des apparitions, alors qu’on ne verra pas forcément grand-chose. Mais pour ses scènes, il utilise un format de pellicule différent, donnant à ses scènes un cachet différent et fort plaisant. Les apparitions du fantôme dans les toilettes s’avéreront excellentes, et feront monter le trouillomètre comme pas possible. De même pour la petite annexe située derrière l’école, contenant une poupée (maléfique, bien entendu). Cadrages sérés, grain d’image, caméra qui tremble, tout cela semble fonctionner à merveille. Mais quand l’intrigue bouge, le film prend un virage à 180° et change quelque peu de direction.

La dernière demi-heure de film changera donc de direction, empruntant celle des légendes japonaises pure et dure. Le fantôme se dévoile, et ce n’est plus exactement ce que l’on connaît. Un nouveau personnage fera également son apparition, une nouvelle professeur, ayant le pouvoir de lutter contre les démons. Cette dernière partie, voulant pourtant plus traiter de fantômes classiques que de la fille aux cheveux longs, ne fonctionne jamais vraiment, la manière de lutter contre les fantômes étant certes, purement encrée dans les légendes japonaises, mais dans ce film, tout semble bien trop aisé par moment, malgré les trucs qu’utiliserons les esprits pour se jouer des différents personnages. Heureusement, cela n’arrête pas le réalisateur, qui va fournir de très belles images, notamment dans le final, dans l’annexe derrière l’école. Pari réussi pour le metteur en scène, un peu moins pour le scénario, mais Hanako reste une très bonne surprise.

NOTE: 13/20
En bref: Classique dans le fond, beaucoup moins dans la forme, Hanako se découpe en deux parties, fonctionnant plus ou moins bien, et se révèle bien stressant par moment.

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