Critique: Happiness of the Katakuris

Publié le par Rick Jacquet

HAPPINESS OF THE KATAKURIS

Happiness of the Katakuris
Titre original: Katakuri-ke no kôfuku
2001 - Japon
Genre: Comédie musicale
Réalisation: Takashi Miike
Musique: Kôji Makaino et Kôji Endo
Scénario: Kikumi Yamagishi
Avec Kenji Sawada, Keiko Matsuzaka, Shinji Takeda, Naomi Nishida et Tetsuro Tamba

Les Katakuris tiennent une auberge que l'isolement et le manque chronique d'hôtes menacent de fermeture... jusqu'au jour où des clients se présentent. Seulement voilà, le lendemain de leur arrivée, les Katakuris les retrouvent raides morts...

Happiness of the Katakuris… film culte pour tous les fans du cinéma de Takashi Miike, une véritable petite bombe qui met instantanément de bonne humeur. Et c’est là tout le talent du bonhomme avec ce film. Remake d’un film Coréen, The Quiet Family, Happiness of the Katakuris se démarque grandement de l’original. Miike à la réalisation oblige, le film traite des thèmes de la famille, et se permet de mélanger les genres avec aise. Animation, comédie, horreur, comédie musicale, drame. Miike, comme à ses habitudes, ne reculera devant pas grand-chose, avec le but unique de nous  fournir un divertissement de grande qualité, tout en développant des sujets intéressants et réussis, comme la vieillesse, l’importance de la famille et de la jeunesse. La famille est donc au centre du récit. Nous la suivons, cette famille Katakuris, composée du grand père, de l’oncle, Masayuki, d’une petite fille, de sa mère, Shizue, et surtout, plus important, le couple tête du film : Masao et Terue. Des personnages tous bien singulier et par moment, bien tarés. Le grand père envoi des buches sur les oiseaux, Masayuki aime collectionner les porte feuilles, Shizue tombe toujours amoureuse du mauvais garçon. Seule et Masao et Terue semblent normaux, ainsi que la petite fille. Normaux, en apparence. Puisque lors du début du film, après une séquence totalement délirante animée image par image, nous nous trouvons en face d’une famille un brin déprimée par l’absence de clients. Mais malgré tout, cette famille a bien une particularité : ils chantent quand des événements importants arrivent.

Bref, cette famille est au bord de la déprime, de la crise de nerf, mais certains ne se laissent pas abattre, notamment le grand-père, toujours déconneur et de bonne humeur. Et là, par une nuit d’orage, un client. Ils ne se doutent de rien, mais celui-ci, un brin désespéré, se suicidera avec… la clé de la chambre après avoir chanté ! Ils découvrent le corps le lendemain matin, en chantant ! C’est un drame, le père, Masao, est abattu. Son premier client meurt dans d’étranges circonstances. Si cela s’apprend, personne ne viendra ici. Une seule solution : l’enterrer, et oublier cette histoire. Là où Miike aurait pu faire un simple drame familial, il le dynamite de comédie, de non sens, d’absurdité, et cela passe avec facilité, avec bonheur comme dirait le titre. A côté de la dissimulation de ce cadavre, Shizue est en ville, avec sa fille, et rencontre un homme, Richard. Et comme à son habitude, elle tombera amoureuse de celui qu’il ne faut pas. Richard se fait passer pour un pilote de l’US Air Force, en mission. En réalité, un charlatan, ne s’intéressant qu’à l’argent. Shizue sera aveuglée, mais le grand père, comme l’homme sage du film, comme le prouve une des chansons finale du film, ne se laissera pas avoir. Mais l’intrigue ne se limitera pas à ça, puisque d’autres clients vont arriver… et périr. Les cadavres vont se multiplier, et tous être enterrés. En plus de cela, un volcan menace d’entrer en éruption, et un tueur arrive dans leur auberge.

Ceci dit, résumer Happiness of the Katakuris à cela ne serait pas juste, tant l’œuvre est dense, intéressante, et délirante. La direction artistique, les prises de vues, certains plans, tout cela concorde à merveille avec l’esprit du film, que ce soit sur les prises de vues réelles ou en animation image par image avec des personnages de patte à modeler. Le délire a beau être par moment total, avec des zombies dansant et chantant, les personnages tout comme l’univers qui les entoure n’en reste pas moins très attachant, en nous donnant une belle leçon, une belle morale sur la vie humaine, tant dans ses avantages que ces inconvénients. Happiness of the Katakuris est donc une œuvre juste, qui fait sourire, s’interroger, qui ne laisse pas indifférent, et si par chance, l’œuvre touche le spectateur, c’est le bonheur.

NOTE: 18/20
En bref: C’est le bonheur !

Publié dans Critiques

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