Critique: HatsuKoi

Publié le par Rick Jacquet

HATSU-KOI - FIRST LOVE

Hatsukoi
2006 - Japon
Genre: Drame
Réalisation: Yukinari Hanawa
Musique: Sadayoshi Okamoto et Yosuke Sato
Scénario: Yukinari Hanawa, Harumi Ichikawa et Tetsuro Kamogawa d'après le roman de Misuzu Nakahara
Avec Aoi Miyazaki, Keisuke Koide, Masaru Miyazaki, Rena Komine et Tasuku Emoto

En 1967, Misuzu, jeune lycéenne solitaire dont le père est décédé et la mère disparue, vit chez son oncle et sa tante, mais cette vie ne lui convient pas. Elle décide alors de rejoindre son frère, un jeune traînant la nuit dans un club avec plusieurs amis pour faire la fête et protester dans des manifestations. Rapidement acceptée au sein du groupe, elle est tout d’abord intriguée par l’un de ses membres, Kishi, un jeune taciturne au comportement étrange et distant du reste du groupe. Ils commencent peu à peu à se rapprocher l’un de l’autre, alors qu’un jour Kishi lui demande de l’aider dans l’accomplissement d’un vol mûrement préparé, le vol de 300 millions de yens.

Hatsu-koi est un mot bien connut dans la langue japonaise, souvent utilisé, et utilisé également dans le titre de plusieurs longs métrages. Hatsu-Koi, cela signifie premier amour. Les longs métrages ou les séries sont très nombreuses sur ce thème là bas, tant par grâce (ou à cause) de l’insertion dans la culture que du gage de succès qu’une pareille histoire représente. Ainsi, tout finit par se ressembler, et le tout manque beaucoup d’originalité. Mais le film ici présent (à ne pas confondre avec un autre film du même nom datant de 2005) va tenter de développer une autre histoire en parallèle, pour la bonne et simple raison que le cœur de l’histoire ne se situe pas dans ce premier amour, mais dans un vol. Un vol célèbre au Japon, de 300 millions de yens. Son auteur, Misuzu Nakahara, aurait avouée quelques temps après avoir participé à ce vol, mais encore aujourd’hui, nous ne sommes certain de rien. Le film va nous raconter l’histoire de cette jeune femme dans les années 60, période de crise au Japon. Le film se découpe clairement en deux parties. Nous faisons dés le départ la connaissance de Misuzu, jeune fille solitaire, seule, âgée au départ de 16 ans, le film débutant en 1967. Elle n’apprécie vraiment pas sa vie familiale chez son oncle et reste dehors tard le soir. Elle finira par retrouver son frère, qui était partit avec son père à la mort de leur mère, dans un Jazz Kissa (bar diffusant de la musique Jazz). Elle qui était si seule, va parvenir très rapidement à se faire accepter par Ryo et sa bande, ce qui ne la changera pas vraiment intérieurement, la fille restant toujours aussi silencieuse.

En quelque sorte, même si le film ne traite absolument pas de ce sujet, nous nous retrouvons devant un problème de société classique, où les jeunes doivent appartenir à une bande, à un groupe, pour se sentir véritablement bien. Malgré son silence, Misuzu se sent bien parmi eux, puisqu’elle reviendra tous les soirs dans le bar, pour les entendre boire, discuter. Ensembles, ils assisteront à des pièces de théâtres, et participeront à des manifestations. La fin des années 60 n’était pas une bonne époque pour le Japon, les manifestations se terminant souvent mal, la police passant les jeunes à tabac. Ce qui finira par arriver à la bande, qui va se dessouder petit à petit après cet évènement. Certains en sortiront handicapés, d’autres vont quitter la bande pour se marier, pas forcément avec joie, et peu de gens resteront. Même Ryo, le frère de Misuzu, finira par partir. Seuls Kishi va rester, et va alors proposer à Misuzu de l’aider dans un vol, le fameux vol bien connu de 300 millions de yens, qui aura nécessité pas moins de 7 ans d’enquête, pour n’arriver finalement à aucun résultat. Ne pouvant compter que l’un sur l’autre, ils vont préparer ensembles ce coup bien préparé, prévu pour le 10 décembre. Leur amitié va évoluer dés lors qu’ils passeront le plus clair de leur temps ensembles. Tout cela n’a rien d’exceptionnel dis sur le papier, l’histoire semble plutôt banale, mais la reconstitution de l’époque et de son ambiance à l’image fonctionne plutôt bien.

Mais heureusement, le film a un atout de plus dans sa poche, en la présence de Aoi Miyazaki dans le rôle principal, jouant son rôle avec détermination. Le réalisateur l’a bien compri, et c’est ainsi qu’il s’occupera finalement bien peu du fond historique et politique de l’œuvre, comme pour rester finalement neutre, et se focaliser sur cette jeune fille, qui va apprendre à connaître Kishi lors de la préparation du braquage, et pour se faire, va apprendre beaucoup plus sur la vie. Comme on le sait, le fameux casse de 300 millions de yens va fonctionner, et c’est là qu’on peut véritablement se poser des questions sur la véracité du casse en question, de l’implication du personnage de Misuzu, tant tout cela semble bien trop simple pour être vrai. L’atout du film, son véritable sujet, joue donc en sa défaveur, tant la voie optée est celle de la facilité. Fort heureusement, la dernière demi-heure rattrapera quelque peu les défauts de l’œuvre, avec la richesse des personnages, leurs évolutions, leur relation se renforçant, leur permettant de partager de multiples souvenirs, qu’ils soient heureux, ou non.

NOTE: 13/20
En bref: On a du mal à croire à cette histoire censée vrai, à cause de sa trop grande facilité, mais la description du personnage principal, Misuzu, fonctionne à merveille grâce à l’interprétation de Aoi Miyazaki. Le film tient entièrement sur ses épaules tant le vol, le contexte historique et politique semblent mis de côté.

Publié dans Critiques

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