Critique: Hellraiser

Publié le par Rick Jacquet

HELLRAISER: LE PACTE

Hellraiser: le pacte
Titre original: Hellraiser
1987 - Angleterre
Sortie française le 24 Février 1988, interdit aux moins de 12 ans
Budget: 1 million $
Genre: Horreur
Réalisation: Clive Barker
Musique: Christopher Young
Scénario: Clive Barker
Avec Ashley Lawrence, Andrew Robinson, Doug Bradley, Clare Higgins, Sean Chapman


Larry et Julia emménagent dans la maison de l'oncle Franck, qui a disparu il y a 10 ans. En fait, il a ouvert les portes de l'enfer et il est mort. Mais Larry s'écorche et le sang qui coule au sol permet à Franck de revivre. Il a besoin de plus de sang pour se reconstituer. Julia va l'aider mais Kirsty, la fille de Larry, va remarquer les actes bizarres de Julia.

Un très bon film, sans aucun doute le meilleur de la série. Tout d'abord parce qu'il s'agît de l'épisode qui impose les règles et la mythologie, mais aussi parce qu'il s'agît de celui où l'ambiance glauque fonctionne le mieux. En effet, il n'est pas rare que le film parvienne à mettre mal à l'aise le spectateur au détour de quelques séquences parfaitement maîtrisées. On peut donc dire que pour un premier film, Clive Barker assure comme un maître.

Il est vrai que pour ce qui est des ambiances, ou même de la direction d'acteurs, Barker assure. Il réussira à nouveau son coup avec Cabal et Le maître des illusions, mais aucun de ses deux films n'atteindra l'ambiance visuelle, ni la mythologie de ce premier film de la longue série des Hellraiser. Puisque je disais qu'il s'en sortait dans la direction d'acteur, on peut dire que la plupart des acteurs sont bien dans leur rôle. Andrew Robinson joue très bien le père de famille, même si son personnage n'est pas vraiment très travaillé, du moins dans le film. Le couple star du film, c'est à dire Julia et le macchabée Franck, sont joués à la perfection. Clare Higgins tue des hommes pour faire revivre son amant, elle a donc un motif pour tous les actes atroces qu'elle va commettre. Un très bon point, car si ces personnages sont méchants, le fait qu'elle ai un motif disons "sérieux" motive à suivre l'histoire, plus que celle d'un vulgaire Vendredi 13. Doug Bradley, très peu présent dans ce film, marque néanmoins le film de son empreinte, et devient incontournable pour la série, un peu trop dans certains épisodes d'ailleurs. Ses apparitions tardent à arriver, et on ne retiendra de lui dans cet épisode que d'un personnage très mystérieux, mélange de douleur et de plaisir, tous comme les thèmes récurrents du film. Les autres monstres, appelés cénobites, sont aussi très représentatifs de ces thèmes. Leur design marque le film par un aspect très sadomasochiste convenant bien finalement à l'idée de désir et de souffrance. Ashley Lawrence, qui tient ici son tout premier rôle, est excellente, son interprétation est sincère, et de plus, elle possède une beauté très simple, naturelle. Bref, une actrice pleine de talent, en tout cas quand elle est correctement dirigée. Elle a depuis, outre certaines suites de Hellraiser, jouée dans le triste et nullissime Warlock 3.

Avec des thèmes comme la souffrance et le plaisir simultanés, on pouvait s'attendre à de très nombreuses séquences gore, et c'est le cas ici. C'est très appréciable, d'autant plus que la plupart de ces scènes sont très bien faite, comme la reconstitution de Franck, qui doit se nourrir de sang pour se reconstituer et survivre, façon de revenir à la vie faisant penser au mythe du vampirisme, mais en plus violent et dérisoire. Le look des cénobites est lui aussi sanglant, leurs costumes laissent apparaître la chair. Bref, vous l'aurez comprit, le film est gore, met à l'aise. Vous me direz alors pourquoi regarder un film s'il met mal à l'aise à ce point ? Hellraiser est une expérience, qui comme le dit Franck dans le film en parlant de l'ouverture de la boite, et ainsi des portes menant à l'enfer, c'est une expérience au delà des limites. Le film ne recule devant rien, les effets gore sont saisissants, les scènes érotiques mettent mal à l'aise, le suspense se fait ressentir lorsque les personnages se cachent pour échapper à leurs poursuivants.

NOTE: 20/20
En bref: Hellraiser est donc un film déroutant, profondément original, choquant, mythologique, et allant au bout de ses idées, ce que le cinéma de genre a du mal à faire de nos jours. Un film culte à mes yeux, et un chef d'oeuvre de cinéma.

Publié dans Critiques

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