Critique: Hellraiser Revelations

Publié le par Rick Jacquet

HELLRAISER REVELATIONS

Hellraiser: Revelations
2011 – Etats Unis
Sortie américaine le 18 Octobre 2011
Genre: Fantastique
Budget : 300 000 $
Réalisation: Vicor Garcia
Musique: Frederick Wiedmann
Scénario : Gary Tunnicliffe

Avec Stephan Smith Collins, Devon Sorvari, Steven Brand, Sebastien Roberts, Jay Gillespie et Nick Eversman

Nico et son ami Steven partent pour un petit voyage au Mexique, aux alentours de Tijuana. Tout aurait pu être pour le mieux, mais ils se retrouvent rapidement avec une mystérieuse boite. En l’ouvrant, Nico amène les cénobites, et en particulier Pinhead. Steven parvient à s’enfuir et à retrouver sa famille. Ils vont rapidement découvrir tout ce qui se cache dans ce voyage au Mexique, un voyage au-delà de la plaisir et de la souffrance.

Avec ce résumé, si bien écrit (faut se vanter de temps en temps), vous avez presque l’impression que je parle d’un bon film n’est ce pas ? Malheureusement, il faut vite redescendre sur Terre, et ce nouvel (oui, le neuvième tout de même) opus de la saga Hellraiser nous montre en quelques secondes ce qu’il n’a pas dans le ventre. Comme si tout dans ce film avait été fait pour nous dégoûter, enterrer la franchise encore plus bas, et donner l’envie de vomir à Clive Barker, créateur de la saga et réalisateur du premier opus. Petit rappel pour ceux du fond qui n’écoutent pas et ne connaissent pas la saga. En 1987 débarque Hellraiser, premier film de Clive Barker, l’écrivain. Le film cartonne et devient culte. Perdu entre Halloween 237 et Vendredi 13 chapitre 459, le film est original, malsain, prenant. A peine un an après, une suite débarque, avec Barker à la production, Tony Randell à la réalisation (Ticks) et Peter Atkins (Wishmaster) au scénario. Une suite logique et réussie au premier film. Le drame survint directement ensuite, la franchise, Anglaise, passe entre les mains de Dimension Films. Un troisième métrage voit le jour en 1992, réalisé par Anthony Hickox (Warlock 2, Waxwork 1 et 2). Une honte et un carnage de la franchise. Dimension continuera et persistera en 1996 avec un Hellraiser Bloodline, dernier épisode de la saga à être distribué au cinéma. Episode maudit renié par son (ses) réalisateur(s), pourtant plus palpitant que le précédent grâce à sa première partie. Les années 2000, la saga fonce dans l’univers du direct to vidéo, avec tout d’abord Hellraiser Inferno, très joliment réalisé, mais au scénario trahissant totalement l’esprit d’Hellraiser. Puis Rick Bota prend la barre et réalise trois opus d’affilé. Le sympathique (oui, on n’espérait plus) Hellseeker, puis les immondes bouses que sont Hellraiser Deader et Hellraiser Hellworld. 6 ans sont passés, on espérait ne plus entendre parler de la saga Hellraiser, malgré l’annonce toujours repoussée d’un remake du premier film, et voilà que débarque un nouvel opus DTV. Premier constat avant même de débuter la vision de l’objet : budget ridicule et plus de Doug Bradley dans le rôle du fameux Pinhead. La saga perd donc en quelque sorte son seul et unique intérêt depuis bien longtemps, même si celui-ci devenait également très faible.

Autant dire que même pour le fan hardcore, ce nouvel opus avait très peu de chance de fonctionner. Et au lancement du métrage, on se dit bel et bien que oui, le réalisateur, le scénariste, le nouvel acteur, le compositeur, le producteur, bref, que personne n’a rien compris à l’esprit d’Hellraiser. Plus les minutes avancent, plus cette impression nous poursuit, au fur et à mesure des pénibles minutes, alors que le métrage ne dure à peine qu’une heure et 15 minutes. Dès le début, on comprend que tout ce qui faisait l’originalité d’Hellraiser n’est plus. Terminé les personnages dérangés, les scènes de sexe malsaines, l’ambiance travaillée. Non, ici, c’est du pur DTV fauché tourné avec les pieds et écris avec la bi** … Passons. On se retrouve dans un premier temps à suivre deux petits cons, je veux dire, jeunes, qui ne pensent qu’au sexe et se font donc un petit voyage au Mexique. Personnages stéréotypés, détestables et sans saveur, voilà donc le programme. Pour rendre le tout encore plus détestable, l’équipe a eu la bonne idée (et aussi parce que ça réduit les coûts de production) de tourner toute la première partie du métrage en caméra embarquée. Après REC, après Diary of the Dead, Cloverfield, tout le monde y passe. Bientôt Halloween et Vendredi 13 en caméra embarquée. L’image est donc souvent dégueulasse, dans un numérique peu… non en fait, pas du tout travaillé, la photographie est moche, les acteurs jouent ou surjouent comme des huitres. Tout un programme qui ne s’achève pas là. Si par manque de budget, le Mexique se limite à une rue, un bar et une chambre d’hôtel, dés que l’histoire retourne aux Etats Unis, c’est pour rester entre 4 murs, dans une grande maison. Nos deux personnages partis au Mexique ont disparus, la famille est en possession d’une caméra avec leurs bandes (et donc, l’ouverture d’une boite, l’apparition de Pinhead). Et bien entendu, l’un des jeunes réapparaît. Quelques secondes seulement après, quiconque ayant vu le premier métrage devinera déjà à l’avance la fin du métrage, et les points importants de l’histoire. En effet, le scénariste reprend point par point les éléments importants de l’intrigue du premier film, sans pour autant comprendre pourquoi cela fonctionnait, ce qui en faisant la force, et balance tout ça dans son histoire sans se poser trop de questions. Ainsi, coupons court à tout suspense, vu comment le film est de toute façon mauvais, on retrouvera le fameux clochard qui donne la boite, forcément, la boite en elle-même, les cénobites (outre Pinhead, on retrouvera le monstre aux dents qui claquent et les sœurs jumelles du 5ème opus), la personne s’échappant de l’enfer et ayant besoin de sang pour survivre.

S’il apportait des nouveautés intéressantes, on aurait sans doute été plus tolérant envers le résultat final, mais ce n’est pas le cas. Le film préfère s’enfoncer au fur et à mesure, trahissant l’univers et faisant crier les fans, et en continuant de réaliser son film n’importe comment. Pas ou peu de scènes marquantes, effets spécieux discrets (surtout présents dans le final), un nouveau cénobite raté. Pour le fan, le coup de grâce arrive lorsque le clochard tente de récupérer la boite et en viendra carrément à utiliser la force… Personnage trahi numéro un. Puis directement ensuite, Pinhead, joué par Stephan Smith Collins. Essayant de jouer comme Doug Bradley, avec mimiques, intonations de voix, il faut avouer que le résultat est plus comique qu’autre chose. Le maquillage ne semble absolument pas convenir à l’acteur, et chacune de ses apparitions (un poil plus nombreuses que dans les 4 films précédents) donnerait envie de continuer le film en accéléré. Après le final, quelques effets sanglants et une nouvelle apparition, on en reste au même point qu’avant la vision du film. La saga s’est bel et bien arrêtée depuis longtemps, en fait, en 1988, après la sortie du second opus. Bien triste constat, mais cependant, bien que trahissant l’univers, changeant d’acteur et étant filmé avec les pieds, cet opus parvient à être (tout est relatif) un poil supérieur à l’épisode précédent, qui transformait Pinhead en serial killer lors d’une soirée de jeunes. Au rythme ou vont les choses, Dimension serait capable de nous fournir un nouvel opus tourné pour deux fois moins dans les mois à venir…

 

+
-

Moins pire que Hellworld

Des pompages maladroits au premier film
Le nouvel interprète de Pinhead
La mise en scène

Le scénario

 

NOTE: 03/20
En bref: : Hellraiser épisode 9… il n’y a rien à voir.

Publié dans Critiques

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