Critique: Highlander 3

Publié le par Rick Jacquet

HIGHLANDER 3

Highlander 3
Titre original: Highlander 3: the sorcerer
1994 - Etats Unis
Budget: 26 millions $
Genre: Fantastique
Réalisation: Andy Morahan
Musique: J. Peter Robinson
Scénario: Paul Ohl et Brad Mirman
Avec Christophe Lambert, Mario Van Peebles, Deborah Kara Unger et Mako

Connor vit en paix avec son fils John à Marrakech, malgré son immortalité. Mais Connor n'est toujours pas le dernier des immortels et il va bientôt devoir affronter Kane, qui avait tué des siècles auparavant, un autre mentor de Connor, Nakano...

Après un second opus désastreux et peu rentable pour la production, même si l’œuvre a retrouvée ces quelques lettres de noblesses grâce à la version Renegade sortie en dvd, cela n’a pas stoppé les producteurs à lancer une série télévisée et un nouveau métrage. Pour ce Highlander 3, la direction optée par la production est totalement différente. Le second ayant été un douloureux souvenir, la prise de risque doit être minimum, et on se retrouve la plupart du temps en face d’un remake du premier opus, ce qui sera qualifié comme d’un retour aux sources. Si cela fait en effet plaisir, les situations ressemblent beaucoup au premier film, et si cela aurait pu passer, la qualité générale est bien inférieure et par moment, ça ne passe pas. Russell Mulcahy cède donc sa place à un autre metteur en scène, Andrew Moharan, réalisateur de clip également à la base. On y perd quelque peu au change, même si sa mise en scène n’est pas foncièrement mauvaise sur tous les points, puisqu’il prendra également peu de risques. Le principal problème viendra du scénario, même si celui ci tente, en reprenant la structure du premier opus, d’être une suite directe. Ainsi, après les événements du premier opus, Connor MacLeod est le dernier des immortels, il a gagné le prix. Quelques années ont passées, et si sa femme est morte, il vit à présent à Marrakesh avec son fils adoptif. Seulement un immortel est resté en vie, autre que lui, Kane, joué par un Mario Van Peebles à côté de la plaque, surjouant totalement son rôle. Certes, il se fait plaisir, mais non, ça ne fonctionne pas, et oui, c’est parfois ridicule. Si les explications sont minces, pourquoi pas, si le spectacle proposé est d’honnête facture. Mais ce n’est pas le cas encore une fois.

Suivant à la lettre la structure narrative imposée par le premier métrage, nous suivons Connor dans sa lutte pour être le dernier, car il ne peut en rester qu’un. Dans le métrage original, il était guidé par Ramirez (Sean Connery, excellent) et devait affronter le Kurgan. Ici, il a été entrainé par Nakano, un japonais vivant dans des montagnes, un immortel puissant possédant un pouvoir d’illusion (une nouveauté intéressante, mais finalement exploitée parfois à des fins débiles), qui sera vite vaincu par Kane. Les producteurs ayant bien compris que l’un des éléments clés du premier film était l’histoire d’amour, et après l’avoir retenté et raté dans le second opus, nous en remettent une couche ici, en collant au maximum au premier opus. Nous aurons donc encore une fois droit à des flashbacks sur l’histoire d’amour entre Connor et Sarah cette fois, et de nos jours, Connor va à nouveau se laisser tenter par une nouvelle femme, Alex. La petite nouveauté viendra du fait que Sarah et Alex se ressemblent comme deux gouttes d’eau (normal, c’est la même actrice aussi). Connor sera une nouvelle fois également poursuivis par la police pour une série de décapitations. Même si la structure est identique au premier opus, Highlander 3 se permettra quelques ajouts (encore heureux dans un sens). Parfois, ça passe, et parfois ça ne passe pas du tout. Quelques nouveaux personnages font donc leurs apparitions, et en général, ils ne sont pas des plus intéressants. Outre Kane le grand méchant, qui pêche surtout par l’interprétation de Mario Van Peebles (Full eclipse, ça cassait déjà pas des brisques, et Deux doigts sur la gâchette déjà avec Lambert non plus), Nakano est très rapidement viré du métrage, bien trop facilement d’ailleurs, Alex (Deborah Kara Unger, vue dans le peu intéressant Crash de Cronenberg ou dans le très bon Silent Hill), la nouvelle petite amie de Connor, semble un peu froide et son rôle creux. Mais ne boudons pas tout, puisque certains éléments sont très intéressants.

Le fait que Connor ait un fils, John, est un des bons points du métrage, qui pourra servir d’appât, même si une nouvelle fois, cela nous ramène beaucoup au premier opus, avec une scène similaire en voiture. Les pouvoirs que Kane hérite en début de métrage de Nakano sont parfois très utiles, puisqu’il s’agît du pouvoir d’illusion. Cela lui permet de se faire passer pour d’autres personnes pour tromper Connor, ou bien d’autres choses encore. Malheureusement, Kane se servira de cela pour beaucoup de choses inutiles, comme pour voler les lunettes d’un gars dans la rue, ou ce genre de choses. Niveau scénario, si les grandes lignes et les situations proviennent du premier opus, certains points restent dans l’ombre, donnant un air superficiel à certaines situations. Pourtant, Highlander 3 est rythmé, mais à force de ne pas expliquer certaines choses, la crédibilité du film s’en voit touchée. Au niveau de la mise en scène, c’est plutôt mitigé. Si on peut noter par ci par là certaines bonnes idées, de bons cadrages, ou tout simplement une certaine maitrise lors de certaines scènes, l’ensemble parait un peu superficiel. Les combats, qui bien qu’assez daté dans le premier opus, mais détenant toujours un petit quelque chose, semblent bâclés ici. Rien ne sortira du lot, et ce n’est pas les acteurs qui vont arranger les choses, Christophe Lambert semblant ici fatigué et en faisant le minimum (comme sur la plupart de ses films après Highlander premier du nom en fait). Mise en scène ou scénario, tout est classique et déjà vu, et pas aidé par l’interprétation. Musicalement, c’est un peu la même, en ayant les mêmes ambitions que le premier opus, la pillule est plus dure à avaler. Ce n’est plus Queen et Michael Kamen à la musique, mais J. Peter Robinson (Critters 3, Phantoms) qui compose, et ça se ressent. Notons tout de même un magnifique morceau lors de certains passages (Bonnie Portmore de Loreena McKennitt). Bien peu. Au final, Highlander 3 est un divertissement classique, qui cherche trop à copier le premier opus pour justifier son retour aux sources, et c’est dommage, puisque s’il n’aurait jamais été un grand film, il divertit et est doté de bons effets visuels.

NOTE: 08/20
En bref: Sorte du remake du premier film, avec de l’humour involontaire en plus et des acteurs parfois en roue libre, et sans l’émotion et la force du premier opus, Highlander 3 se laisse regarder, mais la saga continue de plonger vers le bas.

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