Critique: Highlander

Publié le par Rick Jacquet

HIGHLANDER

Highlander
1986 - Etats Unis
Budget: 16 millions $
Genre: Fantastique
Réalisation: Russell Mulcahy
Musique: Queen et Michael Kamen
Scénario: Gregory Wilden et Peter Bellwood
Avec Christophe Lambert, Sean Connery, Roxanne Hart, Clancy Brown et Alan North


Connor MacLeod est un immortel. Mais il n'est pas le seul à détenir ce "don" que Connor vit plus comme une malédiction puisqu'il est condamné à voir mourir ceux qui l'entourent. Un autre immortel, le Kurgan, qui a déjà croisé la route de Connor, est bien décidé à être le dernier immortel sur Terre afin d'obtenir le mystérieux "Prix"...

1986. Russell Mulcahy a réalisé deux ans plus tôt Razorback, petit bijou du cinéma fantastique qui mettait en scène un sanglier géant dans les décors désertiques de l’Australie. Réalisation stylisée et une sublime composition musicale faisaient du film un très bon moment. C’est après que pour beaucoup, Mulcahy signe le film de sa carrière avec Highlander. Film devenu plus que culte depuis et qui fut suivit par plusieurs suites de bien piètre qualité (même si la version Renegade de Highlander 2 ne s’en sort pas trop mal vu la version cinéma), Highlander traite de manière originale de l’immortalité. Ici, les immortels doivent se battre jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un. Ils ne peuvent mourir que si leur tête est tranchée. D’où ils viennent, on ne le saura pas. Ni le pourquoi du comment. Mais ce n’est pas grave, puisqu’en essayant de répondre à ces questions, le second film se casse la gueule. Highlander se passe d’explications inutiles, et surtout, fonctionne tout seul. Comme le fameux dialogue qui aura marqué les spectateurs, « Il ne peut en rester qu’un », si vous ne deviez voir qu’un seul opus de cette saga en comptant cinq, ce serait celui là. Si Highlander fonctionne alors qu’il faut le dire, le film a plus de vingt ans et que certains effets paraissent bien dépassés, c’est grâce à la combinaison de plusieurs éléments. Tout d’abord, le scénario et ses personnages. Comme dit plus haut, celui ci aborde le thème de l’immortalité sous un angle nouveau, avec une pointe de romantisme. Nous suivons les aventures de Connor MacLeod, immortel depuis plus de cinq siècles, qui fut bannit de son clan lorsqu’il revint d’un combat quasiment mort et retrouva toute sa force le jour suivant. Si l’immortalité permet de traverser les époques, de vivre des expériences diverses, parfois merveilleuses (les grands moments de l’histoire) mais également déprimantes (les guerres), elle a ses mauvais côtés. Notamment le fait de voir les personnes que l’on apprécie vieillir et mourir. Mais ici, ce n’est pas le seul prix à payer, puisque les différents immortels doivent s’affronter et se trancher la tête jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un. Certains immortels ne le font qu’en cas de nécessité, pour se défendre, tandis que d’autres, beaucoup moins amicaux, tuent par plaisir afin de gagner le prix qui sera décerné au dernier immortel. Ainsi, Connor, après avoir été bannit de son village, se retrouve vivant à la campagne avec sa femme, jusqu’à l’arrivée de Ramirez, qui sera son mentor. Il va lui apprendre à maîtriser ses dons, à se battre à l’épée. Du côté des méchants, on trouve le Kurgan, gros tas de muscles bête et méchant que l’on n’aimerait pas croiser dans la rue.

Les personnages sont attachants, l’histoire alternant combats stylisés à l’épée et moment plus romantique se suit très bien. Maintenant, pour rendre le tout crédible, il faut déjà de bons acteurs. Dans le rôle mythique de Connor, on trouve notre Christophe Lambert national bien avant qu’il ne tourne dans toute une série de nanars où il ressortira son fameux rire à chaque fois. Il livre ici une de ses interprétations les plus justes et sincères. Il rend son personnage et ses péripéties tout à fait attachantes. Grâce à l’histoire simple et à son jeu d’acteurs, certaines scènes s’avèrent fort réussite et dramatiques. Son mentor, Ramirez, est joué par Sean Connery, et rien à ajouter, rien que par sa présence, il a la classe. Il entraînera Connor non sans humour, et son personnage est tout aussi attachant, car plus mature et ayant une plus grande expérience de la vie au moment où il rencontre Connor dans les années 1500. Rien de véritablement extraordinaire au niveau des autres personnages, les acteurs s’en sortent bien, même si le scénario tend vers la facilité pour certains d’entre eux (le gars ancien marines avec son lot de mitrailleuses dans sa voiture ou les autres immortels dont on n’apprendra pas grand chose). Pour ce qui concerne la bande son, on retrouve le groupe Queen (la musique d’ouverture deviendra le thème de la série télé des années 90). Certains morceaux collent parfaitement à l’ambiance du métrage, comme la musique d’ouverture, ou « Who wants to live forever ». Elles complètent parfaitement les images du film et le ressenti des personnages. Pour les scènes d’action et le reste, la musique sera signée par Michael Kamen, à qui l’on doit les musiques de la série des Arme Fatale, des Die Hard ou encore de Event Horizon, le seul véritable bon film de Paul Anderson, qui a d’ailleurs écrit et produit le dernier film de Mulcahy, Resident Evil 3.

Avec tous ces ingrédients réunis, il fallait maintenant une mise en scène à la hauteur des ambitions de ce projet, et c’est donc Russell Mulcahy qui s’y colle, après le succès de Razorback. Le monsieur conserve certains de ces tics de réalisation assez clipesque, mais le tout passe très bien, certaines scènes sont plongées dans une ambiance bleutée rappelant son Razorback, le jeu de couleur est bien rendu, et les scènes de combats sont filmées avec dynamisme (même si les combats sont un peu dépassés maintenant), et surtout, le tout s’avère cohérent et compréhensible (comparé par exemple à Michael Bay lorsqu’il fait un film d’action). Mulcahy aime la technologie et nous le fait savoir dés l’ouverture de son film en filmant un match de catch avec des plans de caméra innovants. Sa mise en scène aura souvent été copiée par la suite, et on peut aisément dire que Highlander constitue son dernier grand exploit (et seulement second) à la mise en scène, tant le reste de sa carrière tant vers le nanar (voir navet), avec parfois un film potable se baladant parmi le reste. Highlander n’est pas pour autant un film parfait, déjà parce qu’il a prit un petit coup de vieux, certains passages peuvent s’avérer très daté, et certains personnages n’apportent pas grand chose, tout comme certains passages. Mais le film reste encore un film culte, film de base d’une saga qui n’a fait que plonger dans les bas fonds de la bêtise (qui aurait cru un jour qu’il était possible de faire pire que Highlander end game ? C’est chose faite avec le cinquième opus). Un très bon divertissement.

NOTE: 16/20
En bref: Un premier opus intéressant, émouvant et bien réalisé. Lambert trouve son meilleur rôle,  le tout est stylisé et la musique complète parfaitement l’œuvre.

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