Critique: Histeria

Publié le par Rick Jacquet

HISTERIA

Histeria
Titre original: Histeria
2008 - Malaisie
Genre: Fantastique
Réalisation: James Lee
Musique: Nurzaidi Bin Abd Rahman
Scénario: Amri Rohayat
Avec Liyana Jasmay, Ramli Hassan, Vanida Imran et Ako Mustapha


Mumi est la seule survivante d’un groupe de jeunes filles retrouvé mortes dans le dortoir d’une école durant les vacances. La police croit que Mumi est la responsable. Un policier et un médecin l’interrogent, et Mumi va lui raconter les évènements qui ont eu lieu après qu’elle et ses amies aient invoqué un démon.

Chaque pays d’Asie s’essaye aux films avec des apparitions de fantômes, parfois en essayant de dévier un peu en changeant la femme aux cheveux longs en monstre, mais la construction du récit et les effets faciles restent toujours les mêmes. Il y avait eu Singapour avec le raté The Maid, et c’est maintenant au tour de la Malaisie, avec ce Histeria. Film qui apparemment aurait cartonné en Malaisie, mais qui passe totalement inaperçu ailleurs. Car il faut bien l’avouer, le métrage ne propose rien de novateur, rien de nouveau, ni rien d’exceptionnel, mais reste emballé avec suffisamment de sérieux pour divertir le temps d’une soirée. Au début du film, nous retrouvons Mumi, interrogée par la police après avoir passée un examen médical. En effet, elle est la seule survivante d’un massacre. Elle va donc nous raconter son histoire, et hop, nous voilà revenu quelques jours plus tôt. Mumi et ses amies font parties d’une école pour fille assez stricte, et après avoir fait plusieurs bêtises, elles se retrouvent de corvée pour le weekend. Elles doivent en effet rester dans l’ancien dortoir de l’institution et le nettoyer.  Bien entendu, dortoir glauque, peu éclairé, et les jeunes filles sont un peu écervelées. L’une d’entre elle pense d’ailleurs à faire venir dans l’école pour une soirée son petit ami. C’est pas beau l’amour ? Pour les surveiller, un professeur reste avec elles, et une nouvelle élève vient également les rejoindre. Notre huit clos horrifique peut commencer. Et on sait déjà à quoi s’attendre, tant toutes les ficelles du genre ont déjà été épuisées depuis longtemps. Et c’est bien le soucis, c’est que Histeria ne va pas chercher à les contourner ou à innover, mais va suivre son petit bonhomme de chemin sans se soucier du reste. Pour autant, le film n’a pas à en rougir.

Mais ici, point de fantôme aux cheveux longs. Non, après tout, le casting est déjà quasiment constitué de filles aux longs cheveux noirs. Il y aura bien entendu un professeur et également le jardinier, mais leur rôle reste limité. Ici, le monstre du film est un vrai monstre. Une sorte de monstre difforme armé de pas mal de dents qui n’obéit qu’à un seul et unique maître, et qui va se faire un malin plaisir de bouffer le casting. Rien de bien folichon comme ça sur papier, mais à l’écran, un réel soin a été apporté à la bête, que l’on verra finalement assez peu. La majeure partie du temps, il s’agira d’une vue subjective, d’une silhouette floue, d’un souffle dans la forêt, d’une ombre. Lorsqu’on le voit finalement à l’écran, on ne sait pas vraiment de quoi il s’agît. Un homme en costume sombre sans doute. Plus sérieusement, le film montre assez peu la bête ce qui la rend assez crédible, et il fallait bien ça à un film de monstre. Car si un monstre dans une école aurait pu apporter quelque chose, il n’en est rien, et on suit nos stupides personnages tenter de s’échapper pendant plus d’une heure, sans y parvenir, se faisant tuer les unes après les autres. Tout est prévisible dans le métrage, et on a parfois l’impression de se retrouver devant un bête slasher des années 80. Même sans le prologue du film nous montrant Mumi survivante, on se serait douté dès les premiers instants qu’elle sera la survivante, tant elle semble différente de ses amies, ou du moins plus sage.

Heureusement, le film bénéficie d’une bonne mise en scène et d’une bonne ambiance en générale. Un certain soin a été apporté au métrage et cela fait plaisir à voir, surtout que les productions Malaisiennes sont plutôt rares. L’éclairage, le cadrage, la musique, tout a été peaufiné avec soin et professionnalisme dans un produit qui aurait pourtant pu être torché à tous les niveaux. On pourrait même dire que Histeria bénéficie d’un emballage trop sérieux pour la petite production horrifique dont il s’agît. Malgré le rythme bien géré, une ambiance prenante, une bonne mise en scène, un monstre assez réussi, on a pas grand chose à se mettre sous la dent, tant l’amateur de films de genre connaît par cœur les codes. On sait par avance qui va mourir en premier, qui survivra, à quel moment il pourra se passer tel ou tel événement. Seul le retournement de situation final pourra surprendre le spectateur, tant il paraît trop simpliste et apparaît sans prévenir et semble limite déplacé. Non pas qu’il ne soit pas crédible (quoi que…) mais après 1h20 de film classique, on aurait au moins espéré un final qui sorte quelque peu du lot. Mais non, jusqu’au bout, Histeria joue la carte du classique, sans vouloir s’en éloigner. Un film donc idéal si on n’est pas très regardant sur le spectacle qu’on nous propose, qui plaira sans doute bien plus à ceux qui découvrent ce genre de cinéma venu d’Asie, malgré des emprunts importants aux films d’horreur américains des années 80. Quand au titre, sa justification est vraiment minime et pas vraiment importante dans le déroulement de l’histoire.

 

+
-

Une bonne ambiance

Correctement emballé

Le monstre peu montré

Classique

Scénario peu développé

Rien de neuf

 

NOTE: 10/20
En bref: Un film d’horreur malaisien très classique, mais finalement bien mené et à l’ambiance travaillée.

Publié dans Critiques

Commenter cet article