Critique: Histoires de fantômes chinois 2

Publié le par Rick Jacquet

HISTOIRES DE FANTOMES CHINOIS 2

Histoires de fantômes chinois 2 
Titre original: Sinnui Yauman 2 
1990 - Hong Kong
Genre: Fantastique
Réalisation: Ching Siu Tung
Musique: Romeo Diaz et James Wong
Scénario: Kan Keito et Tai-Muk Lau
Avec Leslie Cheung, Wu Ma, Joey Wong, Michelle Reis et Jacky Cheung


Après les aventures du premier épisode, Ling, le jeune collecteur d'impôt retourne dans la ville. Malheureusement, il n'y a plus d'argent à collecter et la police le confonde avec un bandit. Il finit par aller en prison, où l'on doit l'exécuter. Il s'échappe, croise sur sa route un moine puissant et une jeune fille ressemblant comme deux gouttes d'eau au fantôme Li Siu See.

Histoires de fantômes chinois, en 1987, avait marqué les esprits. Le film eu le droit à une sortie internationale, chose plutôt rare à cette époque, et le succès était au rendez-vous. Il était donc fort probable de voir une suite débarquer sur les écrans, et il aura fallut attendre 1990 pour que ce soit possible (1992 en France). Mieux (ou pire suivant les points de vus), une autre suite verra le jour peu de temps après, encore suivie d’un dessin animé arrivant assez tardivement. Histoires de fantômes chinois 2 est donc une suite directe du premier opus, commençant pratiquement où le précédent s’arrêtait. Premier bon point, l’équipe reste la même, exception faite de l’équipe des effets spéciaux. Pour parvenir à plaire au public, le réalisateur et son producteur Tsui Hark reprennent tous les éléments du premier opus, une musique quasi identique, le même style visuel, mais se permettent de rajouter quelque chose de nouveau au récit : une dimension politique plus poussée. Rappelons que le premier, petit chef d’œuvre, mélangeait avec talent fantastique, comédie, romance, action et horreur. Le même cocktail va nous être proposé ici, mais certaines parties fonctionneront beaucoup moins bien que dans l’original, notamment le côté romance.

Quoi qu’il en soit, en début de métrage, Ling retourne au village près du temple où il séjournait, mais beaucoup de choses semblent avoir changée. Le village n’est plus aussi amical, étant à présent aux mains de voleurs et de tueurs. Quelques chasseurs sont toujours là, mais comme dans le premier opus, ils ne font que courir après quiconque dans le but d’amasser de l’argent pour la capture de tel ou tel criminel. Ling se retrouvera au milieu de tout cela, et sera arrêté et condamné suite à un mépris. Il est donc en prison, injustement, et l’heure de son exécution approche. Le moine du premier opus n’est plus là pour le sauver, il doit faire face à son destin. C’est après son évasion réussie que le métrage débutera réellement. Un autre moine se retrouvera sur son chemin, ayant des pouvoirs différents, et pour la plupart, comiques. Notre moine, Chi Chau, à le pouvoir de se balader sous terre, et surtout, grâce à une formule inscrite sur sa main, de figer ses adversaires. Contre leurs grés, ces deux personnages totalement différents, l’un sage et robuste, l’autre lâche et maladroit, font devoir faire route ensembles. C’est là que débarque la partie politique et intéressante du métrage, mais qui sera gâchée par plusieurs éléments.

Ils vont se lier à un groupe d’individus ayant pour but de délivrer leur père, enfermé suite à un malentendu de justice. Parmi eux, une jeune femme, Ching Fung, et sa sœur, Yuet Chi. Ling va être troublé par cette rencontre puisque Ching Fung va être le portrait craché de sa défunte bien aimée Li Siu See. Il va s’attacher à elle, tout en sachant qu’elle ne peut être sa réincarnation. Le film va alors tenter lors de certains passages de retrouver le romantisme du premier opus, en vain. Pour contrecarrer cela, et plaire au public en demandant toujours plus, le film va alors se lâcher dans la démesure visuelle. Plus d’action, plus de combats, plus d’effets spéciaux et plus de démons et fantômes. Et c’est là que le film déçoit, tout en restant agréable. En voulant en faire trop, Histoires de fantômes chinois 2 se casse la gueule tout seul, la faute à des effets spéciaux pas toujours d’un haut niveau. Si les combats au sabres possèdent un certain charme, comme dans le premier opus, on ne peut en dire de même des différents monstres peuplant le métrage. Dans une baptise hantée, Ling et Chi Chau vont se retrouver face à un monstre géant, et même pour l’époque, le résultat est kitch. Aujourd’hui, c’est encore pire, et seuls le comique de certaines situations lors de l’affrontement ainsi que la mise en scène viendront sauver ces séquences. Humour présent en permanence et sauvant d’ailleurs le métrage, ne se prenant pas au sérieux sur de nombreux points. Même le monstre final, censé impressionner, fais plus rire qu’autre chose.

Ce sera le cas pour la plupart des effets du film. Dans sa démesure, le film se permettra également d’ajouter d’autres personnages en cours d’aventure afin de rendre l’œuvre plus dense et plus impressionnante, et de faire revenir assez tardivement le moine du premier opus. Mais étonnamment, malgré toute sa panelle de défauts, on ne pourra s’empêcher de trouver ce second opus plutôt attachant, retrouvant une partie des ingrédients du premier opus, le personnage de Ling, si attachant de par sa maladresse et la beauté de Joey Wong, bien que jouant un personnage totalement différent du premier film. Le film nous fera naviguer sans cesse entre grosse déception et l’envie de pardonner toutes ces erreurs grâce à la sincérité du propos et la bonne humeur générale.

 

NOTE: 11/20
En bref: Un film inégal, on ne retrouve jamais l’émotion et la poésie du premier opus, mais on passe juste un moment agréable gâché par des effets spéciaux kitch.

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