Critique: Histoires de fantômes chinois 3

Publié le par Rick Jacquet

HISTOIRES DE FANTOMES CHINOIS 3

Histoires de fantômes chinois 3
Titre original: Sinnui Yauman 3: do do do
1991 - Hong Kong
Genre: Fantastique
Réalisation: Ching Siu Tung
Musique: Romeo Diaz et James Wong
Scénario: Szeto Roy et Tsui Hark
Avec Tony Leung Chiu Wai, Joey Wang, Jacky Cheung, Shun Lau et Siu-Ming Lau


Perdu au cœur de la Chine, le Temple de l’Orchidée est un lieu maudit. Les rares voyageurs qui y ont pénétré ne sont jamais revenus. Deux moines poursuivis par des brigands s’y réfugient. Ils tombent entre les griffes de Lotus et de Jade, deux splendides femmes fantômes. Elles sont malheureusement obligées de fournir au Démon des Arbres sa ration de chair humaine.

A peine un an après le second opus, très décevant, et surtout raté au niveau des effets spéciaux et du traitement accordé à certains personnages, Histoires de fantômes chinois 3 débarque (avec, comme souvent, un peu de retard pour la France.) Cette fois ci, Tsui Hark, le producteur, s’avère moins présent, mais ce n’est pas pour autant qu’on change une formule qui gagne. L’équipe aura tout de même retenu certaines leçons du tournage du second opus, et certaines erreurs seront corrigées, mais cela ne sera pas suffisant pour apporter l’adhésion. Dés le départ, et cette impression sera renforcée au fur et à mesure de l’avancement du métrage, on a l’impression de se retrouver devant un remake du premier opus, avec un ton parodique poussé à l’extrême et la romance limite mise de côté. Pourtant, l’histoire, censée se dérouler 100 ans après le premier film, et reprenant ainsi le personnage de l’arbre démon aurait pu rajouter quelque chose de nouveau dans la trilogie, mais il n’en est rien, tant cet Histoires de fantômes chinois 3 joue la carte de la facilité et ne prend pas de risques. Au niveau des personnages, peu de nouveautés, nous nous retrouvons en présence de deux moines cette fois, histoire d’accentuer le côté religieux, mais les personnages ressemblent tout de même à ceux que l’on connaît. Un maître sage et son disciple maladroit. Le film se permettra de reprendre des scènes intégrales en plus de l’histoire, comme lorsqu’ils s’abriteront de la pluie et verront un carnage au sabre, avec giclées de sang et têtes coupées.

Le réalisateur aura beau tenter tout ce qu’il peut et diriger son film avec une grande rigueur, l’impression de déjà vu finit véritablement par gêner et ne nous donne que l’impression de voir un film purement commercial. Les ressemblances se feront également au niveau des acteurs, puisque Joey Wong revient encore une fois, jouant Lotus, un rôle tout à fait similaire, toujours une fantôme chargée de ramener des hommes au démon contre son gré qui va finir par tomber amoureuse du héros de l’histoire et le protéger du démon et de sa sœur qu’elle n’apprécie guère. Ce n’est pas tout puisque l’on retrouve également Jackie Cheung, qui jouait un taoïste dans le second opus, et revient ici jouer un autre rôle, de guerrier, différent cette fois ci, puisque ne pensant qu’à l’argent, le rapprochant ainsi plus des personnages de brigands et de chasseurs des deux opus précédents. Rien d’original donc, mais le film parvient à éviter certaines erreurs de son prédécesseur, en essayant de voir moins loin niveau effets spéciaux. Ainsi, pas de monstres géants façon milles pattes dans cet épisode, juste des fantômes, des combats, des envolées toujours aussi majestueuses. La qualité des effets spéciaux donne l’impression de voir un film plus abouti sur bien des points, d’autant plus que les décors et les costumes sont très soignés.

Outre ses scènes d’action admirablement mises en scène et l’univers graphique que l’on apprécie tant depuis le premier opus, on retrouve une histoire d’amour assez similaire au premier opus, sauf que le côté comique l’emporte sur le côté dramatique de la romance, mais tous les points importants sont là. On retrouve la scène où Lotus va cacher le moine de sa sœur (mais pas sous l’eau cette fois), les nombreuses envolées pour fuir le démon, ou encore le mariage forcée de Lotus au démon de la Montagne Noire. Tous les points importants sont là, et s’ils sont pris avec plus d’humour, comme lorsque Lotus embrasse le moine en prétextant qu’il est empoisonné et qu’elle doit lui sucer le poison hors du corps, ils fonctionnent beaucoup moins bien. Déjà parce que l’on a l’impression de voir un film que l’on connaît déjà, et ensuite parce que les personnages ont beaucoup moins de charismes que ceux des deux premiers films. La sauce ne prend pas, et c’est dommage vu le travail de mise en scène du film, et surtout Joey Wong, comme dans les deux premiers opus, absolument superbe. On peut dire qu’elle sauve en quelque sorte le film de l’oubli, mais n’empêche pas le film d’être une suite totalement inutile, bien que plaisante.

 

NOTE: 08/20
En bref: Un simple remake du premier opus, la comédie en plus, la romance en moins. On se lasse vite, seule la mise en scène et Joey Wong apportent de la fraîcheur.

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