Critique: Hitcher in the Dark

Publié le par Rick Jacquet

HITCHER IN THE DARK

Hitcher in the dark (Le voyageur de la peur)
Titre original: Paura nel buio
1989 - Italie
Genre : Thriller
Réalisation: Umberto Lenzi
Musique: Carlo Maria Cordio
Scénario: Olga Pehar d'après une histoire de Umberto Lenzi
Avec Joe Balogh, Josie Bissett, Jason Saucier, Robin Fox et Thomas Mitchell


Mark, un jeune homme perturbé depuis que sa mère l’a laissé tomber lorsqu’il avait 10 ans, erre au volant de son camping-car à la recherche de victimes pour assouvir ses fantasmes. Jusqu'au jour où il croise une jeune femme, Daniela, ressemblant étrangement à sa mère...

Après le sympathique Ghost house, produit par Joe D’Amato (bien qu’il ne fut pas crédité au générique), qui à la fin des années 80, produisait beaucoup de métrages de réalisateurs sur le déclin (Celui qui nous intéresse ici, Umberto Lenzi), Lenzi et D’Amato refont équipe afin de nous livrer un nouveau film de genre, avec le cocktail habituel : sexe et sang. Mais, bien que correctement emballé, ce nouveau métrage ne restera pas dans les anales, tout comme l’autre métrage réalisé par Lenzi la même année : Hell’s gate. Hitcher in the dark commence de manière bien classique mais plutôt prenante, de quoi nous livrer un bon métrage de genre, avec une bonne dose de sexe, de tortures, et de meurtres. On se rend bien vite compte que la direction optée est tout autre, malheureusement. Mark, dés le départ, traverse la région dans son camping-car afin de prendre des auto-stoppeuses. Quand il y parvient, cela se termine toujours de la même manière : les jeunes femmes, nues, sont égorgées, et il ne lui reste plus qu’à cacher les corps, que ce soit dans de vieilles carcasses de voitures, ou dans un étang fréquenté par des alligators. Mark sait ce qu’il doit faire, mais il n’a pas le profil du tueur en série, bien au contraire. Fils de riche, il souffre d’un traumatisme de jeunesse, depuis que sa mère est partie lorsqu’il avait 10 ans pour retourner dans son pays natal, la Russie. Son père, plongé dans les affaires (il gère une chaîne d’hôtels), ne fait pas du tout attention à lui, et s’en débarrasse en quelque sorte en lui donnant de l’argent et un camping car. Mark souffre du départ de sa mère, et le choix de ses victimes n’est donc pas innocent, puisqu’il cherche des femmes ressemblant à sa mère. Mark est extrêmement complexé, et à partir de cette base, le film commence, avec une première victime, qui finira égorgée puis jetée dans un étang.

Lenzi filme le tout avec sérieux, en professionnel, sans tenter d’en faire trop en y allant à fond sur les effets sanglants. Non, le tout reste très sobre, ce qui peut d’ailleurs surprendre aux premiers abords. Premier point noir, l’interprétation, de piètre qualité. Mark n’est pas du tout crédible, et fait plus rire qu’autre chose quand il s’énerve ou semble attiré par une de ses victimes. Les victimes ne feront pas de meilleur travail d’interprétation, l’ensemble nage dans la médiocrité absolue, ce qui aurait pu néanmoins passer dans une série B gore ne cherchant à faire rien d’autre que divertir. Mais Hitcher in the dark (ou Le voyageur de la peur dans son titre VHS de l’époque) choisira une autre voie, celle du thriller psychologue… et un poil trop long, et surtout lent. Après sa victime du début du métrage, Mark va tomber sur Daniela, et la prendre immédiatement en stop, et l’endormir. L’histoire va alors se découper en deux parties, avec d’un côté, Mark et Daniela dans le camping car, et de ‘autre le petit ami de Daniela qui va partir à sa recherche. Mais pendant toute la durée du métrage, jusqu’à son final, il ne se passera rien de véritablement passionnant, et Hitcher in the dark finit par ne ressembler qu’à un petit téléfilm bon pour passer en deuxième partie de soirée sur TF1. L’intrigue entre Daniela et Mark, qui reconnaît en elle sa mère qu’il a perdue, aurait pu être intéressante avec une bonne interprétation, mais ce n’est pas le cas, et le tout semble donc se traîner affreusement en longueur.

Lenzi refusera d’aller dans le gore gratuit, et son film en sera donc dénué. Lenzi veut faire un thriller avec un homme dérangé, et montrer sa relation étrange avec sa victime, mais il se plante par manque de rythme, et une mauvaise direction d’acteurs. Il tentera pourtant de dynamiser son récit, Daniela va tenter de s’enfuir plusieurs fois, va tenter plusieurs ruses auprès de son ravisseur, mais non, le spectateur ne se sent pas vraiment impliqué. Lenzi tente alors d’ajouter une touche de sexe au métrage, avec Mark photographiant Daniela nue sous tous les angles alors que celle ci est assoupie, mais encore une fois, cela ne fonctionne pas vraiment. Il faudra attendre une assez longue avancée de l’histoire et se rapprocher de la durée finale du métrage pour que les choses sérieuses commencent et que le film intéresse véritablement, que la tension commence véritablement à monter. Dommage que Lenzi loupe la coche pendant les trois quarts de son métrage, car il avait le potentiel de faire un thriller psychologique plutôt réussi, bien que banal sur bien des points. Au final, Hitcher in the dark restera dans la mauvaise partie de la filmographie de Lenzi, tout en étant bien loin de métrages ridicules tels que Hell’s gate. Peu passionnant, mais pas si mauvais sur de nombreux points, c’est ça qui rend le résultat final encore plus rageant.

 

NOTE: 05/20
En bref: Un film bien trop lent pour intéresser, dénué d’une quelconque tension les trois quarts du temps, se contentant d’aligner dialogues et scènes gentiment coquines. Le dernier quart d’heure accélérera le pas, un peu trop tard.

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