Critique: Hurlements 2

Publié le par Rick Jacquet

HURLEMENTS 2

Hurlements 2 
Titre original: Howling 2
1985 - Etats Unis 
Sortie française le 28 Août 1985 
Genre: Loup garous 
Réalisation: Philippe Mora 
Musique: Steve Parsons 
Scénario: Robert Sarno et Gary Brandner 
Avec Christopher Lee, Annie McEnroe, Reb Brown et Marsha A. Hunt


Hurlements 2, le fameux ! Nombreux sont ceux qui ont entendus parler des nombreuses suites au Hurlement de Joe Dante, sans en avoir vu un seul, mais en connaissant leur exécrable réputation. Quelques années après le succès que fut Hurlement, une suite est mise en chantier. Joe Dante ne rempile pas, et au vu du résultat, on peut vite comprendre les raisons. Peu importe, il sera remplacé pour les deux premières séquelles par Philipe Mora. Inconnu au bataillon, mais en fouillant un peu, le cinéphile verra que le bougre à l’air fort dans le domaine des nanars. Quoi qu’il en soit, avec Hurlements 2, sa réputation va commencer à se forger. Sans doute parce que le métrage EST le nanar ultime. On a beau avoir le grand souvenir des effets spéciaux du premier film en tête, rien n’y fait, dés les premiers instants, on se pose des questions sur le film que l’on regarde. L’introduction nous montre Christopher Lee parler à la caméra, avec le plus grand sérieux, un texte faisant bien rire. Chapeau à Lee d’ailleurs pour réussir à garder autant son sérieux durant tout le métrage, alors que ce n’était pas une tâche aisée. Mais il y parvient, même si on devine la plupart du temps ses pensées : « mais qu’est ce que je fais là ? ».

Le film aborde ses thèmes avec le plus grand sérieux, mais apparemment, le réalisateur lui, ne le tourne pas avec sérieux. Première constatation, le budget ne doit pas du tout être le même que pour le premier opus. Si vous voulez voir des transformations impressionnantes, ce n’est pas le bon film. Pour les transformations, vous n’aurez droit qu’à des gros plans de poils qui poussent et d’oreilles s’allongeant. Parfois des dents qui poussent également. Ces plans, dont le réalisateur use à répétition (toujours les mêmes), prêtent plus à rire qu’autre chose. Mais attendez, car le réalisateur achève le spectateur lorsqu’il dévoile ses loups garous en phase terminale : des hommes dans des costumes se  rapprochant plus du gorille que du loup. Un comble, mais cette accumulation de petits détails font beaucoup rire. Car malgré tout, Hurlements 2 est un film rythmé qui ne se prend jamais au sérieux. La restriction budgétaire n’a pas seulement touchés les effets spéciaux, puisqu’en guise de musique, on entendra en permanence, jusqu’à saturation, une seule et unique chanson, composée par Steve Parsons, du groupe punk Babel. Chanson sympathique, mais trop utilisée. A part ça, Hurlements 2 ne reculera devant aucun effet facile, aucun effet ridicule. Des boules en cire pour ne pas entendre des incantations vaudou, aux loups garous sentant que le couple héro du film font l’amour dans la chambre d’hôtel, portant le numéro 666 (alors que l’hôtel doit faire deux étages), en passant par les effets ridicules. Continuons sur les effets, puisque Philipe Mora, ce génie, a inventé les effets en fondus de Adobe première bien avant l’heure. Fondu en spirale, en rectangle, en cercle, rien ne nous est épargné. Le spectateur pourra même se prendre au jeu et tenter de deviner quel sera le prochain fondu…

Le spectateur avance, d’un effet ridicule à un autre, avec un rythme soutenu. Plus rien ne le surprendra après ce film. Après tout, quoi de plus logique que de voir une partouze de loups garous grognant comme des cons et se griffant, une méchante, la chef des loups garous, habillée toute en cuir et montrer sa généreuse poitrine, ou alors des combats filmés comme une scène dialoguée, faux raccords en cadeau. Apparemment, ne croyant pas tant que ça en son film, le réalisateur, tout comme Christopher Lee, expédie le final en un temps record. Alors que le spectateur fan de nanar s’attend à un film dantesque (à l’échelle d’un nanar hein), il est expédié en 30 secondes chrono, de la façon la plus simple qui soit. Au  final, on se dira : « Tout ça pour… ça ? ». Et hop, tout finissant bien, le réalisateur peut en profiter pour bombarder le générique de fin, un concentré des meilleures séquences du film, dont le fameux plan poitrine de la grande méchante, qui sera montré pas moins de 17 fois !!! Le tout, sur la même musique que l’on a entendu tout le long du film. Au final, il est difficile de dire ce que l’on pense de Hurlements 2. Terriblement mauvais, ridicule, le spectateur passe tout de même un excellent moment, un petit plaisir coupable.


NOTE: 10/20
En bref: Le nanard ultime. Très mauvais, ridicule, mais tellement fun.

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