Critique: Intruder

Publié le par Rick Jacquet

INTRUDER

Intruder
1989 - Etats Unis
Budget: 100 000 $
Genre: Slasher
Réalisation: Scott Spiegel
Musique: Georgia Robertson
Scénario: Scott Spiegel et Lawrence Bender
Avec Elizabeth Cox, David Byrnes, Renée Estevez, Dan Hicks, Sam Raimi et Ted Raimi


Alors qu’un supermarché se prépare à fermer ses portes le soir, l'ex-petit ami d'une caissière de supermarché débarque dans celui-ci. Il vient de sortir de prison. Face à son comportement violent, il est jeté dehors. Le bâtiment est alors fermé pour inventaire et les employés encore en service commencent à disparaître...

Intruder est un petit slasher, tourné pour seulement 100 000 $, et qui reste inédit chez nous. Et c’est bien dommage, non pas que le film soit un chef d’œuvre, loin de là, puisqu’il est un peu lent dans sa première partie et que son faible budget se fait parfois ressentir, mais le réalisateur redouble d’inventivité dans sa mise en scène, arrive à poser une ambiance (grâce aussi à un thème musical envoutant) et fait plaisir aux spectateurs avec des meurtres très très sanglants. De quoi attirer les amateurs. Pourtant, Intruder bénéficiait d’un scénario des plus basiques, de personnages basiques, mais toute l’équipe, connaisseuse du genre, a tout mis en œuvre pour nous. Et en effet, dés le générique, nous savons que nous sommes entre de bonnes mains. Générique sur un plan fixe de pleine lune, avec un magnifique thème de Georgia Robertson, où tout un tas de nom bien connus des amateurs du genre défilent. Sam et Ted Rami en acteurs, Bruce Campbell pour une apparition, Scott Spiegel à la réalisation (co-scénariste de Evil Dead 2, acteur dans Skinned Alive et réalisateur de Une nuit en enfer 2) et Lawrence Bender à la production (les films de Tarantino). Un film de famille en quelque sorte. La première partie du film ne va pas pour autant forcément nous enchanter. Comme dans tout film, on nous présente les différents personnages, et le lieu unique où se déroulera l’action : un petit supermarché de quartier. Les personnages sont donc les employés et les patrons de cette petite entreprise, travaillant tous dans la joie et la bonne humeur. Jennifer, une des caissières, voit malheureusement son passé la rattraper, avec l’arrivée de son dernier ex, fraichement sorti de prison, qui a apparemment encore quelques comptes à régler avec elle. Rapidement, ils parviennent à le mettre dehors, et ils s’enferment à l’intérieur du magasin. L’équipe commence alors l’inventaire du magasin, et la caméra de Scott Spiegel s’attarde sur eux, pas toujours de la manière adéquate (quelques plans séquences fixes qui auraient mérités d’être tournés en plusieurs plans plus dynamiques). L’équipe a l’air soudée, mais les choses ne sont jamais ce qu’elles semblent être.

Quoi qu’il en soit, une présence guette, dans l’ombre. C’est à partir de là, passé la première demi-heure, que le film va vraiment bouger, et que la mise en scène va se faire plus inventive que jamais. Les plans vont être stylisés, Spiegel n’hésitant pas à placer sa caméra là ou on ne s’y attend pas, que ce soit pour filmer en biais depuis le haut d’un rayon, à l’intérieur du combiné d’un téléphone, à travers divers objets, ou même sous le sol. De l’inventivité dans la mise en scène, oui, mais pas seulement là. Rapidement, quelqu’un qui ne devrait pas être là est à l’intérieur du magasin. Est-ce l’ex petit ami de Jennifer ? Nous n’en saurons rien pour le moment, le métrage respectant les codes du slasher, avec vue subjective, ombre contre le mur, plans serrés sur les pieds, les armes. Mais contrairement à beaucoup de films du genre (Vendredi 13, Halloween), Intruder se permet deux petites choses. Déjà, le métrage s’avère gore, parfois même très gore. Si certains meurtres sont suggérés, rien ne nous est épargné pour les autres. Couteau en pleine tête, décapitation, œil crevé, pendaison. Mais en plus d’être un slasher gore, Intruder fait bien plus que cela, en nous montrant des meurtres originaux, et cela fait du bien. Tout les objets d’un supermarché peuvent à présent servir d’arme, de la plus banale (couteaux, fatalement), ou bien d’autres armes, comme des crochets pour la viande, un monte charge pour la nourriture. Et une fois la machine lancée, les meurtres s’enchainent très rapidement pour notre plus grand plaisir. Même si les personnages ne sont pas désagréables, c’est un véritable plaisir de les voir se faire trucider les uns après les autres, en particulier les têtes connues, et donc, Sam et Ted Raimi.

Ce sont ces éléments qui font que Scott Spiegel parvient à retenir l’attention du spectateur pendant presque une heure et demi, en signant un film bien plus recommandable que Une nuit en enfer 2. Intruder va même se permettre, comme souvent chez le réalisateur, et même chez son ami Sam Raimi, un peu d’humour des plus sympathiques. Ted Raimi écoute pendant tout le film la même chanson en boucle et cela en devient rapidement comique, on pourra voir le tueur tabasser une de ses victimes avec une tête coupée. Ce côté décontracté, fun, et toujours généreux et respectueux du spectateur fait plaisir à voir et continue de jouer en la faveur du film malgré ses défauts, et ce jusqu’à la scène finale, ou l’on pourra voir un Bruce Campbell faisant une petite apparition. Scène finale originale dans ces derniers instants, ce qui est assez rare pour le souligner dans ce genre de film, plutôt que le rebondissement habituel avant le générique. Intruder, bien que peu connu, mérite de sortir de l’ombre, restant un slasher inventif et hautement conseillé pour qui aime le genre en particulier. Une curiosité de plus dans le genre, à découvrir d’urgence à condition de comprendre l’anglais.


NOTE: 14/20

En bref: Méconnu, Intruder mérite d’être découvert. Un slasher à la réalisation intéressante, et qui en plus s’avère parfois très gore.

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