Critique: Ju-On

Publié le par Rick Jacquet

JU-ON

Ju-On
2000 - Japon
Genre: Fantômes
Réalisation: Takashi Shimizu
Musique: Gary Ashiya et Shiro Sato
Scénario: Takashi Shimizu
Avec Yûrei Yanagi, Chiaki Kuriyama, Hitomi Miwa, Asumi Miwa, Yoriko Douguchi et Tarô Suwa


Un mari jaloux assassine sa femme et son fils. Leur esprit vengeur habite désormais la maison et fait naître une malédiction causant la mort de nombreuses personnes.

"Cette malédiction est née de la haine ressentie par une personne juste avant sa mort. Le lieu de sa mort s'est imprégné de sa rancœur. Quiconque sera touché par cette malédiction, perdra la vie, et une nouvelle malédiction naîtra." Voilà le point de départ de la saga Ju-On, plus connue sous le nom de « The grudge », série comptant à ce jour six films qui se ressemblent énormément. Le premier opus débarque en direct to vidéo en 2000, tourné en DV, 2 ans après le succès de Ring. Et avec la saga Ring, Ju-On est l’autre série la plus connue de film de fantôme, et si le succès pouvait s’expliquer au début, on se demande bien à quoi cela nous mène maintenant. Quoi qu’il en soit, voilà le tout premier opus, celui par lequel tout a commencé. Et il sera sans nul doute le meilleur opus, avec le second, arrivant la même année. Dés les premiers instants, et les premières notes de musiques, nous sommes dans l’ambiance. Des plans des rues de la ville, ses habitants, entrecoupés par l’affichage des acteurs et de l’équipe technique. Puis nous nous retrouvons à suivre une histoire, celle du professeur Kobayashi. Sa femme est enceinte, et son travail le pousse à rendre visite à ses élèves. Le dernier sur sa liste est un jeune garçon du nom de Toshio, qui n’est jamais venu en cours. Nous nous retrouvons rapidement avec les personnages dans la maison de Toshio, qui sera le lieu de la malédiction.

Takashi Shimizu, bien connu maintenant, nous prouve qu’il a du talent, et il use de diverses techniques pour faire monter la peur, et pour se différencier des autres films de fantômes du genre, écrit une histoire à première vue simple, mais totalement décousue. C’est ce qui fera en partie le charme du métrage. Le nom de chaque personnage sur lequel va s’abattre la malédiction va apparaître à l’écran, et on saura déjà que la personne va se retrouver face aux fantômes qui hantent la demeure. Ses habitants sont donc les premiers concernés, mais tout ceux ayant également un rapport avec la maison ou ses habitants peut être touché par la malédiction. Ainsi, une simple baby-sitter ou la petite amie d’un habitant peut être la prochaine victime. Ce qui permet au réalisateur de changer de décors et d’éviter une lassitude chez le spectateur, malgré le procédé assez casse-gueule de l’histoire, vue que l’on connaît déjà la prochaine victime. C’est là que la peur se veut différente des autres films du genre, c’est une peur constante, on attend l’apparition, sans savoir quand celle-ci aura lieu, par quel procédé, et le film tire ici sa plus grand force. La réalisation de Shimizu, et surtout le format utilisé (la DV) renforce l’effet. Le grain de l’image, parfois crade, créé une ambiance particulière de bout en bout, la peur est en quelque sorte présente à tout instant. Et contrairement à de nombreux films de genre, misant tout sur l’aspect flippe pour ne jamais nous laisser apercevoir une goutte de sang, Ju-On premier du nom osera quelques débordements (mâchoire arrachée, cadavre de chat, fantôme sanguinolent…)

Si la structure narrative de Ju-On est pour beaucoup dans sa réussite, ainsi que le talent de son metteur en scène, il faudra également noter ce qui est très important dans ce genre de production : la qualité sonore du film. La bande son, composée par Gary Ashiya (Les deux premiers épisodes DV et Tomie rebirth du même Shimizu, mais également quelques curiosités comme Crazy lips) et Shiro Sato (la série des The grudge au Japon) est excellente. Plutôt que de faire une musique s’emballant dans les instants devant faire peur, la musique s’installe lentement au fur et à mesure, préférant créer une ambiance qui s’étale, voir étouffe le spectateur. Pour cette première incursion dans cet univers connu de nos jours, Shimizu frappe fort, et marque les esprits, ce qui n’étonne donc pas maintenant au vue des suites, se suivant à la vitesse de l’éclair, et se ressemblant comme deux gouttes d’eaux, donnant l’impression de revoir encore et encore le même film. Les deux films originaux resteront toujours l’œuvre forte de la saga.


NOTE: 16/20

En bref: Un premier épisode très réussi, tant par l’ambiance musicale et visuelle, que sa structure narrative décousue.

Publié dans Critiques

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