Critique: Ju-On Black Ghost

Publié le par Rick Jacquet

JU-ON BLACK GHOST

Ju-On: Black Ghost (ou Girl in Black)
Titre original: Ju-On: Kuroi Shôjo
2009 - Japon
Genre: Fantômes
Réalisation: Mari Asato
Musique: Gary Ashiya
Scénario: Mari Asato d'après Takashi Shimizu
Avec Kôji Seto, Kuniteru Shigeyama, Kana Tsugihara, Ai Kago et Hana Matsumoto


Yuko est une infirmière qui s’occupe de Fukie, une jeune fille malade. Rapidement, des événements étranges se produisent, et des tests révèlent qu’à l’intérieur du corps de Fukie subsiste une trace de sa jumelle, qui n’est pas née. La haine de cet enfant va s’abattre sur tous ceux l’entourant.

Deuxième film réalisé pour fêter le 10ème anniversaire de la saga Ju-On après White Ghost, qui mettait en scène le fantôme d’une grand-mère, ce Black Ghost est donc le 9ème film de la saga. Et oui, tout de même. Et enfin, on peut le dire, ça passe à autre chose. Là où White Ghost  gardait une intrigue trop similaire à tout ce qui avait précédé (une famille assassinée, une maison maudite), ce film, tout en gardant les codes visuels de la saga mais également sa structure narrative en forme de chapitre s’attardant à chaque fois sur un personnage différent se lance dans une intrigue totalement différente. Et ça fait un bien fou, il faut avouer, d’autant plus que, qui dit nouvelle intrigue dit surprises. Et il y en aura, puisque la fin ne reviendra pas sur les prémices de l’apparition de ce nouveau fantôme, que l’histoire s’avère vraiment originale et les personnages pour la plupart attachants. Mais le film n’en est pas pour autant parfait.  Les premières apparitions du fantôme seront même décevantes. Lorsque l’on suivra une jeune femme dans la rue qui verra apparaître le fantôme au loin, on se dira encore une fois que le ridicule n’est pas loin. Le look du fantôme retirant beaucoup, puisqu’il est, avouons-le, raté. Lorsqu’il apparaît vraiment, ce fantôme ne ressemble qu’à une petite fille recouverte de peinture noire. Heureusement, comme pour le White Ghost, on la verra très peu, et ces apparitions seront surtout concentrées en début de métrage. Pour le reste, ce nouvel opus, c’est du tout bon.

On rentre très facilement dans l’ambiance du métrage et ce dés le tout premier chapitre, après une petite introduction qui nous met directement en terrain connu, où l’on retrouve le fameux son si caractéristique des fantômes au pays de Takashi Shimizu (superviseur de production sur ces deux nouveaux opus), juste avant le fameux texte sur fond blanc expliquant le principe de ces malédictions, que l’on connaît bien pour avoir vu au début de chaque film de la saga. Passé cela, plus rien à voir avec la saga originale, si ce n’est un petit clin d’œil avec l’apparition dans une scène de Toshio, apparition totalement inutile et hors propos d’ailleurs (l’apparition dans le White Ghost avait au moins le mérite d’être amusante), et une reprise absolument sublime du thème des tout premiers épisodes V-Cinéma de la saga, présente également dans le White Ghost. La première histoire donc nous présente déjà l’un des personnages les plus attachants du métrage, avec Yuko, une jeune infirmière. Son voisin, Tetsuya, semble plutôt intéressé par elle, et il faut avouer qu’elle est bien mignonne. Une situation bien banale qui bien entendu mènera rapidement à l’apparition d’événements étranges qui viendra briser le ton, le noircir, et le rendre passionnant. Car point de massacre de familles et de bâtisse hantée par la haine de ses anciens occupants ici, mais la haine détenue dans le corps d’une petite fille, haine en réalité de sa sœur jumelle, qui n’est jamais née. La majeure partie de l’action du métrage prendra place dans l’hôpital où Fukie, la petite fille, est, en attente de traitements et de résultats convaincants de la part des docteurs.

La mise en scène du film s’avère efficace, tout comme les différentes apparitions, parfois aussi furtives soient-elles, et il arrivera par moment que l’on sursaute, même si cela sera plutôt rare, mais le film parvient au contraire à faire monter une tension constante à certains moments, ce qui était plutôt rare dans la saga depuis pas mal de temps. Notons d’ailleurs que le réalisateur est en fait une réalisatrice. Et oui, il n’y a pas que Katherine Bigelow et les stars du porno qui réalisent des films. Fukie est un personnage tout à fait attachant, et c’est un plaisir de suivre cette histoire déstructurée comme d’habitude. L’effroi est donc parfois au rendez vous, et certains chapitres sont de pures réussites. Le décor de l’hôpital, à moitié délabré et qui n’inspire pas confiance, renforce la tension du métrage et de l’évolution dramatique des personnages. Mais le danger est partout, même en dehors des murs de l’hôpital, et les deux derniers chapitres mettant un terme à cette histoire, et contenant quelques retournements de situations franchement bien trouvés nous permettent de finir la vision de ce nouveau métrage sur une note totalement positive. Un peu long au début, mais finalement réussit sur toute la longue, Ju-On Black Ghost est une bonne surprise, et le meilleur opus de la saga depuis bien longtemps.


NOTE: 14/20

En bref: Enfin du nouveau dans la saga, ça n’a rien à voir, mais ça fonctionne, l’histoire est originale, la tension est là, et malgré quelques faux pas, le tout est plus qu’attachant et le final d’une noirceur à toute épreuve.

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