Critique: Kakashi

Publié le par Rick Jacquet

KAKASHI

Kakashi
2001 - Japon
Genre: Adaptation - Fantastique
Réalisation: Norio Tsumata
Musique: Shinichiro Ogata
Scénario: Ryuta Mitaku, Osamu Murakami, Satoru Tamaki et Norio Tsumata, d'après le manga de Junji Ito
Avec Maho Nonami, Kou Shibasaki, Grace Yip, Shunsuke Matsuoka


Kaoru Yoshikawa est une jeune femme de 20 ans part à la recherche de son frère dont elle n’a pas de nouvelles depuis une semaine. Elle trouve chez lui une lettre, un indice qui va la mener dans le village de Kozukata. Un village étrange où les habitants vouent un culte aux épouvantails. Au fur et à mesure de ses investigations, Kaoru se rend compte que les épouvantails des villageois sont affublés des vêtements d'êtres chers et disparus...

Encore une adaptation d’un manga de Junji Ito. On commence à être quelque peu habitué depuis le temps, mais cela n’enlève aucun plaisir à la découverte de ses œuvres, originales, sombres et magnifiques. On a eu droit à Tomie, Uzumaki, Long dream, et c’est maintenant Kakashi. Réalisé en 2001 par le réalisateur de Ring 0, Kakashi est une nouvelle histoire d’horreur originale et prenante, dans le fond (surtout) et dans la forme (au départ). Kaoru est à la recherche de son frère. Elle n’a pas de nouvelles, et après avoir trouvée une lettre dans son appartement, suit cet indice, qui va la mener dans le village de Kozukata. Voilà le point de départ de cette histoire, et les dix premières minutes. Ce début est assez classique, et bien connus maintenant que certains succès ont vu le jour (Je vais bien ne t’en fais pas) et qui est encore exploité dans des milieux moins connus du grand public (le film amateur All day long). En arrivant au village, la voiture de Kaoru tombe en panne, et elle continue son chemin à pied. C’est à cet instant que les premières notes d’étrangeté si chères à l’auteur du manga feront leur apparition. Habitants silencieux, peu bavards, parfois même restant immobiles. C’est par cette étrangeté dans un milieu si banal que les œuvres de Junji Ito fonctionnent, et c’est encore une fois le cas ici, après Uzumaki (à quand une adaptation de son manga Gyo, qui demanderait un gros budget, mais pourrait s’avérer excellente entre de bonnes mains…) Kaoru va chercher des indices, mais les habitants ne vont pas vraiment lui parler, mais plutôt l’éviter, et la seule chose qui saute aux yeux, ce sont les épouvantails. Chaque habitant travaille sur un épouvantail, et l’habille de manière précise. Nous nous retrouvons au cœur du film, Kakashi signifiant épouvantail.

Malheureusement, le film va alors naviguer entre moments d’anthologies et ennui total. On le sait pourtant, les adaptations de Junji Ito ont un fort potentiel, tant au niveau de l’histoire que de la violence graphique. Le souci de Kakashi, c’est qu’il possède un point de départ excellent, des scènes magnifiques, mais à côté de cela, l’histoire met trop de temps avant de se développer, il ne se passe pas grand-chose, et surtout, le film choisit parfois le chemin de la facilité. Rapidement, Kaoru se rend chez les parents de Izumi, une jeune femme qui était amoureuse de son frère, et qui lui a envoyé la lettre qui a déclenché le film. Là bas, elle est très mal reçue par la mère qui la prie de bien vouloir partir. Seul le père d’Izumi semble prêt à l’aider dans la recherche de son frère disparu, et lui apprend qu’Izumi, malade, est à la clinique la plus proche. A partir de là, le film va choisir une voie plus classique, et donc, plus simpliste, en jouant avec des apparitions et des rêves, comme les films de fantômes japonais. Bien que tout le côté technique soit parfait (réalisation, cadrages, musique, éclairage), le tout semble plutôt simple et on s’éloigne de l’ambiance si prenante que constituait les épouvantails, aux visages en quelque sorte humains. L’histoire n’y reviendra malheureusement qu’assez tardivement.

La dernière partie, malheureusement trop courte et se terminant de manière trop incongrue, rattrapera les maladresses de ce qui précédait, en plaçant les épouvantails au centre de l’histoire, et en dévoilant pleinement celle-ci. Le thème du film trouve alors sa signification, tout comme son titre, et l’étrangeté refait surface, et surtout, demeure intéressante. Les épouvantails se révélant être vraiment flippant, et le rythme s’emballera pour ne plus redescendre, le film se transformant en une histoire d’amour déchirante, et en quelque sorte, en une course contre la montre. Une certaine mélancolie s’empare du récit, et le film devient de plus intéressant, faisant monter la tension et dévoilant bien plus la psychologie des personnages, avant de redescendre à pic dans ces derniers instants, choisissant en quelque sorte la voie de la simplicité, tout en étant intéressante vis-à-vis du reste du métrage. Finalement, ce qui manque vraiment à Kakashi, c’est qu’il aura du dévoiler son histoire un peu plus tôt pour améliorer son rythme et ne pas se terminer si brusquement, pour détailler un peu plus le final. Cela reste tout de même agréable, mais on pouvait attendre plus, surtout vu le nombre de scénaristes ayant travaillés dessus.

 

NOTE: 11/20

En bref: Le thème est intéressant, l’ambiance excellente, mais ça se termine trop tôt, on aurait voulu en voir plus.

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