Critique: La Maison au Fond du Parc

Publié le par Rick Jacquet

LA MAISON AU FOND DU PARC

La maison au fond du parc
Titre original: La cosa sperduta nel parco
1980 - Italie
Genre: Horreur 
Réalisation: Ruggero Deodato
Musique: Riz Ortolani
Scénario: Gianfranco Clerici et Vincenzo Mannino
Avec David Hess, Annie Belle, Giovanni Lombardo Radice, Christian Borromeo et Brigitte Petronio


Alex et Ricky vivent et travaillent dans un garage. Ils y préparent et trafiquent des voitures volées. La nuit tombée, ils leur arrivent de s'adonner à un autre genre d'activité : le viol jusqu'au meurtre de jeunes femmes qui ont le malheur de croiser leur chemin. Un jour, ils réparent le véhicule de jeunes gens qui, pour les remercier, les invitent à une soirée dans une maison isolée, au fond d'un parc. S'ensuit une soirée où se succèdent viols, tortures et meurtres en tout genre. Une hécatombe où les victimes ne sont peut-être pas celles que l'on croit...

Sortant du succès de Cannibal holocaust, Ruggero Deodato réalise dans la foulée La maison au fond du parc. Tourné avec des moyens minimes en seulement trois semaines, le film s’avère pourtant une bonne surprise, bien qu’inégal sur bien des points. Déjà, le film de Deodato partage bien des points communs avec son homologue américain réalisé un peu plus tôt par Wes Craven : La dernière maison sur la gauche. Outre le rapprochement entre les deux titres, c’est également le scénario qui est pratiquement identique, et pour ceux qui n’auraient toujours pas remarqué la ressemblance, l’acteur principal, le malade de service des deux films est également le même acteur, David Hess. A priori, La maison au fond du parc n’avait donc rien pour rendre le film intéressant, et pourtant, le film se regarde simplement, sans ennui, d’un bout à l’autre, malgré ses nombreux défauts. Défauts rattrapés par des qualités évidentes de mise en scène. Le scénario ne sera donc pas le point fort de l’œuvre, puisqu’il n’y aura aucune surprise. Alex est un homme violent, qui viole et tue des femmes. Un soir, lui et son ami Ricky réparent une voiture, et partent à une soirée avec leurs clients. Alex va rapidement péter les plombs, et le carnage pourra commencer. Voilà pour l’histoire. Rien de neuf ni de bien passionnant. On s’aperçoit également rapidement que la qualité de l’interprétation n’est pas toujours au rendez-vous. David Hess nous ressort un jeu similaire à ces précédents interprétations, mais cela n’empêche pas de le rendre fascinant. Giovanni Lombardo Radice, jouant son ami Ricky, se révèle lui aussi plutôt convaincant. Il tient ici son tout premier rôle au cinéma, avant qu’il ne soit connut pour ses seconds rôles dans des films de genres (Frayeurs par exemple).

Mais pour ce qui est du reste de l’équipe, rien de bien folichon. Les pauvres victimes, qui seront (gentiment) torturées par Alex, ou bien violées, n’opposeront jamais de grande résistance, et c’est bien dommage. L’aspect censé être choc du film en prend là un sacré coup. Malgré tout, Deodato s’accroche à son projet et nous fournit, malgré les conditions de tournage, une réalisation plus qu’honnête, avec des plans agréables, et son directeur de la photo fournira aussi un travail excellent, que ce soit en intérieur ou en extérieur, dans l’obscurité totale ou non. Un dur travail qui mérite d’être salué. Et malgré son scénario minimaliste et peu intéressant, Deodato parvient tout de même à créé une ambiance lors de certaines scènes, notamment lors du final, et l’apparition du personnage de Cindy. Malgré tout, le film est vendu partout comme étant un grand film « choc », malsain, violent, et en regardant le film, on a parfois du mal à trouver ce qui fit la notoriété du métrage. Les violences se limiteront finalement à quelques coups de poings aux bruitages bien exagérés, et quelques coupures au rasoir. Les sévices seront pour la plupart sexuels, allant jusqu’à reprendre certaines scènes de La dernière maison sur la gauche, comme la scène lesbienne. Encore une fois, la qualité variable de l’interprétation ne joue pas en la faveur du film, et certaines scènes manquent cruellement de crédibilité, malgré l’interprétation hallucinante de David Hess.

La dernière partie du film sera semblable au reste. Mais l’arrivée du personnage de Cindy permettra au réalisateur de fournir sans doute la meilleure scène du métrage, où la jeune femme se fera couper partout au rasoir, allongée, nue sur un canapé, face au grand malade. Deodato étend sa scène et ses plans, et le but recherché est atteint. L’actrice, sans être transcendante, parvient à nous y faire croire, et c’est ce que l’on demandait depuis le début au film. Il est regrettable que le film se termine par un retournement de situation plutôt mal venu, alors que ce qui précédait rehaussait hautement le niveau du métrage. Mais néanmoins, le spectateur passera un bon moment, plus fait d’humiliations sexuelles et de scènes érotiques que de tortures. Le métrage n’ennuie jamais, et c’est ce qui compte, un bon moment est passé.


NOTE: 12/20
En bref: Autant de défauts que de qualités, le film se suit tout de même avec intérêt, et jamais avec ennui, la réalisation est superbe, l’interprétation oscille entre le très bon et le très mauvais, mais on passe un très bon moment.

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