Critique: La Malédiction des Profondeurs

Publié le par Rick Jacquet

LA MALEDICTION DES PROFONDEURS

La malédiction des profondeurs
Titre original: Beneath still waters
2005 - Espagne
Genre: Fantastique
Réalisation: Brian Yuzna
Musique: Zacarias M. De La Riva
Scénario: Mike Hostench et Angel Sala
Avec Raquel Merono, Michael Mckell, Charlotte Salt et Patrick Gordon


Deux jeunes garçons se rendent pour la dernière fois dans leur ville, qui doit être envahit par les eaux. Toute la population a été évacuée, il ne reste que les bâtiments. Les deux jeunes garçons s’aventurent dans une demeure qui renferme un terrible secret. L’un d’eux y perd la vie  tandis que l’autre parvient à s’échapper. 50 ans plus tard, il ne reste que de l’eau à l’endroit où se situait la ville. Mais le mal est toujours là, et ne demande qu’à être libéré.

Après le très mauvais Rottweiler, on avait très peur du prochain film de Brian Yuzna. Cet homme fou bien connu des amateurs de gore, nous ayant fournit par le passé d’excellents films, tels Society, Le retour des morts vivants 3, ou encore Faust et Beyond Re-Animator en ce début de millénaire. Mais le gentillet et longuet Rottweiler a rapidement refroidit les fans. Un an plus tard arrive donc son nouveau film, Beneath still waters. Yuzna n’aura d’ailleurs jamais été aussi productif depuis qu’il tourne en Espagne avec Julio Fernandez, pour la firme Fantastic Factory, capable du meilleur (Dagon, Beyond Re-Animator, Faust, Darkness) comme du pire (Arachnid, Rottweiler). En bon fan de Yuzna, on veut croire que Rottweiler n’était qu’un faux pas, comme pouvait l’être à l’époque Progeny. Et finalement, sans être la catastrophe qu’elle aurait pu être, ce nouveau film se révèle sympathique, mais n’allant jamais au bout des choses. Depuis qu’il tourne pour la Fantastic Factory, la première impression de ces films est que Yuzna se lâche (excepté son Rottweiler donc) et s’améliore en mise en scène, essayant de nous fournir autre chose qu’une réalisation de téléfilm, ce qui est donc fort bienvenu.

De par son histoire, ayant un rapport avec les cultes sataniques et une cité sous marine, on pense immédiatement à Dagon, de Stuart Gordon. On retrouve au casting l’actrice Raquel Merono, qui jouait la compagne du héro dans… Dagon justement. Mais les ressemblances s’arrêtent là. Le film commence donc dans les années 50, et on y croit, grâce à un superbe travail sur la photographie du film, qui s’avère plus que convaincante tout le long du métrage, avec ces différents tons de gris et la brume au dessus de l’eau. Deux petits s’aventurent dans la ville déserte, pas encore recouverte par les eaux, et pénètrent dans une maison où se trouve un culte satanique. Un des petits, beaucoup moins froussard que l’autre, libère le chef du culte, qui lui ôtera la vie. Première réjouissance à la fin de ce petit prologue avant que l’histoire continue de nos jours, le gore est bel et bien là. De nos jours, nous allons donc suivre plusieurs personnages. Dan, dont le fils s’est noyé, qui fait des recherches sur la ville, et Teresa et sa fille Clara. Clara a des visions de son grand père, venant de mourir, qui fut celui qui prit la décision de recouvrir la ville par les eaux. Fidèle à lui-même, Yuzna agrémente les visions de Clara de plans relativement gore, et des événements étranges vont rapidement faire leur apparition. Cela va commencer par la disparition de nageurs dans la région, dont on ne retrouvera pas les corps, puis par des fuites d’eau au barrage de la ville. Dan, aidé par Teresa, va faire des recherches sur le passé de la ville, et y découvrir la vraie raison de son recouvrement par les eaux, et le secret qui s’y cache depuis 50 ans. Le passé de la ville, raconté en flashback, peu d’ailleurs par moment faire penser également à Dagon.

La première partie du métrage, tenant sur 1h, sera donc assez calme et se focalisera sur les recherches des autorités pour se retrouver les disparus, et la lente progression des eaux. L’eau va s’infiltrer dans une maison, et un humain à l’aspect déformé va faire son apparition (faisant penser au monstre de Castle freak par la même occasion). Yuzna prend le temps de poser son récit, et reste très sérieux jusqu’aux révélations. Peu d’effets gore, juste un essai de faire naître une tension, qui ne fonctionnera qu’à moitié. Mais le spectateur va tout de même suivre cette histoire classique, mais sympathique, avec intérêt, en espérant que la folie fasse rapidement son apparition. Les choses vont bouger avec l’apparition d’un liquide noir et visqueux dans l’eau, qui va contaminer, posséder chaque personne qu’il touche. Une jeune femme venant de perdre son petit ami, le shérif, une mère de famille, ils se feront avoir par le pouvoir de la secte qui se cache dans les profondeurs. Dan et Teresa vont aller voir un vieil homme, en fait, l’enfant rescapé du début du film, qui va leur raconter l’histoire de la ville. Occasion pour Yuzna d’entrer dans la seconde partie du récit, où on retrouve bien rapidement sa patte.

Clara se rend chez une famille pour garder pendant l’absence de la mère les deux petits. Pendant ce temps, Dan et Teresa rencontrent le gourou de la secte, qui tuera devant leurs yeux le survivant d’il y a 50 ans. Le film se transforme alors en course contre la montre, par moment un peu nawak, il faut le préciser, mais plaisant, dans lequel l’aura maléfique sous les eaux va influer sur l’esprit des gens. Ainsi, une simple petite fête va tourner en massacre et en orgie (Society, quand tu nous tiens, mais cela reste moins visuel, mais tout aussi fou), des zombies vont apparaître, les gens possédés par la masse visqueuse évoluant dans les eaux se retrouvent prit de démence, allant jusqu’à s’automutiler (coupage de jambes à la scie…). Yuzna se fait plaisir, et à son public, tout en prenant le moins de risque possible. Et pour combler le tout, il achève le film avec rapidité, sans développer les derniers instants du film, ni expliquer un peu plus le pourquoi du comment. Mais malgré une première partie classique et un final trop court, Beneath still waters reste un film très correct, mille lieux au dessus de Rottweiler.


NOTE: 11/20
En bref: Loin d’être le meilleur Yuzna, le film réserve quelques moments de folies dans sa dernière partie, et se suit avec intérêt malgré son histoire classique.

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