Critique: La Mutante 2

Publié le par Rick Jacquet

LA MUTANTE 2

La mutante 2 
Titre original : Species 2 
1998 - Etats-Unis
Genre : Science fiction
Sortie française le 26 Août 1998
Box office: 19 millions $

Réalisation: Peter Medak
Musique: Ed Shearmur
Scénario: Dennis Feldman et Chris Brancato
Avec Michael Madsen, Natasha Henstridge, Marg Helgenberger, Justin Lazard, Mykelti Williamson et James Cromwell


Trois astronautes reviennent d'une mission sur Mars, infectés par une espèce mutante. Patrick, l'un d'entre eux, commence à chasser pour se reproduire. Les autorités militaires décident alors d'utiliser Eve, clonée à partir de la mutante Sil, pour le retrouver, et font appel à deux personnes ayant déjà combattues un alien de ce type : Preston et le docteur Laura Baker.

Dans le monde du cinéma, c’est bien connu, quand une formule fonctionne, on l’utilise à nouveau jusqu’à épuisement, ce qui nous donne de bien trop longues séries de films d’horreur. On aura eu 10 Vendredi 13, 7 Freddy, 9 Halloween, 5 Chucky, ou encore 8 Hellraiser. Seulement bien entendu, l’originalité n’est plus au rendez vous passé un certain stade. En 1995, La mutante sortait sur les écrans, et bien que classique, il rapporte pratiquement deux fois son budget. Les producteurs ne laissent pas passer l’occasion, et en 1998, une première suite débarque. Etais-ce vraiment nécessaire ? Le premier était bien classique, laissant certaines idées de côtés pour rythmer son récit, étant pendant les trois quarts de sa durée une chasse à l’homme, avant de se transformer en huit clos raté dans sa dernière partie. Cette première suite ne cherchera en rien l’originalité, puisqu’elle reprendra tous les éléments du premier opus, et en appliquant la technique du « toujours plus » qui a fait le succès de pas mal de saga. Sauf que là, ça ne fonctionne pas vraiment, malgré un début plutôt prometteur. Patrick, un astronaute, se pose sur Mars, et ramène dans le vaisseau plusieurs échantillons. Parmi eux, de l’ADN extra-terrestre, qui va le contaminer, ainsi que les membres de l’équipage. Cette histoire là, on la connaît bien, mais au moins, ça change du premier opus. Mais rapidement, l’intrigue deviendra identique à ce que l’on avait déjà vu, et l’ennui va pouvoir s’installer. Pourtant, la formule du toujours plus fonctionne pendant une petite demi-heure. Eve, le clone de Sil, la mutante du premier opus, restera en retrait pendant une bonne partie du métrage, mais le film optera tout de même la même mise en place et le même rythme que le premier opus, avec d’un côté, un méchant alien, mâle cette fois, cherchant à se reproduire, et de l’autre, une équipe, composé par un des astronautes et deux des survivants du premier film, chargée de le retrouver et de l’éliminer.

Même intrigue donc, dont les seules variations ne seront là que pour apporter plus d’ingrédients du premier opus. L’alien est un homme à présent, et cela va permettre au réalisateur de montrer beaucoup plus de femmes nues, plus nombreuses, plus souvent. Et cela signifie également que notre alien va pouvoir beaucoup plus rapidement féconder une femme, surtout que l’on connaît bien le processus depuis le premier film. On se retrouvera rapidement avec une colonie de futurs aliens, et cela permettra au réalisateur de mettre le paquet sur le gore, avec des enfants sortant du ventre de leurs mères, une explosion de tête au fusil, et pire encore. Comme dit plus haut, la formule fonctionne néanmoins pendant une petite demi-heure, jusqu’à la scène du placenta, avant de retomber totalement à plat lorsque la chasse à l’homme commence vraiment. On se retrouve alors devant un banal copié collé du premier opus, et la sauce a du mal à prendre. Natasha Henstridge, jouant Eve, se retrouve très en retrait, Michael Madsen nous sort encore une fois le même jeu d’acteur, et il commence à fatiguer. Le rythme va faiblir quelque peu, et au fur et à mesure que la colonie aliens s’agrandira, le spectateur aura décroché. Le film essayera même de mettre quelques petites touches d’humour via les dialogues, mais ça tombe la plupart du temps à plat (Voir Michael Madsen dire : « ils peuvent nous exterminer en baisant » …)

Il faudra alors attendre le final pour voir les choses vraiment bouger. Eve et Patrick vont se retrouver liés par télépathie, et ils n’auront plus qu’une seule idée en tête : copuler ensembles.  C’est ainsi que le spectateur assistera à une évasion de la part d’Eve similaire à celle du début du premier opus, avec de beaux ralentis en prime, permettant à tous les personnages de se retrouver lors du final dans une vieille grange où la progéniture de Patrick est déjà en bonne voie pour passer le stade de l’âge adulte. Le final ne brillera pas vraiment par ses grandes qualités scénaristiques, mais par la qualité de ses effets spéciaux et le nouveau design de l’alien. L’utilisation d’effets plus classiques et moins numériques fait grandement plaisir, contrairement à celui du premier opus qui cédait à la facilité sur ce point. Cette mutante 2 aurait pu être un remake tellement il est proche du premier opus sur de nombreux points, et n’ajoute rien de vraiment passionnant, et surtout, n’ajoute rien que l’on ne savait pas déjà. Une suite plutôt inutile.


NOTE: 07/20
En bref: Sans être vraiment désagréable, cette suite n’ajoute absolument rien, elle se contente d’ajouter plus de gore et plus de sexe. La première demi-heure est réussie, les effets du final également, mais entre les deux, on a l’impression de revoir le premier opus à la sauce masculine, et en moins palpitant, faute de nouveauté.

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