Critique: La Mutante

Publié le par Rick Jacquet

LA MUTANTE

La mutante
Titre original : Species
1995 - Etats-Unis
Genre : Science fiction
Sortie française le 27 Novembre 1995
Budget: 35 millions $
Box office: 60 millions $

Réalisation: Roger Donaldson
Musique: Christopher Young
Scénario: Dennis Feldman
Avec Ben Kingsley, Michael Madsen, Alfred Molina, Forest Whitaker, Marg Helgenberger et Natasha Henstridge


Lorsque Sil, hybride humain/extraterrestre d'une grande beauté s'échappe du lieu ou elle était en observation, le scientifique Xavier Fitch engage un tueur du gouvernement, un médium, une biologiste et un anthropologue pour la trouver. Ils la retrouvent à Los Angeles et découvrent avec horreur ses intentions : s'accoupler avec des hommes qui ne se doutent de rien et produire ainsi sa progéniture pour détruire l'humanité.

La mutante n’aura pas tant marqué les esprits que ça, et pourtant, c’est le point de départ d’une série comptant actuellement quatre films. Soit trois films de trop, tant le matériel de base fournit par ce premier opus n’avait pas besoin d’être plus développé, ce qui de toute façon, n’est pas vraiment arrivé dans les suites, ni dans ce premier opus, pompant dans un peu tout ce qui a déjà été fait dans le genre, en ajoutant tout de même une petite innovation. Notre alien est une femme, et magnifique qui plus est, et pour son design en tant que créature, les producteurs du film ont fait appel à Giger, déjà créateur de l’alien du film éponyme. Un bon gros point dés le départ, puisque le reste oscillera entre le classique, le prenant, et le chiant. Et malgré tout, le film se traîne une très bonne réputation derrière lui, en offrant aux spectateurs un mélange de sexe et de sang. La première partie du métrage, malgré un manque certain d’inventivité au niveau des situations et des personnages, s’avèrera être une franche réussite. Le scénario n’ira pas chercher trop loin, et on s’apercevra très rapidement des buts et des enjeux de chaque situation et personnage. D’entrée de jeu, notre jeune alien, Sil, s’échappe, sous les yeux de son créateur, Xavier Fitch, joué par le toujours si peu expressif Ben Kingsley, qui a pu s’en donner à cœur joie dernièrement niveau expression en jouant dans le Bloodrayne de Uwe Boll. Malgré la menace que Sil représente assez rapidement pour notre espèce, Xavier la considère comme sa création, et sera même par moment compréhensif envers elle, tout comme le spectateur. Un bon point. Pour retrouver Sil, Fitch va s’entourer d’une équipe de choc, constituée de personnages plus ou moins utiles.

On retrouvera donc au casting Michael Madsen, nous sortant le même jeu que d’habitude, mais fonctionnant encore ici plutôt bien, dans le rôle du gros bras devant exterminer Sil, mais aussi Forest Whitaker, bien loin de ses rôles habituels, jouant ici un voyant plutôt barge, et nous prouvant que pour une fois dans ce genre de production, le noir ne meurt pas toujours. Puis à leurs côtés, Marg Helgenberger jouant une jeune scientifique, Laura, qui finira par craquer pour Preston (Michael Madsen). Et pour finir, Alfred Molina, jouant Stephen, un jeune docteur, bien avant de jouer le docteur Octopus dans Spider-Man 2, et tenant ici un rôle plutôt plat et inutile à l’ensemble de l’histoire. On suivra donc les agissements de Sil d’un côté, ayant bien grandie, et surtout, aimant se dénuder, dans sa quête d’un homme pour la féconder et donner naissance à d’autres spécimens de son espèce, et de l’autre côté, l’équipe la recherchant, arrivant sans arrêt trop tard. Le film se transforme en course poursuite, et bien que tout soit assez classique, on ne s’ennuie jamais vraiment, et quelques moments sanglants interviendront à intervalle régulier. On pourra alors noter la qualité des effets de maquillage, et surtout, le design de Sil lorsqu’elle prend son apparence véritable, plutôt réussit, à la fois dégoûtant et attirant. Contrairement à certains films d’horreur, c’est à présent la femme qui est fatale, et l’homme qui en sera la victime. Ce sera la seule idée plutôt originale du métrage, puisqu’en dehors de cela, les autres idées seront trop peu approfondies, voir totalement laissées de côté.

Chaque personnage effectuera sa chasse, et la partie de l’intrigue se focalisant sur Sil cherchant un homme apte à la féconder s’avérera assez généreuse en nudité, et bien souvent, en effet sanglant, les hommes ne lui survivant pas en général. Et notre super équipe, quand à elle, quand elle ne passera pas son temps à arriver trop tard, tentera de se connaître un peu plus, dans des dialogues parfois un brin lourds. Mais le film est suffissement rythmé pour nous faire passer outre ces scènes de dialogues et pour que l’on se focalise sur le reste. Malheureusement, le final tentera de devenir effrayant, et se cassera la gueule pour de multiples raisons. Sil perd son apparence humaine et prend à présent sa véritable forme, et dans de nombreux de ces déplacements, les bons vieux effets spéciaux laisseront la place à du numérique, aux textures trop lisses, aux couleurs bien trop claires, et à l’animation déplorable. Tout sauf effrayant, d’autant plus que le final, en plus de manquer de crédibilité et de vouloir se la jouer Aliens (des petits couloirs, un lance-flammes, une créature), sera totalement bâclé.


NOTE: 13/20
En bref: Classique, mais plutôt efficace et rythmé les trois quarts du temps, avant de tomber totalement à plat lors de son final. Le design de la mutante est vraiment réussit, tout comme les effets spéciaux classiques. Rien d’extraordinaire, mais ça reste sympathique.

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