Critique: Le Retour des Morts Vivants 3

Publié le par Rick Jacquet

LE RETOUR DES MORTS VIVANTS 3

Le retour des morts vivants 3
Titre original: Return of the living dead 3
1993 - Etats Unis
Sortie française le 10 Août 1994
Genre: Zombies
Réalisation: Brian Yuzna
Musique: Barry Goldberg
Scénario: John Penney
Avec Mindy Clark, J. Trevor Edmond, Kent McCord, Sarah Douglas et Basil Wallace


Curt est le fils du colonel Sinclair, un scientifique qui a dédié sa vie à un étrange projet de recherche. Julie est une splendide adolescente dont Curt est éperdument amoureux. Quand Julie meurt dans un horrible accident, Curt utilise le projet de son père pour la ramener à la vie. Les effets secondaires sont inattendus, Julie devenue zombie n'a qu'une obsession : la chair fraîche...

Le retour des morts vivants, premier du nom, était une comédie d’horreur plutôt sympathique devenue un film culte. Le film avait eu droit à une suite plus comique qu’autre chose, une bouse ignoble. En 1993, c’est Brian Yuzna, producteur reconnu et réalisateur de deux films inégaux, le très bon Society et le très mauvais Re-Animator 2, qui se lance dans la production et la mise en scène de cette nouvelle suite, en même temps qu’il produit et co-réalise le film à sketchs Necronomicon, aux côtés de Christophe Gans et Shusuke Kaneko. Heureusement, ici, Yuzna nous livre un travail plutôt digne de Society, malgré quelques facilités dans le scénario ou même de mise en scène. Ici, il évite la gratuité de tous les effets gore grâce à l’intrigue principale. Car le retour des morts vivants 3 n’est finalement qu’une histoire d’amour, Roméo et Juliette chez les morts vivants. Curt et Julie vivent une histoire d’amour forte, mais ils sont un peu trop curieux et fouillent dans les affaires du père de Curt, travaillant à la base militaire du coin, sur un projet mettant en scène la trioxine, ayant le pouvoir de ramener les morts à la vie. Ce sera le seul lien avec les précédents épisodes, puisque de là, Yuzna choisit une autre route, celle de l’histoire d’amour impossible entre un zombie et un humain. Après avoir assisté à une expérience qui tourne mal, causant la perte de plusieurs hommes, les deux jeunes ne parviennent pas à en croire leurs yeux. Le père de Curt, suite à cet échec, est viré du projet et est muté dans une autre ville. Ce que Curt ne supporte pas, et il quitte la maison familiale avec Julie, en emportant juste sa moto. Ils peuvent à présent goûter à la liberté. De courte durée.

Jusque là, on se retrouve devant un simple film de morts vivants, au scénario classique et à la réalisation très académique, mais tout de même plaisant. L’humour n’a pas sa place ici, contrairement aux précédents opus, Yuzna préférant l’aspect dramatique. Peu de temps après qu’ils aient goûté à la liberté, Curt et Julie sont victimes d’un accident de la route. Accident qui va être fatal pour Julie. Fini les belles promesses « nous deux c’est pour la vie » ou encore « je ne te quitterais jamais ». Curt bien entendu ne va pas accepter cette perte qui lui est énorme, et va décider d’utiliser la trioxine pour ramener Julie à la vie. Le deuil aura été de très courte durée pour lui, mais au bout du compte, il va finir par regretter son choix. Ce qui est mort devrait le rester. Mais Curt va ramener Julie à la vie, et dans un premier temps, elle semble normale, elle marche, parle, bouge, à une conscience. Ils parviennent à s’échapper du complexe militaire mais rapidement, quelque chose semble différent. Outre le fait que Julie est morte et le vit mal (elle a froid, a mal aux muscles, ne sent pas son cœur battre), elle commence à avoir faim. Tout deux vont croire à une faim normale, mais c’est finalement de chair fraîche dont Julie a besoin. A partir de là, le film change totalement, et le spectateur prend totalement le parti de Julie. Morte vivante malgré elle, elle va devoir lutter en permanence contre sa faim, avant d’y succomber dans la dernière partie.

Doté d’effets spéciaux plus que corrects malgré le très faible budget et le temps de tournage limité (Yuzna devait se dépêcher avant que la licence n’appartienne plus aux producteurs), c’est le personnage de Julie qui captive, personnage allant jusqu’à l’automutilation afin de ne pas penser à sa faim. Couteaux, piercing, tout ce qui lui passera sous la main servira à la faire souffrir afin qu’elle ne pense pas à sa faim, et surtout, qu’elle ne s’attaque pas à son petit ami, Curt, qui ne peux rien faire pour arranger la situation, qu’il a lui-même créé de toute pièce. Tous les éléments de l’histoire ne seront là que pour tenter Julie, qui perdra espoir, tentera de se donner la mort (mais ce qui est déjà mort ne peut être tué à nouveau), avant de succomber à ses pulsions les plus hostiles, perdant totalement le sens des réalités, ne parvenant à se contrôler que lorsque Curt se retrouve devant elle (et encore…). Mindy (ou Melinda) Clark était l’actrice idéale pour ce rôle. On la retrouve quelques années plus tard dans le jouissif Killer tongue avant qu’elle ne parte travailler dans la télévision (Newport beach par exemple). Son personnage est développé, intéressant, sexy et dégoûtant à la fois. Bien que partant d’une idée rappelant quelque peu Re-Animator 2 (l’appréhension de la vie sans l’être aimé et la tentative de la ramener à la vie), Le retour des morts vivants 3 se montre plus sérieux et plus intelligent dans son traitement, et donc bien plus agréable et réussit. Le film ne fait pas peur, mais divertit tout en nous proposant des scènes chocs, intéressantes, et parfois même faisant froid dans le dos de par le traitement de certains personnages, et surtout lors de son final, réussi, inattendu, et triste. Des défauts, le film en a, mais il reste une grande réussite tout de même dans la carrière de Yuzna, qui relève le niveau de son précédent film.

 

NOTE: 14/20
En bref: Yuzna signe le meilleur épisode de la saga, laissant de côté l’aspect comique pour faire un film plus sombre et désespéré. Quelques facilités à différents niveaux mais le film est plus que divertissant, et se révèle intelligent dans le traitement du personnage de Julie.

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