Critique: Ley Lines

Publié le par Rick Jacquet

LEY LINES

Ley lines
Titre original : Nihon kuroshakai
1999 - Japon
Genre: Policier 
Réalisation: Takashi Miike
Musique: Koji Endo
Scénario: Ichiro Ryu
Avec Sho Aikawa, Samuel Pop Aning, Yukie Itou, Michisuke Kashiwara, Kazuki Kitamura, Tomorowo Taguchi et Naoto Takenaka


Trois jeunes hommes issus de familles immigrées au Japon décident de quitter leur petite ville de campagne pour le quartier de Shinjuku, à Tokyo. Ils vont tenter de s’intégrer, et tombera rapidement sur une prostituée, venue de Shanghai, qui va les dépouiller. Pour s’en sortir, ils vont accepter de travailler pour un petit délinquant vendant du Toluène. Ils vont alors retrouver la prostituée et se lier d’amitié avec elle, tandis que les gangs de la ville sont à leur recherche.

En 1999, alors que Miike offre aux spectateurs son premier épisode de la trilogie Dead or alive, il en clôt une autre, celle de la Black Triad Society, entamée en 1995 avec Shinjuku Triad Society, puis continuée en 1997 par le magnifique Rainy Dog, qui mettait en scène Sho Aikawa dans le rôle principal. Ici, Miike s’intéresse encore aux yakuza, et au quartier de Shinjuku, mal fréquenté à Tokyo, puisque ce sont les yakuza qui y font la loi. Et une nouvelle fois encore, Miike va s’intéresser de près ici aux étrangers, aux valeurs familiales, et au rôle de la femme. L’être humain, sa condition, sa recherche du bonheur et ses maladresses ont toujours étés au centre du travail de Miike, et ce Ley Lines ne déroge pas à la règle, bien au contraire, même si la plupart de ses idées seront réutilisées ensuite de meilleure manière dans Dead or alive 2. Nous sommes donc ici invités à suivre le parcours de trois jeunes, trois jeunes délinquants, mais surtout, trois jeunes de familles immigrées.  Ils nous apparaissent dés le départ comme des jeunes énervés, en marge de la société, qui ne les accepte pas. Pour se faire remarquer et s’en sortir, il n’y a qu’une solution pour eux, qui ont toujours été mis de côté dés l’enfance : l’illégalité. C’est ainsi que Ryu, le chef de la bande, son petit frère et son meilleur ami partent pour Shinjuku, le quartier de Tokyo où tout est possible, mais où le moindre faux pas peut leur être fatal.

Dès leur arrivée dans ce qu’il leur semble être la ville où tout est possible, nos trois compagnons vont finir par se faire malmener. De notre côté, le spectateur est déjà au courant du danger que peu représenter cette ville, entre les petits trafiquants et les gros bonnets. Avant les personnages, nous faisons la connaissance du petit trafiquant de Toluène, joué par Sho Aikawa, dans le bon ton, comme toujours et d’un plus gros dealer, restant souvent enfermé chez lui, demandant à des femmes de venir lui raconter histoires et contes, auxquels il n’a pas pu profiter dans sa jeunesse. Oui, la jeunesse est au cœur même de l’œuvre, des personnages, de leur cheminement. La première rencontre des personnages sera une prostituée, qui va se servir d’eux et les enfermer afin de leur voler leur argent. Les personnages féminins ont toujours été importants chez Miike, et sont rarement inutile. Mais c’est justement ici que le bas blesse. Alors que la petite bande se trouvera du travail, en vendant du Toluène pour le petit délinquant, Sho Aikawa, et son assistant, un Africain du nom de Barbie, dans le but de récolter assez d’argent pour se faire des faux passeports et ainsi quitter le pays, les vieux Yakuza vont être après eux, et ils vont être recueillis par cette prostituée, elle aussi âme en détresse, perdue parmi la violence des lieux. Mais la relation entre la prostituée et les trois amis sera finalement bien simple, trop facile, et n’apportera rien de vraiment intéressant ou passionnant dans le cheminement des personnages dans leur quête du bonheur.

Le personnage n’ajoutera pas vraiment grand-chose à l’intrigue, et lui permettra juste de s’allonger un peu plus, de donner en quelque sorte un fardeau de plus aux personnages alors que les éléments se déchaînent contre eux. Cela permettra également au film d’incorporer quelques éléments sado-maso et délirant vis-à-vis du sexe, totalement gratuits. Pris à part, ce Ley Lines est donc fortement décevant dans la filmographie de Miike, d’autant plus que ses thèmes, et la plupart de ses idées (ainsi que son casting) se retrouveront l’année suivante dans Dead or alive 2, un de ses meilleurs films. Le final de Ley Lines et de Dead or alive 2 seront d’ailleurs assez similaires dans leurs idées et leurs mises en scène, comme si ce Ley Lines n’était qu’une préparation. Miike reprendra d’ailleurs une partie de ce final, du moins certaines de ses idées, dans son futur Yakuza demon, un de ses plus mauvais travaux à ce jour. Cependant, certaines idées fonctionnent tout de même ici, et dans la trilogie Black Society, ce nouvel opus apporte quelques éléments intéressants, et permet de boucler la boucle. Pas désagréable, mais trop de choses sont si peu exploitées et seront à nouveau faites plus tard, en mieux.


NOTE: 12/20
En bref: Un dernier épisode intéressant, mais un peu long, et sous développé par moment, surtout quand on le compare au précédent épisode, Rainy Dog, qui était une petite merveille. Néanmoins, dans la filmographie de Miike, et dans le cadre de la trilogie, Ley Lines se révèle, malgré ses défauts, attachant et intéressant.

Publié dans Critiques

Commenter cet article