Critique: Lifeforce

Publié le par Rick Jacquet

LIFEFORCE

Lifeforce: l'étoile du mal
Titre original : Lifeforce
1985 - Etats-Unis
Genre : Science fiction
Sortie française le 18 Septembre 1985
Budget: 25 millions $
Box office: 11 millions $

Réalisation: Tobe Hooper
Musique: Henry Mancini
Scénario: Dan O'Bannon et Don Jakoby
Avec Steve Railsback, Peter Firth, Mathilda May, Patrick Stewart et Frank Finlay

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1986. La navette spatiale « Churchill » a rendez-vous avec la comète de Halley. Surprise : l’équipage repère dans le sillage de l’astre un objet gigantesque. C’est un astronef d’origine inconnu. Le commandant de la mission Tom Carlsen et quelques hommes explorent le vaisseau extraterrestre et découvrent des centaines de corps momifiés de créatures ressemblant à des chauves-souris... Plus loin dans le vaisseau, ce sont trois corps à l’apparence humaine, nus, qu’ils trouvent, et ramènent à bord.

Le milieu des années 80 est une époque assez fertile pour tous les projets de science fiction. La moitié se cassent la gueule, tandis que l’autre moitié s’en sort à merveille. En 1984, nous avions eu Dune, de David Lynch, du côté des échecs, et Terminator de l’autre côté. En 1986, c’était Aliens le retour qui s’en sortait à merveille. Lifeforce, lui, se placera dans la barre des échecs, que ce soit artistiques ou financiers. Pas étonnant, de la part d’un réalisateur comme Tobe Hooper. Il aura beau s’entourer d’une bonne équipe technique, et avoir un budget plus que confortable pour l’époque, cela n’empêche pas le film d’être un échec. Scénarisé par Dan O’Bannon, déjà scénariste de Alien premier du nom, Lifeforce nous raconte donc l’histoire de trois vampires de l’espace. L’intrigue ne perd pas vraiment de temps en explication au départ, le film reprenant la trame d’Alien, et allant à l’essentiel. Un vaisseau dans l’espace, étudiant une comète, aperçoit un vaisseau d’origine inconnue, et une partie de son équipe s’en va l’explorer, et y rencontreront des organismes venant d’une autre planète à priori endormis. Et pourtant, comme pour Alien, cette première partie, beaucoup plus courte ici (une petite dizaine de minutes, comparé à la première demi-heure pour Alien) fonctionne vraiment bien. Quatre des membres d’équipage explorent le vaisseau, et tombent sur des sortes de chauves-souris géantes, mortes. Le vaisseau va se mettre alors à bouger, et prendre l’apparence, d’après les personnages, d’un parapluie géant (oui oui, c’est ce qu’ils disent), laissant l’équipage entrer dans une nouvelle salle où trois personnes, deux hommes et une femme (Mathilda May, parcourant la majeure partie du film nue) semblent dans un état de sommeil profond. Hop, la ressemblance avec Alien s’arrête ici, et le film reprend sur Terre, à Londres plus exactement.

Après ce début prometteur, et surtout grâce au budget du film, permettant d’en mettre plein la vue pour l’époque, le spectacle promet vraiment. La femme de l’espace, toujours nue, ne tardera pas à se réveiller une fois sur Terre, et va se nourrir de l’énergie vitale de ses victimes, qui deviendront des sortes de zombies à l’apparence squelettique, parcourant les rues eux aussi à la recherche d’énergie vitale, afin de se régénérer. Un processus intéressant, auquel on espérait que son traitement serait à la hauteur. Mais passé la première demi-heure, tout retombe à plat, et on s’ennuie carrément. Nous avions pourtant Mathilda May nue, des zombies particulièrement bien fait, mais tout à coup, l’histoire va partir dans une nouvelle direction, et nous permettre de suivre l’histoire du point de vue de Tom Carlson, seul rescapé de la mission spatiale, lié télépatiquement à la femme de l’espace. Ne vous méprenez pas, l’histoire aurait pu être intéressante, mais Hooper filme cette histoire avec si peu d’enthousiasme et de passion, et les évènements s’enchaînent très rapidement sans que cela ne nous intéresse. On reconnaîtra dans un petit rôle la présence de Patrick Stewart, qui jouait déjà l’année précédente dans Dune de David Lynch, mais une nouvelle fois, rien de bien palpitant à l’image. Il faudra attendre la dernière demi-heure du métrage avant de voir les choses véritablement bouger.

Là où Lifeforce se révèle le plus intéressant et le plus impressionnant, et donc, le plus réussit, ce sera dans ces extrémités, son ouverture, et son grand final, où le budget aura été pleinement nécessaire pour arriver à un tel résultat, puisque la ville de Londres se retrouvera plongée dans l’apocalypse, entre explosions, zombies courrant dans tous les sens et autres effets visuels, tandis que le vaisseau alien se rapproche de la Terre. La science fiction rattrape alors le récit, qui n’était devenu plus qu’un banal film fantastique un brin trop bavard et bien trop ambition pour le metteur en scène pendant une bonne heure. Etrangement, c’est dés l’instant où Mathilda May apparaît nue à l’écran que Tobe Hooper semble motivé pour réaliser son film, et à nous fournir de belles images, ce qui est sans doute l’élément qui marquera toute une génération, plutôt que la qualité du métrage en elle-même, toute relative. Lorsqu’il le veut vraiment, le métrage peut se révéler impressionnant et plutôt bien mené, même si certains éléments de l’histoire restent plutôt confus et que l’on s’emmerde pas mal une majeure partie de sa durée.


NOTE: 07/20
En bref: Vraiment chiant, lent, Hooper nous livre un film plus que banal, qui ne sera sauvé que par son début et son final apocalyptique, ainsi que la plastique de Mathilda May et des effets spéciaux toujours efficaces aujourd’hui, mais rien de vraiment passionnant.

Publié dans Critiques

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