Critique: Maid-Droid

Publié le par Rick Jacquet

MAID-DROID

Maid-Droid
Titre original: メイドロイド 
2009 - Japon
Genre: Erotique
Réalisation: Naoyuki Tomomatsu
Musique: -
Scénario: Naoyuki Tomomatsu
Avec Akiho Yoshizawa,  Anri Suzuki, Yôko Satomi, Mari Yamaguchi et Masayoshi Nogami


Ueno est à présent un vieillard. Pour lui tenir compagnie, il n’a que Maria, un robot dont les batteries sont mortes. Ueno se rappelle, cet androïde lui avait été offert par ses parents plusieurs décennies plus tôt, alors qu’il n’était qu’un lycéen. Au même moment, un androïde sème la panique en ville, en violant des jeunes femmes.

Les femmes de ménages sexy, c’est monnaie courante au Japon. Les femmes de ménages androïdes également finalement. Il y avait eu carrément un manga puis une série animé sur ce sujet, Mahoromatic. Il y avait de l’action, des scènes gentiment coquines et beaucoup d’humour. Maid Droid, c’est un peu la même chose, sans l’action. Et pourtant, ça fonctionne. Le réalisateur, Naoyuki Tomomatsu, prend plaisir à filmer son intrigue, à tel point qu’en fait, il y aura deux intrigues dans le métrage, et que le gros défaut viendra de là. Et que pour mieux comprendre pourquoi, je m’attaquerais à chaque partie séparément. Dans un premier temps donc, nous suivrons l’histoire de Monsieur Ueno et de son robot, Maria, un ancien modèle qu’il a reçu alors qu’il était encore jeune. Cadeau offert par ces parents afin qu’elle s’occupe de lui en leur absence, bien que Maria ne sera pas forcément très douée dans tout ce qu’elle va entreprendre, mais pourtant, son petit côté gaffeur va rapidement attirer l’œil de Ueno. La majeure partie de cette intrigue sera en fait des flashbacks, pour comprendre pourquoi Ueno vit à présent seul, reclus dans sa maison, avec pour seule compagnie Maria, alors que celle-ci n’a plus de batterie, et que c’est à présent lui qui s’occupe d’elle, l’entretient, la nettoie. Cette partie sera bien entendu la plus intéressante du métrage, puisqu’on verra rapidement comment de fil en aiguille, suite à une grande frustration envers les femmes, qui le traitent comme un gamin et ne semblent s’intéresser qu’à son argent, Ueno préférera la compagnie de Maria. Pourtant, celle-ci, un ancien modèle dépassé depuis des lustres, n’a pas grand-chose à lui apporter. Elle n’est en effet pas conçue pour l’amour ou le sexe, et leur relation restera platonique.

Pourtant, cela suffit à Ueno, et lui apporte un grand réconfort, et dans un sens, une confiance en lui. C’est ce contraste entre Maria, la robot, jouée par Akiho Yoshizawa (qui reprendra le même rôle dans Maid Droid VS Hostroid, que je n’ai pas encore vu), et les femmes belles et bien réelles, qui est au cœur du récit. C’est ce que les femmes recherchent chez les hommes qui a créé finalement la situation actuelle dans ce récit de science fiction. Les femmes recherchent le plaisir, la beauté et l’argent, alors que l’homme recherche finalement une femme simple, certes docile, mais simple. Une des grandes scènes du film nous montrera d’ailleurs un jeune homme amateur de robots sexuels se faire malmener par deux femmes qui le ridiculisent en direct à la télévision, car elles n’arrivent pas à comprendre les goûts de cet homme, pourtant devenu ainsi suite à ces expériences avec de vraies femmes. La société que Tomomatsu décrit fait un peu froid dans le dos, mais pourtant, en sommes nous vraiment éloignés ? Enfin, dans tout ça, bien entendu, Maid Droid se doit de rester une œuvre d’exploitation qui vise un certain public, et donc, un Pinku Eiga. Rassurez vous, les scènes érotiques sont bien présentes dans ce film, certaines plus discutables que d’autres, mais Tomomatsu réalise tout de même une incroyable scène de fellation sensuelle, sans rien nous montrer, bien entendu, puisqu’il s’agît d’un film érotique. Cette partie de l’intrigue en tout cas remporte l’adhésion, et aurait pu se suffire à elle-même.

Mais non, Tomomatsu inclura donc une seconde histoire, qui jamais ne viendra rencontrer la précédente, mais apportera une prolongation de la thématique du réalisateur, également scénariste, sur les besoins sexuels des hommes et des femmes de notre société. Pas inintéressant, cette partie pourtant, en prenant des airs de film policier du pauvre, peine à convaincre. Les personnages s’avèrent moins intéressants et surtout moins développés, avec pour principal protagoniste une inspectrice en deuil de son robot. Il sera pourtant amusant de remarquer une scène ou un client essaye le robot dernier cri, et de voir cet essai mal tourner. Cette séquence fait rire, mais fait tache dans le reste du récit bien plus sérieux. Cette intrigue sera aussi gâchée par un trop plein de dialogues n’apportant finalement pas grand-chose, et nous amenant au final des deux histoires, dénouement optimiste niais d’un côté, et censé être triste, mais raté de l’autre. Alors qu’il commençait si bien et possède tout de même de très bons moments, ce Maid Droid est un film en demi teinte, qui a voulu en faire trop sans aucun doute, mais qui parvient tout de même grâce à sa vision du monde et à son originalité à sortir du lot.


NOTE: 12/20
En bref: Court et original, Maid Droid est déséquilibré. Possédant deux intrigues, celle avec Maria la robot du titre est prenante et belle, tandis que l’autre beaucoup moins intéressante.

Publié dans Critiques

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