Critique: Massacres dans le Train Fantôme

Publié le par Rick Jacquet

MASSACRES DANS LE TRAIN FANTOME

Massacres dans le train fantôme
Titre original : The funhouse
1981 - Etats Unis
Sortie française le 24 Juin 1981
Genre: Tueur en série 
Réalisation: Tobe Hooper
Musique: John Beal
Scénario: Lawrence Block
Avec Elizabeth Berridge, Shawn Carson, Jeanne Austin, Jack McDermott, Cooper Huckabee, Largo Woodruff, Miles Chapin et William Finley
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Un parc d’attractions vient d’ouvrir dans la ville. Quatre adolescentes y vont, et après y avoir passée la soirée, décident de passer une nuit dans le train fantôme de la fête foraine qui bat son plein. Mais les ennuis commencent pour eux, quand ils vont être les témoins d’un meurtre violent par un homme portant un masque de Frankenstein.

Après avoir réalisé deux films excellents, qui ont su le faire remarquer, et surtout, lui permettre de se démarquer des autres productions du genre en offrant aux spectateurs un style différent de ce que l’on pouvait voir, alliant le réalisme avec le glauque dans des œuvres traumatisantes (Massacre à la tronçonneuse et Le crocodile de la mort), le père Tobe Hooper tourne un téléfilm de 3 heures en 1979, d’après Stephen King. Ce sera Les vampires de Salem. Pour marquer son grand retour au cinéma, ou il aura effectué pratiquement un sans faute jusque là, Hooper change de style (ou prouve qu’il n’en avait pas vraiment) et s’adapte à son époque. Lancé en 1978 par John Carpenter avec Halloween, le slasher est un genre qui cartonne dans les années 80. Halloween en est la preuve (11 films) et Vendredi 13 également (10 films, un remake et un versus avec Freddy). Hooper se lance alors dans l’expérience du slasher, et c’est ce Massacres dans le train fantôme qui nous arrivera en 1981. Mais Hooper ne désire pas faire un slasher comme on en voit tant depuis maintenant 20 ans, et donc, n’ajoutera pas dans son histoire un des éléments les plus demandés du genre : le gore. Pourquoi pas, après tout, Massacre à la tronçonneuse n’était pas gore. Dès ces premiers instants, le film rendra un flambant hommage au Halloween de Carpenter et à Psychose de Hitchcock. Vue subjective, homme masqué, couteau, fille nue sous la douche. Nous sommes en terrain connu, mais très rapidement, l’effet retombe, ce n’était qu’une farce.

L’effet est amusant, même si la parodie de la scène de Psychose, nous l’avons déjà eue dans Phantom of the paradise, du maître De Palma. Le film va alors nous traîner dans l’habituelle présentation des personnages principaux, comme tout bon slasher. Sauf que le métrage en question va y accorder beaucoup trop d’importance, laissant à cette présentation des personnages la moitié de sa durée. Un peu trop long. Nous apprendrons donc à connaître les 4 jeunes venus au parc d’attractions pendant qu’ils feront les manéges. A l’exception de l’héroïne, Amy, les autres personnages semblent vides, et ne sont là que pour servir de futures victimes. En parallèle, le petit frère d’Amy, Joey, se rendra lui aussi au parc d’attraction, sans l’autorisation de ses parents. Le film aurait sans aucun doute gagné en qualité et en rythme en voyant le personnage de Joey moins présent, puisque la partie de l’histoire le concernant n’a vraiment rien de passionnant, et surtout s’avère totalement inutile. Ce qui aurait pu nous être montrer en 20 minutes s’étend donc sur 45 minutes, et on s’ennuie clairement. Quelques scènes sortiront du lot, grâce à notre attirance pour les différentes attractions de ce genre d’endroit, et on reconnaîtra l’acteur William Finley jouant le comte Dracula, déjà présent dans Le crocodile de la mort de Hooper, ou dans Sisters et Phantom of the paradise de De Palma. Le film va alors enfin décider de se bouger les fesses, quand les personnages vont improviser leur plan de la nuit : dormir dans l’attraction du train fantôme. C’est à partir de là que les choses vont vraiment bouger. Nos quatre personnages vont être les témoins du meurtre d’une des foraines, par un homme, portant un masque de Frankenstein. Le tueur, dont le visage sera dévoilé bien trop tôt (comme pour rattraper le temps perdu pendant 45 minutes) et son père vont alors partir à la chasse aux jeunes, enfermés dans l’attraction.

Le lieu de l’action est intéressant, et bien trop peu exploité dans les films de genre (il y aura eu récemment Destination finale 3), mais Hooper n’arrive que trop rarement à faire monter une véritable tension, à créer une ambiance. Les couleurs choisies sont bien trop sombres, et parfois, on ne comprendra pas grand-chose aux différentes actions des personnages. Vu le nombre de personnages, les meurtres seront peu nombreux, mais cette partie de l’histoire se révèle être la plus intéressante, notamment grâce au personnage du tueur, dont le maquillage, effectué par Rick Baker, est particulièrement réussi. Il fallait bien cela, puisque les effets sanglants, il n’y en aura pas ici, Hooper préférant soit ne pas les montrer, soit rendre l’éclairage assez sombre pour que l’on ne distingue pas grand-chose. Vraiment dommage, puisque le film possède de bonnes idées, une ouverture plutôt amusante, mais Hooper ne parvient pas à donner une personnalité à son film, ne livrant qu’un slasher de plus, un peu mou du genou. Pas désagréable, mais vite oublié.


NOTE: 10/20
En bref: Entre une première partie trop longue et une dernière trop courte et trop clean, Hooper nous livre un film classique sans personnalité, mais traversé par quelques bonnes scènes et de bonnes idées. Le début de la déchéance pour lui.

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