Critique: Max Payne

Publié le par Rick Jacquet

MAX PAYNE

Max Payne
2008 - Etats Unis
Sortie française le 12 Novembre 2008
Genre: Adaptation - Policier 
Réalisation: John Moore
Musique: Marco Beltrami et Buck Sanders
Scénario: Beau Thorne d'après le jeu vidéo de Sam Lake
Avec Mark Wahlberg, Mila Kunis, Beau Bridges, Ludacris, Chris O'Donnell et Olga Kurylenko


Max Payne est un flic déterminé à retrouver ceux qui ont brutalement assassiné sa famille et son partenaire. Obsédé par sa quête de vengeance, il laisse son enquête l'entrainer dans un voyage cauchemardesque dans les bas-fonds de l'underground new-yorkais. Tandis que le mystère s'épaissit, Max va devoir affronter de puissants ennemis mais aussi ses propres démons.

Max Payne était une adaptation attendue au tournant. Parce que le jeu est un jeu culte, au même titre que Silent Hill, Resident Evil et autres jeux déjà adaptés, mais également parce qu’il se prête parfaitement à l’exercice d’une adaptation. Max Payne, le jeu, était en effet un patchwork de différentes influences, notamment envers le film noir, les polars sombres, mais également envers les films d’action bien bourrins avec des bullet time en pagaille, comme le faisait si bien John Woo quand il tournait à Hong Kong (la bonne époque). Bref, on pouvait s’attendre à du lourd. Quand le projet a été lancé, ça faisait déjà un peu plus peur, avec John Moore à la réalisation, qui n’est nul autre que le responsable du remake de La Malédiction. Puis à l’annonce du casting, un peu d’espoir revenait. Mark Wahlberg dans le rôle de Max Payne, pourquoi pas. Le casting s’étoffa rapidement de quelques têtes connues, comme Beau Bridges ou encore Olga Kurylenko (Quantum of Solace, Hitman, le serpent). Le navire était en marche, puis les bandes annonces firent leurs apparitions sur le net. On pouvait reconnaître des endroits du jeu, quelques passages, la musique convenait bien et l’univers visuel avait l’air de coller. Plus qu’à attendre la sortie du métrage, et les premières critiques presses. Critiques qui furent pour la plupart, à 80%, exécrables. On appréhendait alors le film, mais il fallait se lancer. Et finalement, Max Payne n’est pas le gros ratage annoncé, c’est juste que le film avait un potentiel monstre et que l’équipe a parfois fait des choix étranges, dans le scénario et la mise en scène, qui forcément, déçoivent le fan du jeu vidéo. Pour ceux qui ne connaissent pas le jeu, la comparaison n’est pas possible, certes, mais la déception sera quand même au rendez vous je pense, face à certaines simplicités dans le fond et dans la forme.

Max Payne, le film, est au final une œuvre simple, à la fois très différente et très proche du jeu vidéo, et qui manque parfois d’un peu de peps. Mark Wahlberg joue au départ un Max Payne très différent de celui que l’on connaît. Il fait du travail de paperasse pour la police depuis le meurtre de sa femme et de son bébé trois ans plus tôt. Il est encore ravagé par cette histoire, qui n’a pas été classée, le coupable n’ayant pas été retrouvé. Comme on s’en doute, cette affaire va finir par refaire surface, et Max Payne va se lancer dans une vengeance personnelle, aidé ou non par quelques personnes. Classique. L’histoire intègre plusieurs éléments du jeu vidéo, parfois de manière différente (la mort du coéquipier de Max), parfois de manière furtive, quand il s’agit de certains détails comme des lieux, mais les grandes lignes restent les mêmes, si ce n’est que celles ci n’ont pas été développées à leur maximum. Certains éléments seront totalement éclipsés pour en faire apparaître d’autres, et le film va donc se retrouver par moment inutilement bavard, très bavard. Alors que l’ouverture nous donnera de l’espoir en respectant le jeu, avec cette voix off commençant par la fin de l’histoire, puis le passage de la gare avec les junkies, le film va se trainer en longueur pour nous fournir un thriller banal aux images parfois surnaturelles, plutôt qu’un film d’action musclé. Tout n’est pas à blâmer non plus, les acteurs s’en sortent plutôt bien, on retrouve des personnages du jeu vidéo, et l’univers visuel du film est respecté, avec ces nombreuses ruelles sombres, la neige qui tombe, certains plans de caméra, les bâtiments délabrés, où même le club Ragnarock, même si celui ci n’a rien à voir avec celui du jeu vidéo. Mais cinématographiquement, on aura vu beaucoup plus accrocheur et original comme polar. Pour le moment, le film ressemble à n’importe quel film policier que l’on a pu voir et revoir, avec un univers visuel plutôt stylé en prime, avec en terme d’adaptation, quelques déceptions, notamment en ce qui concerne le tourment de Max. Alors que dans le jeu vidéo, le joueur se retrouvait souvent plongé dans l’inconscient de Max, revivant sa tragédie familiale sans pouvoir y changer grand chose, le film va très peu se focaliser là dessus, et d’ailleurs, dans l’ensemble, le film paraîtra beaucoup moins sombre que sa source.

Mais qu’en est-il de l’action dans tout ça, puisque Max Payne, le jeu vidéo, est bien connu pour tout ça. Ça pète, ça explose de partout, on saute, on flingue, bref, on ne s’ennui jamais. Et bien, Max Payne le film, c’est une autre histoire encore une fois. Le scénariste a tenté quelque chose de totalement différent, et niveau action, il faudra attendre les vingt dernières minutes du métrage pour y avoir droit. Pour environ deux malheureuses séquences. Cela permet au film, court, de développer son histoire (simpliste au final) et ses personnages, mais on aurait quand même apprécié que ça bouge un peu plus. Le film n’aura droit qu’à un seul bullet time, ce qui dans un sens n’est pas un mal (quand on voit l’abus de cet effet dans certains films, notamment House of the dead), même si celui ci, attendu, n’est pas des plus judicieux. L’action, comme les autres ingrédients du métrage, s’avère décevante, car, outre le fait qu’elle ne soit que trop peu présente à l’écran, ne nous dévoile rien de nouveau, rien de vraiment palpitant. Ces scènes sont filmées assez simplement, avec un manque de panache évident, et ne font jamais vraiment décoller le métrage. Même le final censé être dantesque puisque reprenant les lieux et les situations du jeu, finissent par décevoir, la faute à une simplicité mal venue et surtout un choix de mise en scène des plus étonnant. Max Payne reste pourtant un film plutôt agréable à suivre, qui occupera bien des soirées froides lors de sa sortie dvd, pas prise de tête, auquel il manque beaucoup de chose, mais qui a quand même la chance de bénéficier d’un bon casting, d’excellents effets spéciaux et d’une bonne mise en valeur de son univers visuel.


NOTE: 10/20
En bref: Une adaptation décevante de plus, mais on est loin du carnage annoncé, l’ensemble se suit plutôt bien malgré un manque d’originalité gênant et des scènes d’actions banales et peu nombreuses.

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