Critique: Mexican Werewolf in Texas

Publié le par Rick Jacquet

MEXICAN WEREWOLF IN TEXAS

Mexican werewolf in Texas
2005 - Etats Unis
Genre: Loup garou - Chupacabra
Réalisation: Scott Maginnis
Musique: Matthew MacGaughey
Scénario: Scott Maginnis
Avec Erika Fay, Gabriel Guttierrez, Sara Erikson et Louie Cruz Beltan


Dans une ville paumée, à la frontière entre le Texas et le Mexique, des meurtres inexpliqués commencent à se produire, d’abord sur le bétail, puis sur les humains. Les adultes, tous aussi stupides et bornés les uns que les autres, ne croient pas en la légende du Chupacabra, loup-garou mexicain légendaire. Mais quatre jeunes vont tenter de tuer la bête.

En voilà un titre qui ne fait pas du tout envie, et qui nous donne dés le départ le sentiment que l’on va voir un film con et mal foutu, façon NU Image. Il y a du vrai et du faux là dedans, car malgré tout, Mexican werewolf in Texas est bien supérieur à tout un tas de production du genre, sans pour autant atteindre le niveau de certains films cultes des années 80 dans le genre animal tueur, ou loups-garous. Le principal souci du métrage sera d’ailleurs sa bien trop grande répétitivité. L’héroïne, Ana, va nous présenter dans un premier temps sa ville, ses habitants, et ses amis, en voix off. Que des personnages stéréotypés, décérébrés, et dans un certain sens, Ana s’en moque, et donc par la même occasion, le réalisateur aussi. Il se moque du genre dans lequel il fait évoluer son film. Seule Ana semble en total décalage avec les habitants de la ville, et peut être également son petit copain, Miguel, et sa famille. Dans un premier temps, le fait de se moquer de cet univers s’avère bien sympathique, puis arrive les premières attaques de la bête. Ces scènes tranchent avec le reste, et rappellent par moment les bons vieux films de monstres des années 80, avec ce que cela implique de faux sang, de gore, et de plans épileptiques. La bête, sans être extraordinaire, est plutôt bien fichue.

Pour le moment, le film réalise pratiquement un sans faute, même s’il n’y a rien de véritablement neuf à l’horizon. Tout de suite, les adultes vont rejeter en bloc l’idée de ce monstre typiquement mexicain : El chupacabra. Monstre pourtant intéressant, ne s’attaquant normalement qu’aux animaux, et surtout, trop rarement utilisé au cinéma, et dont la première apparition notable se fera dans la série télévisée X-Files. Les jeunes, et donc, la troupe de personnages principaux, vont eux tout de suite accepter la vérité, et certains vont même faire appel à un soit disant « chasseur professionnel » du monstre en question. Le chasseur sera ridiculisé par l’histoire et son traitement, tant il passe pour un incapable totalement taré. Mais malheureusement, la recette qui faisait effet jusque là va se casser la gueule au fur et à mesure de l’avancée du film, tant l’histoire et les scènes vont stagner, et tourner en rond. Les personnages resteront toujours assis tranquillement dans leur bar, à s’exclamer de la situation, et le shérif et son adjoint vont rapidement énerver, avec leurs dialogues de sourds : « C’est sûrement un coyote. » avant de s’exclamer plus tard : « Un coyote ne ferait pas ça ». Les scènes d’attaques arriveront alors à intervalles réguliers afin d’apporter de la variété au film, ce qui marchera au départ, avant de se casser également la gueule. Les attaques se dérouleront, à quelques exceptions près, toujours de la même manière, et la mise en scène ne changera pas d’un poil, mêlant gros plans et plans larges tremblants. Bien dommage, même si l’on retiendra certaines attaques particulièrement violentes et efficaces. Le final tentera heureusement de changer la donne en ajoutant quelques nouveautés au tableau, parfois réjouissantes, parfois ridicules.

Les survivants, et donc personnages principaux, vont partir à la chasse du monstre, à l’insu de leurs parents, pendant que l’héroïne fuguera de chez elle après que ses parents, vivant sans doute encore dans une autre époque, l’ont engueulé pour avoir trouvé dans sa chambre une boite de préservatifs vide. Son père, travaillant à la morgue, n’aimera pas sa réaction, et décidera d’abattre Miguel, son petit ami. Cette petite histoire secondaire se mariera bien avec l’histoire principal de ce loup-garou mexicain, et les deux intrigues se croiseront. Mais le réalisateur décidera malheureusement de mettre l’humour beaucoup trop au premier plan, et ce qui pouvait faire le charme de la première partie, avec cette moquerie envers ses personnages et situations, se retourne contre le film. Une situation restera alors dans les annales. Quand deux personnages, en proie au monstre, se réfugient dans une voiture, l’une sort : « Fais quelque chose, distraie le » et sa copine ne trouvera rien de mieux à faire que de montrer ses seins au monstre, ce qui apparemment, fonctionnera… Sans commentaires. Le film s’écroule donc sous son propre poids, mais reste néanmoins une petite série B agréable à voir une fois.


NOTE: 10/20
En bref: Humour et gore font ici bons ménages, mais la formule s’épuise malheureusement avec la fin. Dommage. Reste une critique des personnages des films de genre et des scènes d’attaques vitaminées.

Publié dans Critiques

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