Critique: Mortal Kombat

Publié le par Rick Jacquet

MORTAL KOMBAT

Mortal Kombat
1995 - Etats Unis
Sortie française le 25 octobre 1995
Budget: 20 millions $
Genre: Adaptation - Action
Réalisation: Paul Anderson
Musique: George S. Clinton
Scénario: Kevin Droney d'après le jeu vidéo de Midway
Avec Robin Shou, Linden Ashby, Christophe Lambert, Talisa Soto, Cary-Hiroyuki Tagawa et Bridgette Wilson


Des guerriers venant du monde entier sur rendent au tournois Mortal Kombat, qui décidera du sort de l’humanité. Shang Tsung, à la solde de l’Empereur, dirige le tournoi. Pour combattre les forces du mal, Rayden, le dieu des éclairs, rassemble les meilleurs combattants de la planète pour participer à Mortal Kombat.

Mortal Kombat, pour beaucoup, reste la première adaptation potable d’un jeu vidéo. Avant, il y avait eu Street fighter ou encore Super Mario Bros, des films qui laissent un triste souvenir. Mortal Kombat n’était pas un pari facile, et on le sait, adapter en film un jeu de combat n’est pas forcément l’idéal. Street fighter en était la preuve, et encore aujourd’hui, ce genre d’essais se cassent souvent la gueule, comme dans le récent DOA : Dead Or Alive, où les chorégraphies semblent déjà parfois dépassées. Mortal Kombat souffre aujourd’hui du même défaut, puisque les différentes chorégraphies ont étés vues et revues, souvent en mieux. Pour palier tout cela, pas beaucoup de solutions, mais insuffler au film un rythme soutenu et une réalisation honnête suffit. Mortal Kombat, le film, reprend donc certains points du jeu assez fidèlement, mais en cherchant à toucher un plus large public, le jeu étant très sanglant avec des coups spéciaux où les corps explosent littéralement. On retrouve donc pas mal de personnages, que ce soit Johnny Cage, Liu Kang, Rayden le dieu des éclairs, Sonya Blade, ou pour les plus impressionnants, Goro, Sub Zero et Scorpion. Certains de leurs coups sont là, et cela fait bien plaisir à voir, garantissant un spectacle fun et pas prise de tête. Les combats se déroulent dans de petites arènes, comme dans le jeu vidéo, variées et plutôt sympathiques, où les personnages peuvent interagir avec divers objets. Pour interpréter ces personnages, que des illustres inconnus, si ce n’est notre Christophe Lambert national dans le rôle de Rayden. Mais on aura beau critiqué son jeu d’acteur film après film, comparé à son remplaçant dans la suite de ce film, il s’en sort à merveille, et ajoute sa touche personnelle au personnage, avec son fameux rire. Rien de bien méchant, les personnages collent à ceux du jeu vidéo, Sub-Zero maîtrise la glace, Scorpion peut faire sortir une sorte de bec extensible de sa main. Les acteurs ne sont pas exceptionnels, mais rien de choquant non plus.

Venons en à présent au principal défaut des adaptations de jeux vidéo : le scénario. Difficile en effet de construire une histoire crédible et prenante autour d’un combat d’arts martiaux. Ici, la barre est placée très haut, Mortal Kombat est un tournoi dans lequel se décide le sort de l’humanité. Rien que ça. Si les humains perdent, les forces d’outremonde pourront envahir la Terre, la plongeant dans le chaos. A partir de là, rien de vraiment passionnant à se mettre sous la dent, mais de toute façon, face au spectacle proposé, le spectateur peut aisément laisser son cerveau au repos pendant une heure et demi. Outre gagner les combats, chaque personnage à sa propre motivation, que ce soit la vengeance (Liu Kang), arrêter de se faire passer pour un arnaqueur (Johnny Cage) ou arrêter un meurtrier (Sonya Blade). Le film se focalisera sur ses personnages, puisque les autres combattants seront très rapidement éclipsés, et surtout battus par Goro, monstre à quatre bras. D’autres créatures parfois étranges viendront s’ajouter au récit, et parfois, elles font plus rire qu’autre chose, la qualité des effets ayant prit un sérieux coup de vieux. Si un soin particulier a été porté aux décors et aux costumes, les quelques décors et créatures numériques sont ridicules. Musicalement, pour coller au rythmé frénétique, quoi de mieux que de mettre un peu de techno et un peu de métal. C’est ainsi des groupes tels que Juno Reactor (on retrouve certaines de leurs chansons dans Desperado 2, Matrix reloaded, Beowulf) ou Fear Factory (que l’on peut également entre dans Faust de Yuzna ou Ginger Snaps) qui accompagnent les combats, le reste de la partition musicale étant signée par George S. Clinton, qui fournit un travail à l’image du film, correct mais sans plus.

La réalisation de Paul Anderson est honnête, très dynamique lors des différents combats, même si ceux ci ne sont pas tous à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre. Ainsi, là où certains combats fonctionnent encore aujourd’hui, comme celui entre Scorpion et Johnny Cage, ou dans l’outremonde, les combats de Sonya Blade ou même le combat final semblent expédiés bien rapidement et pas aussi travaillés que le reste. Si le début est assez avare en combat et traîne un peu lors de l’arrivée sur l’île (les trente premières minutes, pas bien désagréables cependant), le reste du métrage enchaîne les séquences de combats les unes après les autres, ne laissant aucun répit aux spectateurs, et permettant assurément de passer un bon moment et d’oublier quelques fautes de goûts. Ça défouraille un max, ça va vite, on a quelques accélérés, quelques ralentis, de la techno à fond dans les oreilles, et on prend notre pied. Mais si le début un peu long déçoit, il en est de même pour le final, comme dit plus haut vite expédié et surtout trop peu impressionnant par rapport à tout ce que l’on avait peu voir auparavant. La scène finale n’arrangera absolument pas les choses, plongeant dans le ridicule et surtout préparant une éventuelle suite, qui a vue le jour depuis (malheureusement) et de bien piètre qualité. Mortal Kombat, en temps que film bourrin et divertissant, est une réussite toute relative, souffrant de nombreux défauts, mais faisant passer un bon moment. En temps qu’adaptation d’un jeu de combat, c’est un pari suicidaire qui est réussit, la meilleure réussite pour ce genre d’adaptations d’ailleurs, et qui pouvait se vanter d’être la seule bonne adaptation jusqu’à l’arrivée de Silent Hill en 2006.

 

NOTE: 11/20
En bref: Un film bourrin et jouissif, bien rythmé la plupart du temps, qui ne fait absolument pas réfléchir, mais vu le matériel de base, c’est une réussite. Seul le début et la fin déçoivent, mais ce n’est rien comparé à la suite.

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