Critique: Motel

Publié le par Rick Jacquet

MOTEL

Motel
Titre original : Vacancy
2007 - Etats Unis 
Genre: Thriller
Réalisation: Nimrod Antal
Musique: Paul Haslinger
Scénario: Mark L. Smith
Avec Kate Beckinsale, Luke Wilson, Ethan Embry, Frank Whaley et Scott G. Anderson


En panne de voiture, David et Amy, un jeune couple au bord du divorce, se retrouvent obligés de passer la nuit dans un motel miteux éloigné de tout. Par hasard, ils découvrent des cassettes vidéo montrant plusieurs meurtres commis dans la chambre qu'ils occupent. Terrifiés par la réalité des scènes, David et Amy comprennent que s'ils ne font rien, ils seront très bientôt les stars du prochain film... Face à l'horreur et aux cinéastes maniaques du motel, David et Amy ne peuvent compter que l'un sur l'autre pour survivre à ce qui risque fort d'être leur dernière nuit...

Motel, ou Vacancy en version originale, est un petit thriller américain tout ce qu’il y a de plus classique, mais pourtant, le film en lui-même reste diablement efficace du début à la fin. Enfin, presque jusqu’à la fin. Car Vacancy ne souffre pas seulement de sa forme et de son fond classique, mais également d’autres petits défauts, comme des personnages stéréotypés, et d’un final gerbant au possible, dans le mauvais sens du terme. Pire, le film restera par moment trop gentillet et laissera pas mal d’idées sous exploitées. Mais commençons par le commencement, car si le film ne révolutionne absolument rien, le metteur en scène parvient tout de même à maintenir sur sa courte durée (1h20 environ) le suspense et l’intérêt du spectateur, et dans un sens, on n’en demandait pas plus. Enfin, commençons par le commencement. Les lieux de l’action seront vraiment peu nombreux. Il y aura une voiture, et un motel. Suffisamment pour permettre au réalisateur de travailler son ambiance et ses décors. Nous faisons la connaissance de David et Amy, un couple. Un couple qui va mal, on le comprendra très rapidement en voyant leur façon de se comporter l’un envers l’autre, et de se parler. Malheureusement, là où les personnages auraient pu être intéressants, les grandes lignes de l’histoire sont directes classiques et mal venues. Le couple va mal, on est habitué, mais ils sont en voiture perdus sur une route déserte. Bien entendu, ils vont tomber en panne peu de temps après le début, et vont s’arrêter à une station service. Un homme va les aider, et ils vont reprendre leur route pour quelques kilomètres avant de tomber définitivement en panne et de devoir repartir à la station. Pas de nouveautés, si ce n’est que l’on s’attendait tous à ce que le gérant de la station soit un tueur dégénéré.

Mais bien rapidement, la structure classique du métrage va revenir, dés lors qu’ils arriveront au motel du titre. Directement, le gérant ne nous inspire pas confiance, entre sa gestuelle et ses phrases, comme pour inquiéter nos deux personnages et les spectateurs en même temps, tout en leur faisant comprendre qu’ils n’ont d’autres choix que de passer la nuit ici. A partir de là, notre couple battant de l’aile se retrouve dans leur chambre, seuls, isolés de tout. Car oui, le réseau de leurs téléphones ne passe pas ici. Mais après avoir posé la situation et les personnages sans surprises, le film va continuer sur cette lancée, tout en tentant d’instaurer la peur, un certain suspense. Et c’est là que le film, à défaut de surprendre, se révèle totalement prenant et efficace. Coups de téléphones mystères, bruits dans la chambre d’à côté, pourtant vide, et ce n’est que le début. Une plainte chez le gérant ne viendra pas changer les choses, bien au contraire, cela va les accélérer. Mais le véritable élément déclencheur sera une cassette vidéo. Non, pas comme dans Ring. Dans leur chambre, Amy et David vont regarder des cassettes, et s’apercevoir que le lieu du tournage n’est autre que leur propre chambre. De vrais meurtres ont étés commis ici, et ont été filmés. La chasse à l’homme peut à présent commencer, et le réalisateur s’en sort à merveille. Cadrages serrés sur le visage des personnages, situations de plus en plus complexes, personnages surveillés par des caméras de surveillance. Amy et David vont devoir survivre à leur nuit, face aux agressions du gérant et de deux autres personnes, déterminées à s’amuser et à les assassiner pour pouvoir vendre ensuite une cassette de snuff de plus.

Avec ce sujet, le film aurait pu s’avérer excellent et viscéral, mais il n’ira que très rarement au bout de ses idées, préférant jouer la carte de l’efficacité et de la sécurité à tout prix. Ainsi, snuff ou pas, le film s’avérera gentillet sur toute la ligne, nous ne verrons pas d’effusions de sang comme nous pouvions en voir dans quelques films américains récents. Mais au niveau de l’efficacité, cela fonctionne très souvent, entre de trépidantes courses poursuites dans les sous terrains du motel, ou encore dans les différentes chambres, et les acteurs s'en sortent vraiment bien. Tout semble bien se dérouler, mais alors que nous passions un bon moment, la réalité nous rejoint lors du final, nous rappelons que le scénario de Motel a bel et bien de trop grandes limites, non pas au niveau de son efficacité, ou encore de son rythme, mais de ses personnages et de sa limitation dans la violence, souvent montrée furtivement, voir hors champ. Si le film nous présente un couple en dérive devant surmonter de dures épreuves, il n’était pas nécessaire d’améliorer leur relation afin qu’ils s’en sortent. Leurs différents auraient pu justement s’avérer quelque chose d’efficace à mettre en scène dans ce jeu de survie. Mais pire que tout, vu les circonstances et les actions des différents personnages au cours du métrage, le final s’avérera être d’une grande maladresse et d’une naïveté enfantine proprement hallucinante. Fort heureusement, la fin s'avère rapidement expédiée. Bourré de défaut, ce Motel l’est, mais prit comme un film classique, et en n’attendant pas grand-chose, il se révèle plutôt efficace et plaisant.


NOTE: 11/20
En bref: Rien de neuf à l’horizon, juste quelques sursauts et un film efficace et rythmé de bout en bout, gâché par la psychologie du couple et un final ignoble, mais faisant tout de même passer un bon petit moment.

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