Critique: Murder Rock

Publié le par Rick Jacquet

MURDER ROCK

Murder rock
Titre original: Murderock - uccide a passo di danza
1984 - Italie
Genre: Giallo
Réalisation: Lucio Fulci
Musique: Keith Emerson
Scénario: Gianfranco Clerici, Roberto Gianviti et Lucio Fulci
Avec Olga Karlatos, Ray Lovelock, Claudio Cassinelli, Cosimo Cinieri et Giuseppe Mannajuolo


Alors qu'un groupe de danseurs et danseuses se préparent pour une nouvelle comédie musicale sur Broadway, une étrange série d'assassinats va les toucher...

Murder rock... 1984... Déjà la fin pour Lucio Fulci. Après un Conquest de très mauvaise réputation et une mauvaise malédiction du pharaon, Fulci revient au giallo, genre dans lequel il a œuvré occasionnellement (L’emmurée vivante, L’éventreur de New York). Sauf que le père Fulci semble très peu intéressé par son histoire (et le spectateur non plus) et nous livre un film hybride où se noient quelques idées excellentes au milieu d’un ramassis d’incohérences, de non rythme, et de passages purement kitch. Pourtant, le concept avait de quoi fournir un film intéressant sur plusieurs niveaux, et de nous montrer des meurtres intéressants, dans un milieu plaisant.  L’école de danse, ça aurait pu être sympathique comme cadre (attention, notez bien le « sympathique »), avec des compétitions entre les élèves, une multitude de fausses pistes, et pourtant, et bien non, rien du tout ici. L’ouverture du film en elle-même fait peur et rebute. Deux numéros de danse, l’un après l’autre, s’enchaînent. Première constatation : l’équipe du film a du aimer Flashdance, sans pour autant réussir à lui arriver à la cheville. Les numéros de danse sont filmés plutôt platement, sans âme, et surtout sans envie. Le premier numéro pourra d’ailleurs en faire rire plus d’un, et vous forcer à appuyer sur le bouton stop. Le second rattrapera un bref instant le premier, avant de partir dans la même direction. Les actrices sont jolies certes, leur derrière également, mais bon, ça n’en fais pas de bonnes actrices. Car la direction d’acteur s’avère ici proche du zéro.

Passé cette introduction, durant bien une dizaine de minutes, nous plongeons dans le cœur du film. Le premier meurtre arrive. On se rend compte que Fulci arrive tout de même à avoir quelques petits éclairs de génie dans le film, sur la gestion de l’éclairage par exemple, très réussit, ou bien encore sur le jeu des miroirs. Les miroirs seront très présents dans le film, dans chaque lieu, chaque décor, et Fulci va s’amuser à créer une multitude de plans à partir de ça. Mais si seulement ces efforts, vains, avaient pu servir le récit. Non. Même les meurtres, pour un giallo, s’avèrent plus que décevants, voir par moment inexistants. Le tueur, ganté bien évidemment, va s’en prendre aux jeunes femmes, en leur transperçant la poitrine avec une aiguille. Cela va permettre au réalisateur de filmer les poitrines de ses actrices nues, à condition bien sur qu’il filme les meurtres, ce qui sera rarement le cas. Beaucoup de meurtres seront filmés hors champs, et donc, à ce stade, seul le premier pourra avoir un brin d’intérêt, montrant la technique du tueur, propre, rapide. Justement, au bout d’un moment, ce côté un poil trop propre finira par être embêtant, voir chiant pour le spectateur, qui voudra tout de même s’accrocher. Passé le premier meurtre, on se dit que l’enquête va commencer, les suspects s’accumuler, la tension monter. Mais non, rien de rien. L’enquête va patiner tout le long du film, les suspects sont inintéressants, vu le peu de développement des personnages. Le spectateur va arriver à en confondre certains, et se détachera totalement de l’histoire, empêchant une quelconque tension de monter (il faudrait déjà qu’elle soit présente).

Vraiment, il n’y a pas grand-chose à sauver dans ce Murder rock. Fulci, qui avais signé quelques excellents films auparavant, baroques, glauques, gore, oublie tout ici pour fournir un giallo mou dans le milieu de la danse, où seuls deux éléments vont tirer leur épingle (oh, comme l’arme du tueur) du jeu. L’effet de réalisation tout le long avec les miroirs, dans un premier temps, qui met bien en scène le retournement de situation final, et la révélation de l’assassin (même si le final s’avère raté et risible). La seconde chose que l’on retiendra, ce sera plus particulièrement une séquence de rêve. L’héroïne va rêver qu’elle se fait poursuivre par un homme, qu’elle ne connaît pas, et qui va la tuer, comme les victimes. Séquence réussie, très onirique, au ralenti, où l’on retrouve pendant une minute à peine un Fulci plus ou moins inspiré. C’est bien peu sur une heure et demi. Reste pour certains le plaisir pervers de voir les filles dénudées se faire tuer… sans convictions.

 

NOTE: 05/20
En bref: Des filles nues, de la danse pourrie, des meurtres souvent hors champs, des dialogues dérisoires,  des personnages inexistants. Deux bonnes idées noyées au milieu de tout ça.

Publié dans Critiques

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