Critique: Osaka Tough Guys

Publié le par Rick Jacquet

OSAKA TOUGH GUYS

Osaka tough guys
Titre original : Naniwa yuukyôden
1995 - Japon
Genre: Comédie
Réalisation: Takashi Miike
Musique: -
Scénario: Tetsuo Inoue
Avec Sei Hiraizumi, Kentâro Nakakura, Hachirô Oka, Yoshiyuki Omori et Gajiro Satoh


Makoto et Eiji sont 2 jeunes japonais un peu paumés. A la recherche d'un emploi, ils tombent sur une petite annonce alléchante... sans se douter qu'il s'agit d'une bande yakuza qui recrute de la main d’œuvre bon marché !

En 1995, Miike n’est pas encore connu. Il n’a qu’une petite filmographie, avec quelques petits films tournés depuis 1991. C’est en 1995 qu’il commencera à se faire connaître, en tournant cette année son premier épisode de la trilogie Black Society avec le très glauque Shinjuku Triad Society, puis Osaka Tough Guys. Autant le dire, il est très rare de voir Miike s’aventurer dans la comédie pure, et c’est pourtant le cas ici, comme il le refera en 2001 pour Happiness of the Katakuris. Mais nous ne sommes pas pour autant en terrain inconnu, loin de là, puisque nous nous retrouvons ici dans le milieu des yakuza. Comme souvent ! Pourtant, là où la même année, il nous montrait un milieu glauque et malsain, il s’amuse ici à le tourner sans cesse en dérision, dés l’ouverture. Au premier abord, on pourrait dire que Miike faisait dans la facilité. Son film n’est pas ambitieux, ne cherche pas très loin, n’est pas sérieux et on arrive à sentir les évènements venir. Mais on arrive tout de même a ressentir une certaine sincérité et une envie de déconnade derrière cet ovni non identifié, et la sauce prendra la plupart du temps. Eiji et Makoto sont deux jeunes japonais, délinquants, n’ayant aucuns talents particuliers. Ils se font virer de leur lycée, se battent dans la rue, dépensent le million de yens qu’ils parviennent à gagner (illégalement) lors d’une soirée un peu trop arrosée dans un club prisé… Bref, pas de quoi être fier.

Miike va pourtant s’éclater à filmer leurs aventures du point de vue du comique de situation, et en adoptant un style très proche du manga. Ainsi, sa violence n’est pas choquante ni dérangeante, mais amusante, comme il l’a souligné lui-même dans diverses interviews concernant le métrage. Dés l’introduction, le ton est donné. Une baston dans la rue, où nos deux compères tentent de défendre une jeune femme devant un gang. Mais le comique arrive rapidement, quand Eiji, un peu bourré, vomira sur ses victimes, avant qu’un yakuza n’arrive, poursuivis par une jeune femme, grosse et immonde, le suppliant de l’épouser, avant de se faire ruer de coup et de se relever encore et toujours à la manière d’un robot. Comme dit plus haut, le film n’ira pas chercher trop loin, et tout sera misé sur l’humour, parfois lourd, mais qui arrivera néanmoins la plupart du temps à nous faire décrocher des sourires. Quand Eiji et Mokoto vont se faire engager contre leur gré dans le gang yakuza, on attend de Miike qu’il nous raconte encore et toujours la même histoire, mais ce n’est absolument pas le cas. Comme nos deux jeunes, le clan sera tourné en dérision. Ainsi, pour le boss, la vie de yakuza n’est faite que d’entraînement et de filles. La vie en rose donc… Pas vraiment, puisque ces yakuza là vont user et abuser de combines qui se retourneront souvent contre eux. Tout y passera, des prêts qui ne seront finalement jamais remboursés, aux chantages, en passant par la vente de leurs insignes de yakuza à des prix dérisoires et la vente de sous vêtements ayant appartenus à des stars, sans oublier les faux accidents de voiture, mais où les personnages tombent malheureusement… sur une voiture de police.

Alors que les yakuza nous sont généralement présentés comme des hommes durs, suivant un code d’honneur, étant prêt à tuer pour leur survie et jurant fidélité à leur clan, ici, l’affaire est totalement différente. Nous nous retrouvons devant des loosers, entraînés par leur faute ou malgré eux dans l’échec le plus total. Eiji et Makoto sont donc totalement en terrain connu, cela ne les change pas vraiment de leur vie. Beaucoup d’évènements sont prévisibles (le coup de la vraie/fausse dynamite par exemple), le scénario ne se casse pas la tête, mais il faut tout de même reconnaître qu’entraîné dans ce tourbillon d’ânerie, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Le sexe est présent, la violence également, l’univers des yakuza en prend pour son grade, les gags s’enchaînent à vitesse grand V, nous aurons même droit à un passage musical totalement destroy, où la voix d’un des personnage ira jusqu’à faire exploser les enceintes, faire s’envoler un gang et faire dérailler la bobine du film. Sacré Miike !


NOTE: 12/20
En bref: Un des premiers Miike, datant de 1995, il montre déjà toute sa folie. Enchaînant délire sur délire dans une ambiance proche du manga, on ne peut pas s’ennuyer, bien que tous les gags ne fassent pas mouche.

Publié dans Critiques

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