Critique: Phantasm 2

Publié le par Rick Jacquet

PHANTASM 2

Phantasm 2 
1988 - Etats-Unis
Budget : 3 millions $
Genre : Fantastique
Réalisation: Don Coscarelli
Musique: Fred Myrow
Scénario: Don Coscarelli
Avec James LeGros, Reggie Bannister, Angus Scrimm et Samantha Phillips


Enfermé dans un hôpital psychiatrique, Mike est finalement relâché lorsqu'il admet que tout ce qu'il a prétendu avoir vécu dans l'antre du Tall Man n'était que le fruit de son imagination. Mais à peine sortie, il reprend contact avec Reggie pour mettre un terme aux agissements du Tall Man. Mike voit dans ses rêves une jeune femme, Liz. Persuadé que celle-ci est en danger et qu'elle a besoin de son aide, Mike se dépêche de retrouver le Tall Man.

Il aura fallut attendre 9 ans avant de voir débouler sur les écrans la première suite de Phantasm. En 1979, Phantasm fait l’effet d’une bombe. Foutrement original, prenant, mystérieux, le film est depuis devenu culte, et mieux que ça, il reste encore un chef d’œuvre unique du cinéma fantastique. Comme quoi, certains films ne vieillissent pas. En 1988, Phantasm 2 débarque. Toujours écrit et réalisé par Don Coscarelli (qui s’occupe de toute la saga), cet opus effectue dés le départ un changement de ton brutal avec le premier opus. L’histoire reprend exactement là où le premier opus s’arrêtait. Mike et Reggie discutent, Mike monte dans sa chambre, et le Tall Man réapparaît. Le film commence alors véritablement, et nous assistons à la fuite de Mike et Reggie des griffes du Tall Man et de ses esclaves, sorte de nains défigurés. Une mise en bouche rythmée et pleine de charme, où malgré un ton plus musclé, on retrouve l’ambiance du premier opus. Mise en scène, musique, rien à redire, Phantasm 2 commence bien. L’intrigue reprend alors bien plus tard, et première constatation, ce n’est plus le même acteur qui joue Mike, Michael Baldwin étant remplacé par James LeGros, et la différence se fait immédiatement sentir. Sans être totalement mauvais, LeGros ne fait pas le poids et nous gâche quelque peu le plaisir.

Mike sort de l’hôpital psychiatrique, avec une seule idée en tête, poursuivre le Tall Man pour le détruire, et retrouver Liz, une jeune femme habitant un petit village que Mike voit dans ses rêves. Elle aussi le voit dans ses rêves. Mike se fera aider par Reggie, toujours là pour lui, plus que jamais déterminé depuis que sa famille fut victime des actes du Tall Man. Après une petite séance de shopping, le métrage peut véritablement commencer. Séance de shopping annonçant clairement la nouvelle direction prise par cette suite, direction qui ira encore plus loin dans le troisième opus. Si le premier était sérieux et misait beaucoup sur l’ambiance et les apparitions du Tall Man, Phantasm 2, lui, se permet d’ajouter beaucoup d’humour (quelques phrases humoristiques, un concours sur celui qui a la plus grosse… tronçonneuse), un contenu beaucoup plus musclé (Reggie se construit un fusil à quatre canons scié, Mike sera armé d’un lance-flammes) et se permet également pas mal de clins d’œils à d’autres films du cinéma de genre. Ainsi, au départ d’un plan, on remarquera écrit sur un sachet contenant les cendres d’un macchabée le nom de Sam Raimi. Référence pas totalement innocente, puisqu’on pourrait, vu les notes d’humour et le côté musclé, rapprocher Phantasm 2 de Evil Dead 2. Les deux métrages tentent de s’éloigner de leur modèle original tout en comportant toujours pas mal d’éléments semblables.

Phantasm 2 se permettra aussi d’aller plus loin dans le gore (le premier ne l’était pas). On aura droit à des créatures étranges, des corps brûlés, liquéfiés, et les boules tueuses sont de retour. Et elles sont customisées, puisqu’elles ont maintenant de nouvelles fonctions. Elles ont différentes lames, servant à couper des oreilles, perforer le crane, ou tout simplement faire exploser ce qui bouge et passe dans leur champ de vision. Des nouveautés intéressantes nous donnant des scènes rythmées, mais malheureusement, il y a un grand creux en milieu de récit, et on s’ennuie quelque peu, entre un Mike dialoguant dans ses rêves avec Liz, s’avouant mutuellement qu’ils s’aiment (une scène d’une niaiserie incroyable) et un Reggie obsédé par les femmes. Le film semble s’éterniser, et le Tall Man a maintenant une équipe avec lui, dont un gros gars portant un masque à gaz. Ces ajouts enlèvent un peu de la force au personnage malheureusement, et il faudra attendre le final pour retrouver la force de l’introduction, bien que tout ceci soit calqué sur le premier opus (comme certaines situations de Evil Dead 2 ceci dit…) Le troisième opus ira bien plus loin dans l’humour et l’action, et se révèlera être un bien mauvais opus, alors que celui-ci, en dépit de ses défauts, s’en sort encore plutôt bien.

 

NOTE: 12/20
En bref: Un épisode à la Evil Dead 2, avec de l’humour et de l’action. Un grand creux au milieu, mais le début et la fin sauvent le tout. Si on est loin de l’ambiance du premier opus, ça reste sympathique.

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