Critique: Phantasm

Publié le par Rick Jacquet

PHANTASM

Phantasm
1979 - Etats-Unis
Budget : 300 000 $
Genre : Fantastique
Réalisation: Don Coscarelli
Musique: Fred Myrow
Scénario: Don Coscarelli
Avec Michael Baldwin, Angus Scrimm, Bill Thornburry et Reggie Bannister


Après avoir perdu ses parents, Mike va assister cette fois ci à l’enterrement de son frère. Dans le cimetière, il assiste à un étrange événement: un croquemort gigantesque soulève le cercueil de son frère pour ensuite l’emmener au funérarium. Mike décide de se rendre la nuit dans l'antre du croquemort.

Comme pour beaucoup, Phantasm constitue pour moi un choc cinématographique, les débuts d'un prodigieux réalisateur (Don Coscarelli, toute la série Phantasm et Bubba Ho-Tep pour ses œuvres cultes) et surtout un concept original dans le cinéma fantastique. Car ici, même si on peut considérer le Tall Man, le croquemort, magnifiquement interprété par Angus Scrimm, comme un croquemitaine comme on en voit si souvent, l'histoire, très complexe, apporte beaucoup d'originalité au cinéma de genre. L'histoire est en effet très complexe, et surtout assez avare en explications, comme les suites qui viendront au fur et à mesure des années. Si au début, cela peut surprendre, voir gêner certains spectateurs, on s'immerge très vite dans cette ambiance, formée par la musique et l'histoire, et surtout la présence du Tall Man, et on en vient à laisser l'histoire de côté pour s'intéresser à la clé de la série entière: Qui est le Tall Man ?

Car dans le fond, Don Coscarelli n'a pas seulement fait un film, il a créé un univers envoûtant autour de ce personnage énigmatique, dont on n'apprendra finalement peu dans cet épisode, et dans les autres aussi. Il nous plonge dans son univers étrange, assez sombre, hypnotique. Rapidement, on se prend au jeu, et on se surprend à sursauter, à avoir un peu peur pour les personnages. Coscarelli créé une ambiance unique, et longtemps après la vision, on se souviendra toujours du Tall Man, grand, effrayant, à la voix si spéciale. Mais on se souviendra aussi des boules tueuses, des sphères volantes qui se plantent dans le crâne des gens. Mais par dessus tout, on se souviendra toujours du thème musical du film, revenant sans cesse, à la manière du thème d'Halloween de Carpenter, de la même période. Bien sur, le film comporte aussi son lot de petits défauts du notamment à son petit budget, mais autant le dire tout de suite, face à ses nombreuses qualités. Entrer dans le film, c’est oublier beaucoup pour se plonger dans un univers énigmatique qui n’est pas le notre, les sensations peuvent être dans un sens équivalente à celle de tout laisser de côté et d’accepter de se perdre dans l’univers de David Lynch.

Ainsi, si on rentre immédiatement dans l’univers, seules les qualités sauteront aux yeux, et permettront d’apprécier le film. Dés le départ, l’ambiance est donné. Scène de nuit, dans un cimetière, musique à la Silent Hill, mais 20 ans avant. Un homme et une femme font l’amour, jusqu’à ce que la femme poignarde l’homme, et que son visage soit remplacé par celui du Tall man. Le mystère est d’or, et chaque élément venant se rajouter au film viendra entretenir ce mystère, que ce soit les nains défigurés, les sphères, les doigts qui bougent toujours une fois coupés, où ce portail étrange devant mener à un autre monde. Quelques scènes humoristiques, volontaires ou non, viendront un peu détendre l’atmosphère, comme la scène de la mouche, n’ayons pas peur des mots, qui est totalement ratée, mais le spectateur n’en tiendra pas tellement compte. On pourra aussi noter quelques clins d’oeils et références à des films ou des romans, comme Dune de Frank Herbert lors de la scène où le jeune Mike se rend chez une vieille dame pour lui demander conseil, et qu’il devra mettre sa main dans une boite. Mais Phantasm reste original, une bouffée d’air frais pour le genre fantastique en particulier. Une énigme, tout comme le final du film, entre rêve et réalité.

 

NOTE: 20/20
En bref: Phantasm est plus qu'un film fantastique, c'est une expérience, un univers à part entière, un personnage énigmatique, tout comme ce qui l'entoure, une pure réussite du cinéma de genre.

Publié dans Critiques

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