Critique: Phone

Publié le par Rick Jacquet

PHONE

Phone
Titre original: Pon
2002 – Corée du sud 
Genre: Fantômes 
Réalisation: Byeong-ki Ahn 
Musique: Sang-ho Lee
Scénario: Byeong-ki Ahn 
Avec Ji-won Ha, Yu-mi Kim, Woo-jae Choi et Ji-yeon Choi


Harcelée sur son téléphone portable pour avoir révélé publiquement un scandale pédophile, la journaliste Ji-Won change de numéro et s’isole dans la maison secondaire d’un couple d’amis. C’est alors que des évènements étranges se multiplient. Ji-Won est en prise avec de violentes apparitions, tandis que son portable ne cesse à nouveau de sonner, laissant entendre les bribes d’une voix d’outre-tombe. Plus grave encore, la petite fille du couple d’amis, Yeong-Ju, semble comme possédée et développe une relation amour-haine extrême avec son père. En décidant d’enquêter sur ces phénomènes, Ji-Won va mettre à jour le terrible secret unissant la maison et les différents protagonistes.

Seconde réalisation du Coréen Byeong-ki Ahn, Phone a tout du film de fantôme classique, à la différence près qu’il échange la casette vidéo de Ring par le téléphone. Chose qui sera refait un an après au Japon par La mort en ligne de Takashi Miike. Le réalisateur retentera encore l’expérience du film de fantôme en tournant en 2004 le classique, mais excellent Bunshinsaba. Phone, lui, se démarque tout de même des autres films du genre, malgré une première partie classique et inhérente aux films de genre asiatiques. Dans un premier temps, le réalisateur tente de faire tenir deux intrigues dans son film. La classique histoire de fantôme, et une histoire de serial killer. Malheureusement, on a parfois l’impression qu’il s’y perd un peu, malgré sa réalisation stylisée du plus bel effet. Ji-won sera harcelée par un tueur, ce qui multiplie le danger. Mais cette sous intrigue s’avére peu passionnante, et le réalisateur revient alors rapidement (heureusement) à son intrigue de base, son histoire de fantôme. Dans un premier temps, cela s’avére bien classique, mais réservant son lot de sursaut, ce que tout film du genre doit faire. Le film pompe un peu partout, dans les Ring, Dark water et autres Ju-On, comme si le réalisateur cherchait lui même à insufler une personnalité à son film. Et fort heureusement, il y parvient rapidement.

Là où Miike opte pour une sonnerie enfantine du plus bel effet dans La mort en ligne, Byeong-ki Ahn opte pour une sonnerie plus adulte, moins en décalage, mais tout aussi flippante. La peur sera bien souvent suggérée, bien peu de choses seront vues, ce sera au spectateur d’imaginer, et d’avoir peur... de ses propres peurs. Mais là où le film fonctionne vraiment et sort des sentiers battus, c’est dans sa dernière partie. Essayant de mélanger les genres et d’ajouter une sensibilité à son film, le réalisateur s’attache à deux personnages: celui du fantôme, et celui de la petite, Yeong-ju. Après avoir répondue au téléphone, la petite commencera à changer radicalement de personnalité, comme avais pu le faire le petit dans Freddy sort de la nuit. La fille jouant le rôle posséde un talent inouie, et ça pourrait bien être elle, la star du film. Tant de choses reposaient sur ses épaules, et elle explose littérallement à l’écran. Possédant cette valeur sure, le réalisateur peut donc se concentrer sur sa réalisation, astucieuse, où la photographie ou encore la météo peut changer en fonction de l’ambiance de la scène, du ressenti des personnages. Un coup de maître de ce côté là. Comme tout film de fantôme, l’héroïne cherchera la source du mal, et donc l’identité du fantôme, et sa vie passée. Et c’est là que dans sa dernière partie, le film bascule tout naturellement au drame familial.

Le passé du fantôme, et donc la clé de l’intrigue, se révèle par flashback, judicieusement amenés dans l’histoire, cassant par la même ocassion le genre dans lequel le film peut se situer. On se rend compte que la trame horifique et classique du film n’était qu’une apparence, un prétexte pour nous plonger dans un drame humain profondément triste et touchant. Par ses moments, nous comprenons ce qui unie vraiment les deux personnages principaux, et ce qui unit les personnages avec le fantôme. Le tout magnifiquement mise en scène, accompagné par la sonate au clair de lune, de Beethoveen. Si Phone reste classique dans sa première partie, ce n’est que pour surprendre dans son final, et ainsi devenir un drame, un film plus humain. En tout cas, un réalisateur a suivre, vu son talent pour la mise en scène sur ce film, et son suivant, Bunshinsaba.

 

NOTE: 14/20
En bref: Classique au départ, Phone se révèle plus être un drame touchant et parfois cruel extrêmement bien mis en scène. Dommage que l'intrigue secondaire du tueur en série alourdisse le tout.

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