Critique: Pocong Mandi Goyang Pinggul

Publié le par Rick Jacquet

POCONG MANDI GOYANG PINGGUL

Pocong Mandi Goyang Pinggul
Titre original : Pocong Mandi Goyang Pinggul
2001 - Indonésie
Genre: Comédie d’horreur
Réalisation : Yoyok
Musique: -
Scénario : Yoyok

Avec Sasha Grey, Ucok Baba, Annisa Bahar, Tata Dado, Tatang Gepeng, Sheza Idris et Mpol Nori

Après une soirée bien arrosée en boite, Ferdi a un accident de voiture. Sauvé de justesse à l’hôpital, il va, de retour chez lui, constater des phénomènes étranges. Il va en effet voir des fantômes. Sa famille, elle, s’inquiète à cause de ses nombreuses conversations via Skype avec une Américaine, Sasha.

Il y a des tonnes de raisons de regarder un film méconnu (et qui le restera). Une histoire intéressante, une pochette prometteuse, un acteur qui nous interpelle dedans, le pays d’origine, le thème, ou tout simplement une grande curiosité. Dans le cas de cet obscur métrage Indonésien qui jamais ne débarquera en France (et ce n’est pas plus mal), c’est plutôt le fait de voir Sasha Grey, qui est une amie, jouer dans une comédie d’horreur Indonésienne qui m’a interpellé, surtout que la petite choisie en général à présent ces projets suivants ses goûts personnels (elle aime les films gores par exemple, elle aime la France, elle aime Soderbergh). Et au vu du résultat final, on se demande bien ce qui l’a attiré dans ce projet, tant dés la lecture du scénario, le film ne devait rien avoir à proposer. Sans doute une facture a payée que le film lui a permis, tout en restant chez elle et en ne tournant qu’une seule après midi. Donc le métrage, dont je réduirais le nom à Pocong, se veut une comédie horrifique, pas franchement drôle et pas franchement horrifique non plus, uniquement vendues sur deux choses : « Avec la star Sasha Grey » et « Tourné en grande partie en Amérique ». Nous reviendrons sur ces deux détails plus tard. L’histoire, si on peut dire qu’il y en a une, est bien maigre, et nous propose de suivre Ferdi, un jeune Indonésien qui aime faire la fête, et vit avec sa mère et sa sœur. En rentrant d’une soirée en boite où le réalisateur se permet de nous exploser les yeux avec un stroboscope et de nous faire pleurer les oreilles avec sa musique, Ferdi a un stupide accident de voiture. Le corps sur le milieu de la route, un peu de faux sang sur lui, et les médecins paniquent. Ils le sauvent au dernier moment, et tout cela est notre point de départ vers le vide abyssal que l’on a devant nous.

Visuellement déjà, c’est moche. La photographie est hideuse, et pire, les quelques plans tournés à Los Angeles ne sont absolument pas raccords avec le reste du film. A croire que deux équipes différentes ont tournées les deux parties du métrage. Ou pire, juste deux personnes différentes, vu le rendu visuel. Basiquement, Ferdi a des visions depuis son accident. Rien de bien nouveau là. Il voit des fantômes, et certains vont le poursuivre, lui et son ami. Autant le dire, les fantômes du métrage sont totalement ratés. Et le réalisateur enterre un peu plus son film en voulant faire passer tout ça avec un peu d’humour qui ne vole pas haut. Un homme en blanc (oui, pour changer des Men In Black) poursuit notre héro, et son ami va se réfugier en haut d’une échelle. L’homme en blanc tentera de le faire descendre, mais sa victime va tout simplement lui uriner dans la bouche. Ça ne vole pas haut, ça ne fait jamais rire, et tout le film est de ce niveau, tout en ne racontant totalement rien. Car entre deux apparitions débiles, Ferdi passera son temps devant son ordinateur portable, à discuter sur Skype avec Sasha Grey donc. Qui s’appelle tout simplement… Sasha. Nous arrivons donc au premier argument de vente du métrage, Sasha Grey. Pendant les trois quarts du film, elle se contentera d’apparaître sur l’écran d’ordinateur, dans une pièce vide, et en bikini. Et oui, pas de nudité en Indonésie. On se demande alors bien pourquoi le réalisateur a prit une ancienne star du X (Sasha a quittée l’industrie il y a déjà plus d’un an), si ce n’est pour avoir le spectateur. Donc oui, on aura des cuisses, des épaules, tout cela nous sera exposé, et Sasha, pendant les trois quarts du métrage, n’aura que quelques phrases, toujours les mêmes, revenant à chaque conversation Skype.

Intéressant tout ça… C’est dans ces 20 dernières minutes (le film ne dure que 1h12) que le réalisateur se dit qu’il faudrait faire croire au spectateur qu’il y a une histoire dans son métrage. La famille va donc enquêter sur cette Sasha, et ils n’ont qu’une photo (notre astucieux réalisateur utilise d’ailleurs une des photos de presse les plus connues). La famille va donc embaucher un détective privé, ce qui va permettre au film de se délocaliser le temps d’une scène au bord d’une piscine et de quelques plans filmés à l’arrache sur Hollywood Boulevard à Los Angeles. Pour quiconque ayant mis les pieds dans la ville (dont moi), l’intégralité des plans là bas sont une honte et ne reconstituent pas du tout la beauté et la grandeur de la ville. On a vraiment l’impression de quelques plans filmés n’importe comment par quelqu’un qui ne connaît pas son métier. Bref, le film se délocalise, pour rester entre 4 murs avec une piscine intérieur et un dialogue rapide, avec un méga retournement de situations tout sauf palpitant, menant à la fin du métrage une scène seulement après, confirmant que l’on a bel et bien perdu notre temps. Car oui, dans ce Pocong, il n’y a absolument rien à sauver, de la mise en scène à l’absence de scénario, au travail du cadreur au directeur de la photo, en passant par les acteurs. Personne n’a l’air de vraiment savoir ce qu’il fait là, et ça se ressent à l’écran.

 

+
-

Rien

Tout

 

NOTE: 00/20
En bref: Un foutage de gueule intégral qui se veut « tourné en Amérique » avec « La Star Sasha Grey », mais qui n’exploite rien de tout ça. Long, pas drôle, même pas peur, même pas intéressant. ZZZZ !

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