Critique: Poultrygeist - Night of the chicken dead

Publié le par Rick Jacquet

POULTRYGEIST: night of the chicken dead

Poultrygeist: night of the chicken dead
2006 - Etats Unis
Genre: Troma
Réalisation: Lloyd Kaufman
Musique: - 
Scénario: Lloyd Kaufman, Daniel Bova et Gabriel Friedman
Avec Jason Yachanin, Kate Graham, Allyson Sereboff, Robin Watkins et Lloyd Kaufman


Arbie et Wendy vivent une belle histoire d’amour et font l’amour pour la première fois dans un cimetière indien. Mais ils doivent se séparer, Wendy allant à l’université tandis que Arbie reste auprès de ses parents. Un trimestre passe, et le cimetière indien a été détruit pour y construire une chaîne de fast food, American Chicken Burger. Arbie y retrouve Wendy, devenue lesbienne et protestant contre la maltraitance des poulets. Déçu, il décide de travailler dans le restaurant, mais ignore encore que les indiens n’ont pas dit leur dernier mot, et que les poulets vont revenir à la vie pour changer la population de Tromaville en poulets géants et zombies.

On l’aura attendu longtemps le nouveau film Troma réalisé par Lloyd Kaufman après Terror Firmer et Toxic Avenger 4. Et le voilà enfin qui pointe le bout de son nez. Les bandes annonces et extraits sonores circulaient sur le net depuis longtemps, et on avait envie d’y croire un maximum, tant cela semblait bien drôle et débile, bien gore également, tout en nous proposant quelque chose de nouveau (des passages musicaux). Les fans de la firme New-yorkaise ou tout simplement de films frappés du ciboulot ne pouvaient que jubiler, et avec un tel résultat à l’écran, on avait bien raison de jubiler à ce point. Encore mieux, Poultrygeist s’annonce tout simplement comme étant le meilleur film de la firme depuis Terror firmer, qui datait quand même de 1999 (le quatrième opus de Toxic Avenger m’ayant un peu déçu). Lloyd Kaufman reste fidèle à sa réputation, se laisse aller à ses délires, sans pour autant choisir la facilité dans son traitement ou dans ses effets. Terror firmer nous montrait le tournage d’un petit budget Troma et se permettait de critiquer les gros budgets qui faisait disparaître les petits films indépendants des salles de cinéma, et ici, c’est la société de fast food qui est visée, et qui va en prendre sérieusement pour son grade, avec l’humour si agressif et scato que l’on connaît bien maintenant. La séquence d’introduction montre le ton adopté, et directement, on peut se dire que Lloyd Kaufman ne cesse de progresser et d’être confiant dans sa mise en scène et dans l’écriture d’un scénario. En ce sens, Poultrygeist ne perd pas de temps en explications inutiles et on entre rapidement dans le vif du sujet. Arbie et Wendy font l’amour dans un cimetière, sans se rendre compte que les mains des cadavres d’indiens sortent du sol pour les caresser. Ils seront interrompus par la venue d’un homme, et ça y est, l’ambiance Troma pointe le bout de son nez avec gore et humour, et un petit nouveau, le côté comédie musical fort bienvenue.

Après cette courte introduction amusante, le film reprend un trimestre ensuite, où le restaurant American Chicken Burger s’est installé. Arbie et Wendy se sont perdue de vue depuis, et Arbie va la retrouver lesbienne et faisant partie du CLAM (College Lesbian Against Megacorporation). C’est un véritable choc pour lui, et comme dans Happiness of the Katakuris de Takashi Miike, il va se mettre à chanter dés qu’un incident arrivera. Ce qui nous donnera l’occasion de découvrir environ cinq chansons chantées par les acteurs du film, souvent aux paroles franchement délirantes et aux chorégraphies à mourir de rire. De grands moments en perspectives. Comment ne pas jubiler devant Lloyd Kaufman dansant et chantant en jupe, ou une famille de poulet fredonnant une chanson devant ses futures victimes. Enfin, dans le simple but d’emmerder son ex petite amie qui a maintenant ses revendications politiques et sociales, Arbie va se faire embaucher comme caissière (oui, avec la jupe et tout) dans le fast food et rencontrer l’équipe, constituée d’un mexicain homosexuel, une jeune islamique, Denny, le gérant de ce restaurant en particulier, et le Général, directeur de toutes les chaînes de fast food. Opportunité pour Kaufman de se lâcher encore plus que sur ses précédents films, tant dans l’humour potache et crade que dans le gore qui tache. Il ne faudra pas attendre bien longtemps avant de voir les poulets revenir à la vie et se mettre à attaquer les vivants. Un des employés passera dans le broyeur et finira par être mangé par les clients, tandis qu’un autre voulant se faire du bien dans un pauvre poulet y perdra certaines parties de son anatomie. Les clients ne seront pas épargnés non plus, et on va d’ailleurs reconnaître certains habitués des films Troma, comme Ron Jeremy (qui joue régulièrement depuis Class of nuke’em high 3 au début des années 90) ou Joe Fleishaker qui aura un destin tout aussi peu recommandable que ce qui lui arrivait dans Terror firmer (rappelez vous, il se faisait littéralement manger par un escalator). Mais Lloyd Kaufman ne se paie pas la tête de son public, et garde le meilleur pour la fin.

La dernière demi-heure sera ce que Troma a fait de mieux dans le genre comico-gore. Ça gicle dans tous les sens, tout le monde crie, tout le monde court, les filles sont nues et couvertes de sang, les poulets mangent les vivants, les personnages sortent l’artillerie lourde, ça chante, et les grosses institutions en prennent plein la gueule. En ce sens, Poultrygeist peut être vu comme une prolongation de Terror firmer. Sauf qu’ici ce n’est pas l’industrie cinématographique qui est visée, mais la plupart des grosses institutions, forçant ainsi les petits commerces à fermer boutique. Cela ne concerne pas que les restaurants, puisque c’est également le cas avec toute sorte de petits commerces, dont les cinémas. Derrière ce joyeux étalage de viande, de vomi et d’autres substances, Kaufman se permet de faire passer un message, même si bien entendu, ce sera les nombreux débordements, allant toujours plus loin, qui marquent. D’ailleurs, malgré le budget toujours ridicule (environ 450 000 dollars d’après les dires de Kaufman), on pourra noter que les effets spéciaux sont de bonne qualité et redoublent d’inventivité pour donner au spectateur ce qu’il attend. Sans nul doute que le fan de la firme sera aux anges, avec un de leurs métrages les plus sanglants, les plus drôles, les plus enjoués également, bref, ce que Troma pouvait nous offrir de mieux. Pour les autres, peut être trouveront-ils les passages musicaux amusants (et ils le sont) et certains effets bien trouvés, mais ce n’est pas ce film qui va les réconcilier avec l’esprit Troma.

 

NOTE: 19/20
En bref: Le dernier film de Lloyd Kaufman est un petit bijou unique en son genre, où tous les excès sont permis, on passe un excellent moment avec du gore, de l’humour, du sexe et de la comédie musicale.

Publié dans Critiques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article