Critique: Razorback

Publié le par Rick Jacquet

RAZORBACK

Razorback
1984 - Australie
Sortie américaine le 16 Novembre 1984
Genre: Monstres
Réalisation: Russell Mulcahy
Musique: Iva Davies
Scénario: Peter Brennan et Everett De Roche
Avec Gregory Harrison, Arkie Whiteley, Bill Kerr, Chris Haywood et David Argue


Dans une petite ville isolée au milieu du bush australien, un enfant est retrouvé assassiné dans d'étranges circonstances, atrocement mutilé. Son grand-père, d'abord accusé de ce crime horrible, est finalement acquitté. Une journaliste américaine, dépêchée sur les lieux pour un reportage sur les massacres d’animaux, sera elle aussi découverte sans vie peu de temps après son arrivée, tuée de façon similaire. Carl, son mari, se rend sur place pour mener son enquête. Il découvrira qu'un sanglier monstrueux et assoiffé de sang est à l'origine de ces attaques...

Razorback reste, encore aujourd’hui, une œuvre majeure du cinéma de genre, encrée dans son époque (le début des années 80), toujours efficace, toujours agréable à regarder, au visuel ultra léché, et surtout, restera l’œuvre qui a révélé au grand jour un jeune réalisateur, Russell Mulcahy, qui n’a préféré par la suite ne faire que des navets ou des ratages quasi complets, exception de Highlander. Pourtant, sur bien des points, Razorback ne brille pas. Le scénario est très classique, et on se doute dés le départ de qui va rester en vie ou pas. Les acteurs, par contre, s’en sortent plutôt bien, notamment Bill Kerr, jouant le papy qui partira à la chasse au sanglier tueur et Arkie Whiteley, qui nous a malheureusement quittée depuis, en 2001. Malgré la prévision chez le spectateur de certains des évènements qui auront lieu, le film se suit avec un réel intérêt pour les différents personnages et les situations. Mais ce n’est pas cela qui fait la force et l’originalité de Razorback. Il y a déjà le monstre, bien que très peu montré. Un sanglier un peu plus grand que la normale, qui va se mettre à tuer dans la région. Il est déjà un des intérêts du film, même si le réalisateur accorde autant d’importances à sa créature, qu’il montrera donc peu, qu’aux personnages. Un très bon point de ce côté-là. On se doute rapidement que le fait que la créature soit peu montrée est du à un manque d’argent.

Russell Mulcahy parvient néanmoins à faire vite oublier ce petit point, qui n’en est pas vraiment un. En tant que metteur en scène, il a sans doute comprit ce que beaucoup d’autres ne comprennent pas : quand on n’a pas l’argent, on ne s’amuse pas à montrer quelque chose de risible à tout bout de champ. Sa créature ne sera donc jamais vu entièrement, ou très brièvement. Ce côté pourra certes déplaire à certains, mais pourtant, cela a du bon. Mais là où le réalisateur réussit son vrai coup de mettre, c’est dans la mise en scène en général et l’ambiance de son métrage, assez unique en son genre. Le désert australien lui permet déjà, à la base, de fournir des plans désertiques de toute beauté, mais il ne s’arrêtera pas là, et travaillera à fond sa mise en scène, l’éclairage de ses plans, que ce soit en intérieur avec l’usine à viande où le repaire de deux bandits, ou ses extérieurs. La plupart de ses plans seront de toute beauté et fournissent au métrage un visuel époustouflant et rare dans ce genre de productions. Il ira même un poil plus loin en donnant au spectateur quelques séquences hallucinatoires du plus bel effet. C’est un plaisir de découvrir ses plans, ces nouvelles trouvailles, ses plans de coupes, ou encore ses fondus, qui n’ont pas pris une ride en plus de vingt ans. Chapeau. Il parvient à émerveiller, ou parfois mettre à l’aise, avec la beauté de ses cadrages. Il parvient aussi au niveau de son histoire à faire des choix plutôt intéressants pour ne pas décevoir le spectateur.

En effet, celui attendant des animaux tueurs, se retrouve bien devant un film de ce genre, mais où l’animal n’est pas vraiment montré. Outre le fait de développer ses personnages et l’aspect visuel pour rendre son film unique, Russell Mulcahy dépeint aussi le portrait de deux frères un peu tarés, sans aucune morale, pouvant ainsi par moment, encore plus vu le lieu de l’histoire et ses paysages désertiques, rappeler des films tels La colline a des yeux ou Massacre à la tronçonneuse. Ainsi, grâce à cette variété, jamais le film n’ennuie, mais fascine plutôt d’un bout à l’autre. Seul le final, peut être un poil trop expéditif, pourra décevoir. Razorback reste donc une œuvre à part, fort bien mise en boite, mais si vous voulez du sang en pagaille, ce n’est pas le bon film.

 

NOTE: 15/20
En bref: En dépit de son scénario plutôt banal, le film séduit par son aspect visuel et musical, et son mélange de thèmes (animal tueur et duo de dégénérés).

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