Critique: Re-Animator 2

Publié le par Rick Jacquet

RE-ANIMATOR 2

Re-Animator 2 (La fiancée de Re-Animator)
Titre original: Bride of Re-Animator
1990 - Etats Unis
Genre: Gore
Réalisation: Brian Yuzna
Musique: Richard Band
Scénario: Rick Fry, Woody Keith et Brian Yuzna d'après les personnages de H.P. Lovecraft
Avec Jeffrey Combs, Bruce Abbott, Claude Earl Jones, Fabiana Udenio et David Gale


Apres leurs méfaits commis dans la ville d'Arkham, le docteur Herbert West et son complice, l’étudiant Dan Cain, se sont réfugiés en Amérique latine. De retour dans leur pays avec un nouveau sérum particulièrement perfectionne, ils se proposent de réanimer la fiancée de Dan Cain dont il ne peut oublier la disparition avec le corps d'une jeune femme sur le point de mourir. Le résultat n'est pas tout à fait celui qu'ils attendaient, surtout pour la fiancée...

Il aura fallut attendre quelques années et le début des années 90 pour que le docteur fou Herbert West reprenne du service. Cette fois ci, ce n’est plus Stuart Gordon à la mise en scène, mais Brian Yuzna, producteur de l’original et réalisateur depuis l’année qui précédait, avec son réussi Society. Dans ce film, il réussissait à nous en mettre plein la vue avec des effets spéciaux totalement hallucinants et surréalistes tout en soignant au maximum son propos, malgré une réalisation parfois trop télévisée, mais quoi qu’il en soit, ce premier métrage donnait beaucoup d’espoir, et cette suite signée Yuzna avait donc de quoi plaire et intriguer. Dés les premiers instants, rien à voir avec le précédent opus. Les docteurs West et Cain sont dans un pays d’Amérique latine en guerre, et se servent des blessés pour poursuivre leurs sanglantes expériences. L’histoire reprend donc quelques mois après le premier film, occultant ainsi des détails complexes, comme la mort de Megan (on y reviendra rapidement lors d’un dialogue) et tout simplement le fait que Herbert West soit en vie (alors que le final du premier ne laissant pas vraiment présager ça). L’ambiance de ce prologue est plutôt crade, oubliant l’aspect comique du premier opus. Mais pourquoi pas, la sauce prend bien, on retrouve un Herbert West un peu taré et cela fait plaisir, promettant rapidement de nouvelles expériences folles. L’histoire reprend alors à l’hôpital de Arkham, où les deux docteurs reviennent sur les lieux des précédents incidents afin de tenter quelque chose d’improbable. Créer une nouvelle vie à partir de morceaux humains. Voilà qui promet beaucoup, puisqu’à présent, West ne se contente plus de réanimer les cadavres, mais aussi des morceaux de cadavres.

Voilà qui pourrait paraître innovent et nous garantir un spectacle divertissant de bout en bout. Seulement Yuzna ne semble pas très à l’aise à la caméra, et les scénaristes, déjà auteur du scénario de Society, partent rapidement dans tous les sens sans aller chercher la moindre nouveauté, bien au contraire, puisqu’au bout du compte, Re-Animator 2 peut se voir simplement comme un remake de deux différents métrages. Dans un premier temps, il s’agît d’un remake pur et simple du premier opus. Yuzna avait dit, dans une interview concernant Le dentiste 2, qu’il n’était jamais simple de faire une suite car il fallait donner aux spectateurs la même recette tout en parvenant à s’y détacher quelque peu. Autant dire qu’ici, il n’y parvient pas vraiment. On retrouvera la réanimation d’un animal mort, Dan Cain amoureux d’une belle et jeune femme (un peu moins écervelée que dans le premier film), West voulant devenir dieu, le tout encore une fois dans un hôpital, avec des expériences dans la cave d’une maison. Même du côté du méchant, rien de bien innovant, puisque l’on retrouve le docteur Hill, enfin sa tête du moins, qui va encore utiliser un pouvoir de contrôle sur les cadavres réanimés pour éliminer West. Les rares innovations du scénario ne feront que rapprocher le métrage d’un autre film, La fiancée de Frankenstein. A partir du cœur de Megan et de différents membres humains, West veux construire un nouvel être, un nouveau corps, bref, il se prend encore une fois pour dieu.

Malheureusement la sauce ne prend jamais vraiment et on s’ennuie plutôt. Entre deux séquences dialoguées, quelques scènes gore viennent ici et là. L’histoire n’a rien de vraiment passionnante, et malgré les idées délirantes qui viennent se greffer en cours de route, comme une créature à 5 doigts et un œil, ou la tête du docteur Hill avec des ailes de chauve sourie, ça ne prend toujours pas. Jeffrey Combs semble lui même s’être moins investis dans cette suite, qui tente alors de se rattraper uniquement par une surenchère visuelle constante, et de ce côté là, on ne peut pas le nier, c’est assez saisissant. Les effets sont très variés et les différentes créatures peuplant le métrage sont en général criantes de vérité. Un plaisir visuel, bien que parfois filmé maladroitement par Yuzna. Au bout du compte, si le métrage possède bel et bien quelques séquences marquantes, on en vient à se poser des questions sur l’utilité d’une telle suite, tant l’originalité est absente, et la réalisation de Yuzna quelconque. Finalement, nous n’avons droit, ni plus ni moins qu’à un étalage d’effets, certes réussis, mais beaucoup moins fun que dans l’original. Heureusement, Yuzna rehaussera le niveau 13 ans plus tard en signant le troisième opus.

 

NOTE: 05/20
En bref: Une suite banale et sans originalité d’un film culte lui-même un peu trop encensé. Le seul véritable intérêt de cette première suite réside dans ces effets visuels.

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