Critique: Re-Animator

Publié le par Rick Jacquet

RE-ANIMATOR

Re-Animator
1985 - Etats Unis
Budget : 900 000 $
Genre: Gore
Réalisation: Stuart Gordon
Musique: Richard Band
Scénario: Dennis Paoli, William Norris et Stuart Gordon
Avec Jeffrey Combs, Bruce Abbot, Barbara Crampton, David Gale et Robert Sampson


Herbert West est un étudiant en médecine obsédé par l'idée de réanimer les morts. Après une expérience désastreuse menée en Europe, West s'inscrit à l'université de Miskatonic où il s'oppose violemment aux théories du Dr Hill. Fort de ses certitudes et de son mystérieux sérum, West emménage chez Dan Gain. Il entraîne dés lors le jeune étudiant dans des expériences de plus en plus macabres...

C’est dans les années 80 que plusieurs films cultes du cinéma d’horreur ont vu le jour et que plusieurs metteurs en scènes ont fait une entrée fracassante dans le monde du cinéma, comme Wes Craven (trop surestimé à mon goût) ou Stuart Gordon et Brian Yuzna. Ce sont ces deux derniers qui seront les responsables de l’adaptation de la nouvelle de HP Lovecraft : Re-Animator. Deux personnalités qui ne vont pas tarder à se faire connaître grâce à ce film devenu culte depuis, et surtout, qui vont ainsi débuter une longue carrière dans le cinéma de genre, parfois ensembles (Dolls, From Beyond), puis séparément. Toujours est-il que c’est avec ce métrage que les deux bonhommes, ainsi que l’acteur principal, Jeffrey Combs, vont se faire connaître.  De la nouvelle de base, les deux comparses ont gardés le thème, ainsi que le personnage maintenant culte d’Herbert West avec les deux suites (signées Brian Yuzna). De ce petit point de départ, certaines libertés sont prises (comme souvent quand on adapte Lovecraft au cinéma) et une bonne dose de gore, de sexe et d’humour noir est ajouté. Après un prologue annonçant déjà la couleur, avec ses effets sanglants et grands guignols, nous rentrons dans le vif du sujet avec la présentation des différents personnages importants de l’histoire, et c’est principalement ici que le film accuse le poids des années.

D’un côté, nous avons Herbert West, joué par Jeffrey Combs, que l’on reverra dans de nombreux films de Gordon (From beyond, Castle freak) et de Yuzna (Necronomicon, Faust, Beyond Re-Animator). West est un étudiant en médecine un brin déséquilibré… totalement fou même, on peut le dire. Il a inventé un sérum de couleur verte qui redonne la vie aux morts. Jeffrey Combs, avec sa tête de premier de la classe, reste un personnage savoureux, qui, lorsqu’il réfléchit, n’est jamais très loin de franchir le pas vers la folie. A ses côtés, le jeune étudiant Dan Caine, joué par Bruce Abbot, que l’on retrouvera dans le second opus et également dans le film Panics. Il représente en quelque sorte l’avenir de la médecine, étudiant travailleur, doué, sérieux, charismatique. Il sort avec la fille du doyen de l’université, Meg, jouée par Barbara Crampton, que l’on retrouvera également dans d’autres films de Gordon (From beyond). Une bonne partie de l’intrigue va tourner autour du personnage de Meg, à cause de l’amour maladif et pervers que lui porte le docteur Karl Hill, en quelque sorte le grand méchant de l’histoire, aussi fou qu’Herbert West, mais beaucoup plus intéressé par les femmes et la reconnaissance que par la découverte. C’est là que le film trouve sa force et sa faiblesse, puisque cette intrigue, plutôt maigre, permettra au film quelques délires visuels poussés (une overdose très visuelle, divers cadavres en décomposition réanimés ou encore une tête coupée qui parle), et le dotera d’un humour noir ainsi que d’une dose de sexe bienvenue, mais le métrage ne parviendra pas à cacher la pauvreté du traitement du personnage féminin et la banalité de celui du docteur Hill. Meg ne sera en effet là que pour crier (ce qu’elle fait très bien) et se montrer nue (ce qu’elle fait également à la perfection).

C’est entre deux délires et scènes sanglantes que l’on s’ennuie quelque peu face à des personnages un peu ternes et inintéressants. Même le docteur Hill n’impressionne pas, et ses motivations, outre la célébrité, restent assez obscures.  C’est finalement bel et bien Jeffrey Combs qui mène la danse et parvient à relever le niveau avec ses expériences sordides, réalisées tout d’abord dans la cave de son colocataire Dan Caine avant que celui ci ne soit concerné et que les expériences se poursuivent dans l’hôpital même, et où, bien entendu, les choses vont sérieusement dégénérer. Re-Animator reste donc en quelque sorte purement encré dans les années 80, avec cette volonté d’aller toujours plus loin en mélangeant le gore et le sexe (le cunnilingus effectué par une tête coupée) et en donnant aux spectateurs pour son argent, mais oubliant d’autres choses en route. La vision du métrage reste très plaisant, mais on ne pardonnera plus ses défauts aujourd’hui, surtout que si certains effets restent saisissants, d’autres ont pris un grand coup de vieux (le chat réanimé). En étoffant plus son propos et ses personnages, le film aurait pu être plus qu’un film culte, mais être également un chef d’œuvre.

 

NOTE: 14/20
En bref: Des personnages parfois creux pour une histoire quelque peu classique, mais les délires visuels, qu’ils soient sanglants, sexuels, ou les deux à la fois, font encore plaisir à voir aujourd’hui, et le film reste porté par un brillant acteur du cinéma de genre : Jeffrey Combs.

Publié dans Critiques

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