Critique: Red Room

Publié le par Rick Jacquet

RED ROOM

Red room 
Titre original : Akai misshitsu (heya): Kindan no ôsama geemu 
1999 - Japon
Genre: Horreur 
Réalisation: Daisuke Yamanouchi
Musique: - 
Scénario: Daisuke Yamanouchi
Avec Hiroshi Kitasenju, Sheena Nagamori,Mayumi Ookawa et Yuuki Tsukamoto


Quatre personnes se retrouvent enfermés dans une pièce afin de participer à un nouveau jeu télévisé, dans le but de gagner 10 millions de yen. Ils doivent jouer aux cartes pour déterminer qui sera le roi, et celui-ci décidera de ce que les autres feront, pour faire quitter les joueurs du jeu.

Red room, un autre petit film japonais peu connu, dont les amateurs de bizarreries devront se tourner vers le zone 1 pour découvrir le film avec sous titres anglais. Le réalisateur, Daisuke Yamanouchi, a depuis fait Red Room 2, une année après. Avec un postulat de départ très simple, une histoire absente, et un lieu unique, il parvient non pas à faire monter une quelconque tension, mais à nous faire passer un excellent moment. Dans un premier temps, nous faisons, après une séquence pré-générique inutile se retrouvant plus loin, la connaissance des quatre participants du fameux jeu. Ils sont tous les quatre, dans une petite pièce, et se présentent devant la caméra. Un homme et trois femmes (en apparence !). L’homme est le mari d’une des participantes. Ils ne savent pas grand-chose du jeu, et ont même des doutes quant à la vérité sur le prix. Rapidement, le jeu commence enfin. Les personnages sont dans une petite pièce, assis autour d’une table, et jouent aux cartes. Les cartes représentent le roi, et le numéro des joueurs. Ainsi, celui qui aura la carte du roi donnera ses ordres, concernant deux concurrents, en les nommant par rapport aux numéros, sans savoir de qui il s’agît. Concept qui, vous l’aurez comprit, se présente sous la forme d’une critique de la télé réalité, dont les émissions polluent de plus en plus nos écrans.

Mais le film n’est pas vraiment une critique sociale, puisqu’il empruntera plutôt le chemin de la folie, de l’humour noir, du gore, du déjanté, et cela pour le plaisir des spectateurs regardant ce genre de film. Les différentes épreuves du film vont commencer très doucement, comme le ferait n’importe qui participant à une émission de ce genre. On évalue les possibilités de jeu, on se lance timidement, et quand les adversaires se font de plus en plus coriaces, on commence à perdre le contrôle de soit. Red room va exactement dans cette direction. Cet aspect du jeu sera d’ailleurs très présent dans le personnage de l’homme, autant dans ses réactions faces aux épreuves qu’on lui inflige, ou encore dans les épreuves qu’il inflige aux autres. Les épreuves, parlons en, puisque à par le postulat de départ, le film ne possède pas vraiment d’histoire, même aucune, et le seul intérêt repose dans ces épreuves. Elles seront très axées sur les humiliations et le sexe. Ça commence très gentiment, avec des bisous entre femmes, un ligotage sur une chaise que l’on fait tourner pendant cinq minutes…des épreuves gentilles et surmontables, quoi que désagréables pour certaines d’entre elles. Mais les personnages vont rapidement s’apercevoir qu’il faudra redoubler de cruauté pour gagner. La folie les gagne rapidement, et les petits jeux gentillets se transforment en jeux cruels, allant de plus en plus loin dans le dégoût, sans pour autant dégoûter le spectateur, grâce au point de vue abordé par le metteur en scène. Ainsi, les épreuves qui suivront iront plus loin : avaler de l’urine, tabasser sa propre femme, ou encore tenir 3 minutes avec un sécher cheveu en marche dans la bouche. Rien de bien sanglant pour le moment, mais la folie gagne petit à petit le récit.

Rapidement (surtout vu la durée du film, une heure), le spectateur va s’apercevoir que les personnages vont s’autoriser quelques débordements allant à l’opposé des règles du jeu. Et aucune sanction ne leur sera appliquée. Erreur dans le scénario ? Certainement. Grosse erreur pour le film ? Absolument pas, ce genre d’incohérence ne gène en rien le récit et le plaisir éprouvé par le spectateur durant la vision. Car les épreuves vont être de plus en plus vicieuses, tout en restant majoritairement autour du thème du sexe, et les débordements sanglants vont arriver, à coups d’accessoires particuliers : ampoule, tournevis… En raconter plus serait dévoiler beaucoup trop de l’œuvre. On en ressort content d’avoir assisté à un spectacle fun et décomplexé, sans tabou, tout en regrettant un peu que le film ne soit pas allé encore plus loin, ce que la suite fait peut être.

 

NOTE: 14/20
En bref: Malgré des maladresses, le film remplit son contrat : c’est fun et barré, et on en attendait pas vraiment plus.

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