Critique: Resident Evil Extinction

Publié le par Rick Jacquet

RESIDENT EVIL EXTINCTION

Resident evil extinction
2007 - Etats Unis
Sortie française le 3 Octobre 2007
Budget: 45 millions $
Genre: Adaptation - Zombies
Réalisation: Russell Mulcahy
Musique: Charlie Clouser
Scénario: Paul Anderson
Avec Milla Jovovich, Oded Fehr, Ali Larter, Iain Glen et Mike Epps


Alice se cache désormais dans le désert du Nevada. Elle retrouve Carlos Olivera et L.J., ainsi que de nouveaux survivants, Claire, K-Mart et Nurse Betty. Autrefois capturée par Umbrella Corporation, Alice avait subi des expériences biogéniques qui ont modifié ses fonctions vitales. Ce qui devait l'affaiblir n'a fait que la renforcer, et chacun de ses pouvoirs fabuleusement amplifiés sera utile dans l'affrontement sans merci qui s'annonce...

A la base, Resident evil, c’était un jeu vidéo sur playstation, la toute première. On est seul, dans un manoir, il y a des zombies, des monstres, on sursaute, on a pas beaucoup de munitions, on cherche à survivre. Succès oblige, il y eu des suites. Un Resident evil 2 à plus grande échelle, où on pouvait se balader dans la ville infectée de zombies avec de nouveaux personnages, mais le jeu reprenait la formule du premier à la lettre près, et on se croyait dans un film de Romero. Puis un troisième opus est arrivé sur la même console, ajoutant quelques nouveautés, et ou on retrouvait le personnage du premier épisode en belle petite tenue…. Enfin je m’égare. Puis est arrivé d’autres opus, et la première adaptation, signée Paul Anderson. Déception, du produit de base, il ne reste que le manoir (15 minutes du début), le laboratoire dans lequel se terminait chaque jeu vidéo, des zombies, des chiens. A côté de cela, Anderson trahissait le jeu en mettant de la haute technologie, des combats rythmés, un personnage faisait du kung-fu contre un chien et du métal en musique. Déception. Le second opus débarque tout de même, et on touche le fond. Il y a beau y avoir des personnages du jeu vidéo cette fois, même le grand méchant du troisième jeu, on s’éloigne encore plus de l’univers du jeu, avec un personnage ayant des supers pouvoirs, et une réalisation imbuvable et incompréhensible (qui n’était plus de Anderson). L’arrivée du troisième opus faisait peur, pour plusieurs raisons. A la mise en scène, Russell Mulcahy, qui n’a pas fait grand chose de bien depuis longtemps. Toujours Paul Anderson à la production et au scénario, et Milla Jovovich dans le rôle principal. Le postulat est simple : le monde est dévasté et ressemble à un désert envahit de zombies. Encore une fois, plus grand chose à voir avec le jeu vidéo, si ce n’est que l’on y retrouve certains personnages (Carlos, Claire Redfield) et certains monstres (les chiens, Tyrant), mais heureusement pour le métrage, depuis le premier opus, on a eu le temps d’avaler la pilule et de se faire à l’idée que Resident evil au cinéma, ça n’a rien à voir ou presque avec le jeu vidéo. On peut donc se lancer dans ce nouvel opus détaché du jeu, et c’est peut être cela qui le sauvera.

Puisqu’en effet, Resident Evil Extinction n’est pas le carnage que l’on pouvait imaginer, même si ce n’est pas du tout le film d’action de l’année, ni le film d’horreur de l’année. Mais étonnement, grâce à une réalisation classique et carrée (ce qui manquait cruellement au second opus), un bon sens du rythme et de bonnes séquences d’action, ce nouvel opus parvient à obtenir notre sympathie. Inutile de s’attarder vraiment sur l’histoire et les personnages, puisque soit nous les connaissant déjà, soit tout cela ne brille pas. Même si le scénario effectue un changement agréable et surprenant. En effet, on a souvent l’impression de se retrouver devant un nouveau Mad Max, mais avec des zombies. Les décors désertiques, le sable, les véhicules, les survivants passant de villes en villes pour trouver de l’essence. Cela change grandement des imbécillités du second opus et permet d’aborder ce troisième opus avec un grand sérieux. Seulement à côté de ça, en plus d’essayer de prendre des idées et personnages du jeu pour rassurer le fan, Resident evil 3 va aller prendre certaines de ces idées ailleurs. En plus de l’ambiance très Mad Max, mais agréable, on trouvera un scientifique cherchant à domestiquer les zombies, dans des séquences faisant penser au Jour des morts vivants de Romero, ce qui finalement trouve un peu de sens, sachant que la saga en jeux vidéos s’inspiraient des films de Romero. On retrouvera également dans plusieurs séquences le manoir du premier opus (que ce soit le film ou le jeu), et le fan verra au niveau des personnages, en plus de la présence du mercenaire Carlos et de Claire Redfield, le fameux Wesker. Alice (Milla Jovovich) est toujours présente, et si son personnage permet beaucoup de scènes d’action, autant dire que certaines tombent dans le ridicule, en continuant la voie du second opus, c’est à dire que la brave Alice a de supers pouvoirs, et elle s’en servira ici lors d’une attaque de corbeaux. Si l’effet (numérique bien sur) est réussit, que l’on n’est plus choqué par la traîtrise envers le matériel d’origine, la séquence s’avère tout de même ridicule.

Mais vous vous en doutez, ce qu’on attend maintenant d’un film comme Resident evil 3, ce n’est pas de retrouver l’esprit du jeu, ni même d’avoir le meilleur scénario de l’année, mais bel et bien d’être plus spectaculaire que le précédent film. Dans un sens, ce n’est pas bien difficile tant les séquences d’action du second étaient illisibles, mais Russell Mulcahy, s’il est très très loin de ces meilleurs films (Razorback, Highlander) nous offre une réalisation tout à fait correcte, bien que classique, et permet aux séquences d’attaques, que ce soit des chiens, des morts vivants ou des corbeaux, d’être spectaculaires. Pour les yeux, c’est un petit plaisir de voir des milliers de corbeaux attaquer quelques victimes, ou encore une attaque de morts vivants en plein centre de Las Vegas. On n’échappera pourtant pas à certaines fautes de goûts, Alice faisant de nouveau du kung-fu contre des chiens (elle en veut avec ça !), ou tout simplement des petites incohérences visuelles, comme le fait qu’un petit container d’environ 10 mètres puisse contenir une centaine de zombies, ou que ceux ci ne cherchent aucunement à entrer dans une base dont le grillage a été détruit par la traversée d’un camion. Des fautes parfois étranges qui ne gâchent pourtant pas le plaisir de ces scènes qui en mettent vraiment plein la vue. Mais au final, on passe un bon moment, mais on reste un peu sur notre fin, la faute au final. A force d’en mettre plein la vue pendant tout le métrage (et c’est fort réussi), le final semble bien en dessous, bien vite expédié, et comme une fois (enfin deux) n’est pas coutume, nous avons encore droit à une fin ouverte pour un futur Resident Evil 4. Cet opus demeure pour le moment le meilleur de la saga, même si encore une fois, le jeu est trahit.


NOTE: 12/20
En bref: Passé le choc de la trahison, ce nouvel opus tient ses promesses, l’action est soutenue et surtout compréhensible, et si on n'échappe pas à certains passages ridicules ou de trop, l’ensemble est correct et on passe un bon petit moment pas prise de tête.

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