Critique: Ring 2

Publié le par Rick Jacquet

RING 2

Ring 2
Titre original : Ringu 2
1999 - Japon
Genre: Fantôme
Réalisation: Hideo Nakata
Musique: Kenji Kawai
Scénario: Hiroshi Takahashi d'après le roman de Koji Suzuki
Avec Miki Takatani, Hitomi Sato, Kyôko Fukada, Fumiyo Kohinata, Kenjiro Ishimaru


Yoichi, jeune rescapé des premiers évènements dramatiques liés à l’existence d’une mystérieuse cassette, paraît aujourd’hui doté de pouvoirs paranormaux. Tandis qu’un éminent médecin va tenter de percer les secrets de l’enfant, Sadako semble continuer son carnage…

Un an à peine après le succès planétaire du premier Ring, devenu depuis un film culte ayant connu un remake, Ring 2 débarque sur les écrans, avec toujours la même équipe. On pouvait donc s’attendre à un spectacle tout aussi intéressant et flippant que le premier opus. Sachant qu’à la base, Ring était une trilogie en livres, on pouvait attendre, tout naturellement, l’adaptation du second livre, mais il n’en est rien puisque ce bouquin sera adapté en 1998, la même année que le premier opus, avec le film Rasen. Ring 2 lui prend un tout autre chemin, et s’avère être une suite directe du premier opus n’ayant rien à voir avec les livres. On retrouve donc Hideo Nakata à la réalisation, Hiroshi Takahashi au scénario et certains acteurs, ainsi que Kenji Kawai à la musique. Pourtant, passé le prologue plutôt sympathique, il paraît clair que Ring 2 va tenter de s’éloigner de son prédécesseur et de choisir une nouvelle voie… qui ne va pas fonctionner une seule seconde. Alors qu’il aurait été très simple de céder à la facilité et de faire une suite ressemblant comme deux gouttes d’eaux au premier opus, l’équipe effectue un très large virage pour s’en éloigner, au niveau des personnages, de la narration, et même des éléments qui fonctionnaient. L’ambiance est donc différente, et la peur, elle, totalement absente de cet opus. Le tout aurait pu être une alternative intéressante au second roman, développer de nouveaux points obscurs, mais finalement, dans son ensemble, Ring 2 ne nous apparaît que comme un film confus et ennuyeux. Tout commençait si bien, avec l’identification à la morgue du corps de Sadako, le plaisir de voir devant nos yeux un grand acteur, de croire à une histoire dans le même ton que le premier opus, mais passé l’introduction, nous sommes déçus.

Nous sommes à présent invités à suivre les péripéties de Okazaki, journaliste et collègue de l’héroïne du premier opus, qui va poursuivre ses recherches sur la mystérieuse cassette maudite. Okazaki est joué par Yûrei Yanagi, qui connaît bien le genre pour avoir joué dans le premier opus, mais également dans les deux premiers épisodes vidéos de la saga Ju-On, où il jouait le professeur du petit Toshio, ou plus récemment dans Death Water. Mais l’intrigue prend rapidement la tournure d’une enquête policière et fantastique, qui tourne en rond, entre ce que l’on connaît déjà et des retournements de situations à dormir debout. Dormir, c’est finalement cela le bon mot, puisque rien ou presque de ce qui se passera à l’écran ne viendra nous réveiller ou nous passionner, entre une jeune fille internée dans un hôpital, une enquête sur Sadako et un petit garçon ayant des pouvoirs télépathiques qui pourraient être liés à Sadako. L’intrigue avance rapidement dans le n’importe quoi général, enchaînant les situations les plus improbables qui soient, et en se fixant sur un seul thème, celui des pouvoirs télépathiques en rapport avec l’eau. On se demande où cela va nous mener, mais finalement, on aurait préféré ne pas le savoir tant tout cela ne tient pas debout et ennuie. Les personnages semblent tous inintéressants, et le film ne tente presque à aucun moment d’instaurer la peur, ou même une quelconque tension, comme le faisait plutôt bien le premier opus. Mais maintenant, on connaît bien l’histoire de cette cassette tueuse, de la malédiction, des risques encourus tout comme de la seule façon existante pour s’en débarrasser, et l’intérêt en prend donc un sacré coup.

Le métrage va tenter d’expliquer beaucoup d’un point de vue scientifique et tiré par les cheveux, si bien que l’on ne croit pas un seul instant à cette histoire et aux personnages beaucoup moins intéressants et charismatiques que dans le premier. La comparaison est inévitable, et même avec Hideo Nakata derrière la caméra, la sauce ne prend absolument pas. Nakata semble faire ce qu’il peut pour nous y faire croire, travaillant ses angles de caméra, sa photographie, on sent qu’il souhaite vraiment rapprocher son œuvre de la folie mais faute d’un bon scénario, rien ne fonctionne, et seules une poignée de scènes tireront leurs épingles du jeu. C’est peu, surtout que l’on a du mal à croire à l’ensemble, mais on parviendra tout de même à retenir une scène, où l’on peut voir la mère de Sadako dans un miroir, mais il faudra attendre un long moment. Au niveau de la peur, le film frôle le niveau zéro, et pire, laissera totalement son fantôme de côté. On ne retient finalement de ce Ring 2 qu’un long ratage, risible, chiant, enchaînant dialogues sur dialogues dans une ambiance beaucoup moins prenante et mystérieuse. En bref, un bien mauvais film dont on ne retient pas grand chose, si ce n’est encore des acteurs parfois convaincants, malgré l’intrigue manquant cruellement de crédibilité. Ring 2 enterre la saga bien profond, et ne laisse aucun souvenir. Aussitôt vu, aussitôt oublié.

 

NOTE: 02/20
En bref: Le premier opus aura marqué les esprits et lancé le genre, le second enterre la saga et plonge dans des eaux sombres, incompréhensibles et surtout peu passionnantes. 1h30 d’ennui assez profond dont on ne retiendra finalement qu’une seule scène.

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