Critique: Ring

Publié le par Rick Jacquet

RING

Ring
Titre original : Ringu
1998 - Japon
Genre: Fantôme
Réalisation: Hideo Nakata
Musique: Kenji Kawai
Scénario: Hiroshi Takahashi d'après le roman de Koji Suzuki
Avec Nanamo Mastushima, Hiroyuki Sanada, Miki Takatani, Yuko Takeuchi et Hitomi Sato


Une légende circule parmi des étudiants japonais. Le visionnage d'une K7 vidéo provoquerait la mort chez le spectateur au bout de 7 jours ! Réalité ou fiction ? Une journaliste mène l'enquête sur ces faits étranges pour tenter de comprendre des morts inexplicables. Elle parvient à mettre la main sur cette K7, la visionne, et reçoit un étrange coup de téléphone… Sans le vouloir, son ex-mari et leur fils vont également être impliqués par cette malédiction.

Ring, film culte, adulé par de nombreuses personnes, ayant eu une suite, une préquelle, mais aussi un remake et la suite du remake (plus la variante Coréenne). Il faut savoir que le métrage original de Hideo Nakata est déjà une adaptation d’un roman de Koji Suzuki, qui avait écrit trois opus. Le film se concentre donc sur le premier roman, tout en laissant de grandes parties de l’intrigue de côté (concernant le passé de Sadako, la fameuse K7 maudite ou encore sur les médias). Toujours est-il que c’est grâce (ou à cause) de Ring que les films de fantômes aux cheveux noirs, longs et gras sont devenus courants, et surexploités. On ne compte plus le nombre de métrages du genre depuis 1998, que ce soit au Japon, en Corée, en Thaïlande, parfois même en Chine et aux Etats Unis pour les remakes de ceux ci. Un marché qui fonctionne encore dix ans après. Seulement là où les films de fantômes d’aujourd’hui misent tout sur les apparitions du spectre avec des histoires vues et revues, Ring lui mise absolument tout sur l’ambiance, puisqu’on ne verra que très peu le spectre du métrage, Sadako. Avant la banalité du genre, Ring préfère faire monter la tension habillement pendant toute la durée du métrage, quitte à ne rien nous montrer, parvenant à nous faire appréhender l’effet que l’on attend. La tension montre progressivement grâce à une réalisation très froide de Nakata, et une musique de Kenji Kawai (Death Note les films, Seven Swords, Antarctic journal) surprenante et sombre. Bref, Ring, inutile de raconter l’histoire maintenant, tout le monde la connaît. Une journaliste enquête sur une légende urbaine, celle d’une K7 vidéo maudite. Quiconque la regarde recevra un coup de téléphone, puis mourra pile sept jours après.

L’autre élément du métrage faisant habillement monter la tension : le décompte. Après un petit prologue nous expliquant la légende, la journaliste, Reiko mène son enquête, tombe sur la fameuse vidéo, et va la regarder. Le téléphone va alors se mettre à sonner, et elle comprendra qu’il ne lui reste que sept jours. Jour après jour, la date s’inscrit à l’écran, et la tension va monter, pour le spectateur, tout comme pour les différents personnages. Car on l’a bien comprit depuis le temps, mais outre faire des films de fantômes, ce qui intéresse également Nakata, ce sont les drames. Les drames humains, se déroulant au sein d’une famille. Ring, tout comme Dark water ensuite, s’engouffre dans cette voie (qui sera mainte et mainte fois copiée ensuite), à deux niveaux différents. Tout d’abord avec Reiko, puisqu’une fois la vidéo visionnée, elle fera appel à son ex-mari pour l’aider, qui va lui aussi regarder la  vidéo, puis quelques jours après, ce sera au tour de leur fils de regarder la vidéo par accident. Mais ensuite, comme ce sera souvent le cas dans les autres métrages du genre par la suite, avec l’histoire du fameux fantôme, drame humain également qui sera développé afin de comprendre l’origine de la malédiction, et pouvoir espérer y survivre. Mais si Ring parvient à faire monter la tension, l’objet de la malédiction (la vidéo) paraît un peu dépassé aujourd’hui, surtout qu’au niveau du mal que peut engendrer ce matériel, Nakata n’a rien inventé, d’autres films étant venus avant lui dans le cinéma de genre (on pense beaucoup à Videodrome, notamment dans la dernière partie du métrage).

Nakata reconnaît lui-même ses différentes influences (car il y en aura d’autres, parfois évidentes), mais l’important reste que son film fonctionne, encore aujourd’hui, même si le film est loin d’être le chef d’œuvre annoncé, et que d’autres métrages, meilleurs (bien que copiant Ring), vont débarquer. L’histoire intéresse, et la tension monte progressivement jusqu’au final que tout le monde connaît (même ceux qui n’ont jamais le film, grâce, ou à cause de Scary movie), mais outre ces bons éléments, ainsi que d’autres venant purement du folklore japonais, et donc moins poignant pour le spectateur français (notamment la peur de l’eau lors de la tempête qui se déclarera sur une île et la peur des éruptions volcaniques), il manque un petit quelque chose pour faire de Ring un chef d’œuvre, en plus d’être un film culte. En tout cas, ne vous attendez pas à un film sanglant, ni à voir un fantôme aux cheveux longs toutes les cinq minutes, vous risquez d’être fortement déçus. Ring est un film d’ambiance, froid, à la musique glauque, un film prenant, parfois flippant (la scène du puit fait facilement monter la tension, tout comme la fin), mais on a un peu l’impression qu’il s’arrête trop tôt, qu’il s’arrête là où l’histoire aurait pu devenir plus vicieuse et le contexte plus apocalyptique et fou. On se dit que la suite pourra faire ce qu’il manquait à ce premier opus mais il n’en est rien, puisque Ring 2 sera un ratage. Ring, l’original, reste une œuvre prenante et importante, mais dont on pouvait attendre tout de même un peu plus.

 

NOTE: 14/20
En bref: Le film qui a lancé le genre. Angoissant, la tension monte progressivement alors qu’il ne se passe pas grand chose, et c’est la force du métrage. Mais force est de constater qu’on a fait mieux depuis.

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