Critique: Saw 4

Publié le par Rick Jacquet

SAW IV

Saw IV
2007 - Etats Unis
Budget: 10 millions $
Box office: 63 millions $
Genre: Horreur
Réalisation: Darren Lynn Bousman
Musique: Charlie Clouser
Scénario: Patrick Melton et Marcus Dunstan
Avec Tobin Bell, Costas Mandylor, Scott Patterson, Betsy Russell et Lyriq Bent

Le Tueur au puzzle et sa protégée Amanda sont morts. Malgré tout, ils parviennent encore à semer la terreur en kidnappant Rigg, un officier des SWAT, et en l'introduisant de force dans un de leurs horribles jeux. Assisté de deux profilers du FBI, les agents Strahm et Perez, l'inspecteur Hoffman ne dispose que de 90 minutes pour surmonter les terribles épreuves du fameux Tueur et ainsi sauver son vieil ami d'une mort certaine.

Jigsaw est mort à la fin du troisième opus, mais la saga Saw est bien trop juteuse pour que cela arrête les producteurs. La fin du précédent était d’ailleurs assez ouverte et pouvait permettre une suite, arrivée il y a deux ans de cela (depuis, le sixième pointe le bout de son nez). Et cela risque de continuer, au rythme d’un  métrage par an. La qualité, elle, est aléatoire. Si le premier Saw était un bon petit film, qui posait son ambiance et nous dévoilait pour la première fois (fatalement) le personnage de John, Jigsaw donc, le second était bien plus simple et n’était finalement qu’un film commercial n’ayant pas grand chose de passionnant. Le troisième relevait le niveau, en allant beaucoup plus loin visuellement, mais également en rejoignant le scénario des trois opus. A la fin, Jigsaw perdait la vie, cela aurait pu permettre de boucler la saga sur une note positive, seulement voilà, Saw 4 est là. Comme toujours dans les suites, le nouvel opus doit aller bien plus loin que les précédents, nous présenter plus de sang, plus de gore, et une histoire toujours plus compliquée. Au niveau du gore, ne cherchez pas trop loin finalement, le trois ayant mit la barre assez haut, le 4 n’est pas du tout du même niveau. Au niveau de l’histoire, chapeau par contre, celle ci se veux si complexe, en voulant à la fois continuer de relier tous les événements et en nous dévoilant le passé de Jigsaw qu’elle en devient ridicule, peu plausible, et parfois confuse. Cela ne donne pas trop envie, mais on le sait, les sagas à rallonge deviennent rapidement inutiles et les suites de moins en moins bonnes. Saw 4 annonce le début du vrai déclin de la saga. Pourtant, tout n’est pas à jeter. L’équipe responsable des trois premiers opus reviennent. Darren Lynn Bousman reprend le poste de réalisateur pour la troisième fois consécutive, et nous offre une mise en scène toujours aussi clipesque, et donc, par moment, totalement inutile. Charlie Clouser revient signer la musique, et on aura comme souvent droit au fameux thème qui revient lors du twist de chaque opus. Mais, gros changement, là où les trois premiers étaient scénarisés par le créateur de la saga, Leigh Whannell, il cède ici la place à Patrick Melton et Marcus Dunstan. Les deux ne sont pourtant pas des inconnus, ils ont déjà à leur actif les scénarios de la trilogie Feast (rappelez vous, le premier est un petit bijou, tandis que les deux autres ne valent pas grand chose). Ici, ils reprennent la franchise, jusqu’à aujourd’hui (ils sont également les scénaristes de l’opus 5, 6 et déjà du 7).

Et on ne peut pas dire qu’ils ont fait du bon boulot, loin de là. Le film commence logiquement à la fin du troisième opus. Jigsaw est mort, et on le retrouve à la morgue, pour une scène d’autopsie assez gratuite et complaisante, mais où est le souci, dans un film d’horreur après tout ? C’est directement ensuite que les choses commencent à se gâter. Premier tic, lors de l’autopsie, le médecin légiste retrouve dans l’estomac de Jigsaw une casette, qui mènera bien entendu à un nouveau puzzle, un nouveau jeu. Pourquoi se caser la tête à lui faire avaler la bande ? (Oui, pour pouvoir avoir une scène d’autopsie en ouverture du métrage…) Pourquoi continuer à faire compliquer alors que le tueur est mort ? (Parce que les lois du box office sont claires…) Bref, Saw 4 débute ainsi, avant de nous emmener vers un jeu, comme dans chaque opus. Une scène d’ouverture choc avec un jeu machiavélique. Cette fois ci, le jeu est à deux, très vicieux, et la magie semble encore fonctionner. Peu sanglant certes, mais toujours aussi vicieux. Une bonne entrée en la matière, qui sera de suite désamorcée par la suite de l’aventure, où le scénario nous propose de retrouver des personnages des précédents opus dans une histoire allant un peu dans tous les sens, nous montrant toujours plusieurs histoires se déroulant en même temps (sans oublier que nous avons aussi droit à des flashback), mais dans l’ensemble, pas mal des différentes histoires ne fonctionnent absolument pas. Saw, le premier, avait marché car il était un film d’horreur intelligent, bien qu’il montrait très peu de chose, avec un twist final sympathique, depuis devenu une marque de fabrique. Les différentes histoires s’emboitaient parfaitement les unes dans les autres. Ici, c’est une autre histoire. Jigsaw a prit en chasse le commandant Rigg pour lui faire traverser une série d’épreuves qui le mèneront à un test final. D’autres agents sont après lui, sans compter que le FBI vient aider. Et à côté de ça, nous faisons la connaissance de l’ex femme de Jigsaw, ce qui permet d’en apprendre plus sur son passé à l’aide de nombreux flashback.

Son passé aurait pu être le point fort du métrage, mais au final, cela laisse indifférent, tant les situations sont banales et ne suffisent pas à transformer un homme en tueur. Du coup, on n’y croit pas un seul instant. Il manque un grand quelque chose, et si certains pièges font toujours mal et sont inventifs (celui avec les couteaux), on ne peut qu’être extrêmement déçu. On suit l’histoire, mais on s’ennuie un peu. Le style clipesque de la mise en scène n’aide pas vraiment à se sentir plus concerné par les personnages et ce qu’il se passe. Finalement, la partie du film fonctionne le mieux reste celle du commandant Rigg, suivant les indices laissés par Jigsaw, où il devra en quelque sorte penser comme lui pour franchir les épreuves, et faire ses choix. Choix de sauver certaines personnes et pas d’autres, choix d’un lieu, ou d’un autre. Le parcours est intéressant, mais encore une fois, cela ne fonctionne pas. Et l’enjeu non plus. Refaire revenir une troisième fois le policier Eric Matthews fait plus rire qu’autre chose. Il avait eu un sort cruel dans le second opus, on le croyait mort après ces péripéties dans le troisième opus, mais non, le revoilà, encore au milieu d’un jeu. Le plus fascinant dans tout ça, ou sans doute le plus stupide, est de voir que l’équipe y croit dur comme faire pour nous faire croire que Jigsaw avait encore une fois tout planifié, qu’il soit seul ou avec un complice. Même mort, tout était déjà prévu, un peu gros, rendant le scénario se voulant si complexe finalement vide. Le twist final tombe d’ailleurs à plat, ce qui est encore plus regrettable pour une saga misant à la fois sur le gore et son scénario. Ici, les deux sont plus ou moins ratés. Malheureusement, si vous voulez voir les suites, la vision de ce quatrième opus est obligatoire, mais un bon conseil, si vous préférez, arrêtez vous à la vision du troisième opus, en faisant une trilogie tenant plus ou moins debout. Surtout que le pire est à venir dans le cinquième opus, et qui sait, le sixième (ou septième).


NOTE: 04/20
En bref: Il est mort, mais il est toujours là, les films continuent. Un quatrième opus mauvais simplement, auquel il est difficile d’y croire. Reste quelques pièges sadiques bien trouvés.

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