Critique: Scanners 2

Publié le par Rick Jacquet

SCANNERS 2: LA NOUVELLE GENERATION

Scanners 2: la nouvelle génération 
Titre original : Scanners 2 - The new order
1991 - Canada
Genre: Fantastique
Réalisation: Christian Duguay
Musique: Marty Simon
Scénario: B.J. Nelson
Avec David Hewlett, Deborah Raffin, Yvan Ponton, Isabelle Mejias, Raoul Trujillo et Tom Butler

Les scanners sont des hommes doués de pouvoirs surnaturels: non seulement ils réussissent à dominer les machines, mais ils ont également la faculté de lire dans les pensées. Dans ce cas la douleur est si intolérable que le cerveau de leurs 'proies' implose. Drak, cheveux long visage effrayant, est un scanner qui possède ces dons surnaturels. Un jour dans la salle de jeux électroniques, il s'amuse avec les consoles sans les toucher. Soudain tout déraille, Drak semble devenir fou, les gens prennent peur et les machines explosent... Aussitôt arrêté, il est emmené dans le laboratoire du docteur Morse, qui lui injecte une dose de drogue !

10 ans après, voilà que débarque la première suite de Scanners, film culte de David Cronenberg, mais aucunement un chef d’œuvre. Une suite était-elle utile ? Pas du tout, mais bon, pourquoi pas, l’heure est aux suites, dans les années 80 et 90 (les vendredi 13, halloween et autres Freddy). L’on espère simplement que le film évitera le simple copier coller de l’œuvre de Cronenberg et saura exploiter son univers à bon escient. Les premiers instants font peur, très peur. Drak essaye d’échapper à la police dans la rue, et se retrouve dans une salle de jeux. Il va péter les plombs et les jeux vont se faire tout seul, pas besoin d’humains pour leur dire quoi faire. Si un Scanner est capable de faire cela, l’utilisation de ce pouvoir semble ici dérisoire et surtout ridicule. C’est ensuite, à la capture de Drak par d’autres Scanners, travaillant pour le docteur Morse, qui lui-même travaille pour le commandant de police John Forrester, que le niveau du film remonte, en tentant de placer les Scanners dans une intrigue politique. Forrester cherche à contrôler les Scanners pour lui permettre d’arrêter des criminels, afin de devenir chef de la police, voir maire de la ville. Un vrai pourri avide de pouvoir et sans scrupules envers ceux qui ne lui obéissent pas, et envers la concurrence. Rien de bien neuf, puisque outre l’utilisation des Scanners, ce genre d’histoire a déjà mainte fois été vue.

L’histoire est banale, les personnages caricaturaux, mais la sauce parvient quand même à prendre par moment, même si l’on se doute de ce qui va se passer, et que les quelques surprises arriveront comme un cheveu sur la soupe. Sans en faire des tonnes et en jouant sobrement, David Hewlett rend son personnage (David aussi) attachant. Le traitement accordé à sa sœur, arrivant très tardivement dans le récit, est lui beaucoup moins réussit, car plus expéditif, tout comme les soit disant révélation que l’on voyait venir depuis longtemps : ” Nous ne sommes pas tes vrais parents ”, ” Tes parents sont les héros du premier opus ” ou encore ” Tu n’es pas seul, tu as une sœur ”. Pour rattraper le tout, le film sera traversé par quelques bonnes idées, comme la nouvelle drogue pour soulager les Scanners, qui deviennent dépendant, et de vraies loques, et le récit est parsemé de scènes où les Scanners utilisent leur pouvoir, soit en sondant le cerveau des autres, en les manipulant, ou en les faisant éclater. La tête explosée du premier opus a marqué les esprits, et nous en avons ici une nouvelle version, tout aussi réussie.

Mais une bonne idée de départ et de bonnes scènes ne peuvent pas tout sauver, et cacher la maigreur du traitement ainsi que des personnages secondaires. Drak, devant être l’ordure suprême comparée à Forrester, avec une absence totale de but et de sentiments, si ce n’est celui de détruire et de s’amuser en détruisant, parait bien plat. Un défaut commun entre le premier et second opus de la trilogie, puisque Revok du premier Scanners, le grand méchant, était lui aussi trop peu exploité. De son côté, la mise en scène s’avère elle aussi quelque peu flémarde, à l’exception de quelques petits éclairs de génie. Au final, tout semble avoir été fait pour se différencier du premier opus, à l’exception du petit effet de la tête explosée, et c’est tout à l’honneur du métrage, puisqu’il parvient tout de même grâce à cette différence (histoire, personnages, mise en scène, composition musicale, décors) à maintenir l’intérêt du spectateur malgré ses faiblesses. On s’attendait à bien pire pour une suite direct to vidéo 10 ans après le premier.

 

NOTE: 11/20
En bref: On est à la fois déçu et satisfait, puisque l’on s’attendait à bien pire. Ça ne vole pas haut, mais ça se laisse regarder.

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